L'attention et les globules rouges
Les recherches faites sur Tétat des hématies, dans l'attention et l'eflorl intellectuel, ne sont pas très nombreuses. Les expérimentateurs se sont surtout attachés à étudier l'état du sang, dans l'excitation ou la dépression mentale. Le D"" John Smith (i) a publié toute une série de travaux sur cet impoi'tant sujet. Cependant, la méthode des moyennes qu'il a employée prête à de graves inconvénients. Pour combler ces lacunes, un autre auteur, M. Dumas (a), s'est avisé
(i) ,1. Smith. The relation oj attent. and memorjr. Mind, janv.
(i) l)r Du.viAS, Recherches expérimentales sur l'excitation et la dépression. In lievue philos., i" semestre, pp. 628 à 635, 1897.
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d'étudier un sujet pendant quelques jours consécutifs. En faisant plusieurs numérations de globules sur le même individu, Ion suit ainsi, jour pour jour, la marche du graphique. Couiparer un individu à lui-même, en quelque sorte, c'est procéder avec métliode. Au contraire, une seule expérience répétée sur une certaine quantité de sujets prête à de graves critiques : ces sujets, d'ailleurs, se ditï'érencient souvent, par 1 âge, la force de résistance à la fatigue, les occupations, etc.
Après cinq auto-numératious faites le matin au lever, et le soir avant le coucher, M. Dumas a obtenu des résultats fort intéressants. Au réveil, il note la vaso-constriction centrale et la dépression physique et mentale. Il a ainsi obtenu une moyenne de 5.970.000 globules rouges.
Le soir, au contraire, après des conversations, des lectures, des travaux intellectuels, il a noté une moyenne de 5. 119.000 globules (i). Nous obtenons ainsi, au profit du matin, une différence appréciable de 85o.ooo globules.
J'ai voulu étudier aussi cette question, afin de me rendre compte si les chiffres fournis par Dumas peuvent avoir une valeur constante. A cet efl'et, j ai procédé à des numérations, le matin et le soir, sur deux sujets, et cela durant huit jours consécutifs. Je dois dire, dès l'abord, que mes expériences concordent à peu près avec celles de Dumas. Mes chiilres témoignent peut-être davantage que ceux obtenus par cet auteur de la fatigue du soir.
Mon premier sujet, que j'appellerai Ab..., est âgé de vingtsix ans. Il est de constitution robuste. Je l'ai étudié à une époque où il s'entraînait patiemment, toute la journée, pour la préparation d un examen difficile. L'expérience, je le répète, a duré huit jours consécutifs. Deux fois par jour, au
(i) Selon Haykm {le Sang, i vol. in-8*, Paris, 1889), la moyenne normale du nombre de globules rouges est de 5.000.000 J3ar milUmèlre cube. Elle est de 5. 106 000, selon Johnson et Smilh. Enfin, MM. MouAT et DoYON {Traité de Physiologie, t. I, p. 5;76, i vol. in-8% Masson, Paris, 1904) estiment que l'homme adulte, bien porlanl, possède une moyenne de 5. 5oo. 000 globules rouges (toujours par millimètre cube). Le chifl're de 4-^oo 000 s'observe souvent dans les villes. (]e dernier chiffre, selon Hayem, est compatible avec une bonne santé, mais il indique déjà un commencement de faiblesse organique.
lever et vers la fin de la journée, j'extrayais une goutte du sang de mon sujet (i).
Au lever, j'ai toujours constaté, chez lui, tous les signes de la dépression physique et mentale. La tension était très basse, le pouls variait entre 52 et 54, et le sujet semblait encore dans un état de demi-torpeur. Du aa au aQ mai 1904^ j'ai obtenu les résultats suivants: