Conclusions
Il importe avant tout de faire apprendre aux enfants, et le plus tôt possible, des choses difficiles et complexes, afin que leur conscience les transforme de bonne heure, en actions habituelles. Nous avons vu que la maladie s'attaque d'abord à l'adaptation mentale. Nous avons vu aussi que, des trois formes de l'attention (sensorielle, afï'ective, volontaire), la plus complexe et la plus précieuse (l'attention volontaire) est la première atteinte. Il faut donc éduquer, dès le jeune âge, et sur une vaste échelle, l'attention volontaire. 11 faut s'efforcer de faire acquérir à l'enfant le plus grand nombre possible d'habitudes saines; il faut le stimuler incessamment, pour qu'il rende inconscientes le plus grand nombre possible d'actions conscientes.
Il convient aussi de n'être jamais trop distrait à la vie psychique comme à la vie morale et à la vie sociale. 11 faut être toujours attentif aux choses de notre profession et aux ehoses utiles : il faut savoir concentrer son esprit, il faut vouloir le maintenir, dans cette concentration, quand cela est nécessaire. Delà sorte, nous aurons habitué, de bonne heure, notre intelligence à l'effort et à l'attention, nous nous serons enrichis d'un nombre incalculable d'attentions-habitudes, et si nous ne sommes pas, pour cela, immunisés contre la maladie, le jour où elle frappera à notre porte, elle trouvera, tout au
moins, un terrain résistant qui se laissera difficilement pénétrer et absorber. Gela étant, nous serons à peu près certains de conserver une attention suffisante, pour satisfaire convenablement à nos obligations professionnelles, domestiques et sociales.