‹ Physiologie et psychologie de l'attention: évolution, dissolution, rééducation, éducationChapitre 55 sur 77 · Le rééducateur · texte numérisé non relu

Le rééducateur

Si les coefficients de la maladie et du malade sont des facteurs importants dans la rééducation possible de l'attention, le coefficient propre du rééducateur ne l'est pas moins. Ce doit élre avant tout un homme convaincu de l'efficacité de sa méthode. Il faut qu'il montre, en toute occasion, de l'assurance, parce qu'il doit jouer un rôle de « suggesteur ». Il convient aussi qu'il ait quelque chose de la sérénité du prêtre qui parle au nom d'un être métaphysique et il doit posséder, en lui. la confiance qui fait vaincre les difficultés tenaces.

Ce doit être, en surplus, un bon psychologue ; il importe qu'il connaisse les moindres détails du mécanisme mental ; il faut qu'il puisse décomposer et expliquer sciemment les processus psychiques. M Dubois, de Berne (i), a bien raison quand il se plaint de l'ignorance ou du dédain des médecins en l'endroit de la psychologie. Pourtant il n'est guère de maladies où le moral ne joue un rôle important. Les maladies nerveuses et mentales, surtout, doivent être soignées du point de vue moral et psychologique. Le médecin rééducateur doit posséder aussi des connaissances physiologiques et histologiques sérieuses. Il ne doit pas surtout ignorer le mécanisme des phénomènes musculaires et nerveux. En résuuie, le rccducateur doit posséder, tout à la foi?, les qualités du médecin, du prêtre et du psychologue.

(i) D' Dubois, de Berne, les Psychonévroses, pp. 12 et suiv., i vol. in-8% Paris, 1904.

5. — Procédés thérapeutiques employés pour la rééducation de l'attention.

Je ne puis mieux faire que de m'inspirer ici, le plus souvent possible, des leçons et des travaux du D'" Pierre Janet, qui excelle dans la thérapeutique mentale des maladies nerveuses. L'on pourrait réduire, somme toute, la rééducation motrice et mentale à quatre méthodes principales : i» l'isolement du sujet ; 2° la gymnastique médicale ; 3° l'hypnotisme et la suggestion ; 4° le traitement moral.

Il serait trop systématique d'user exclusivement de l'un ou de l'autre de ces procédés. Ils se complètent trop bien mutuellement, pour que l'on songe à dédaigner celui-ci pour n'employer que celui-là.

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