‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 13 sur 68 · MARfiY · texte numérisé non relu

MARfiY

déjà signalé implicitement dans les expériences de Bowditeh; tient à ce que, pour les excitations énergiques, la phase réfractaire du cœur diminue de durée. Au lieu de correspondre à toute la systole, elle n'en occupera que la première partie, puis le début seulement, si les courants augmentent encpre d'énergie; avec une intensité .suffisante du courant, la pha^e réfractairé.disparaitra; même. tout àcfait. Oa.compcend ain^i que, le : nombre : d'excitations non avenues . diminuant sans cesse, lé ca3ur réagisse, plus souvent et s'approche, du t^taiïos parfait, qu'il atteiadra enfin si- les excitations ont :une intensité suffisante, i : . . : . > . ;

Potirla même raison, on comprend qu'un . cœur chaufTé sort plus complètement tétanisable qu'un cœur refcoidr; attendu \, qu'en chauffant le cœur on diminue la durée: de Isa phase; réfraetaire; . .

B.' Influencé des courants de pile sur les mouvements du coeur. '

Les; courants de; pile peuvent être, appli^upsiiè. deux iiiar-: nièresfdifféi'entes: soit à titre .d'excitations, brèves, analogues à;celle6'que fournissent les courants induits,' soit à: titre d'ex-: citations de. longue. durée :. courants continus.:' > •. . • Pour, appliquer; au cœur .d'une grenouille, des courants de pite, dont le [commencement et;la .fin:soJèjit) inscrits conime' daris les jexpéRiOnces faites sur les contants induits, on i^ecoiirt à la disjyosition suivante : : . \ . . \ ; , '. ' 1 j . :

Le circuit de la pile se fait à travers rappàreil-sigtialdéjà) décrit et se referme^ au moyen d'une clef de du Boîs^-Reympnd; De cette def. part un! circuit dérivé qui. se rend au; coQurdeilagrjenouilleiBtqui, au moment où l'on ouvre» la clef,fait partie du circuit principâl.'Dàns ces conditions, si là clef est fermée,' rien né passe par le cœur, car la -résistance de son tis^su est Jnflnie par rapport à celle de la clef métallique; alors :1e signal est traversé par le courant etle style est^ttire dans la position inférieure. Dès qu'on ouvre là clef, le courant passe par le cœurde la grenouille, mais la résistance quà» cet organe lui présente affaibHt tellement le courant que le signal se désaimante comme si le circuit était rompu. Alors le style passé à la position supérieure, où il reste jusqu'à ce que

la clef soit fermée de nouveau et que le courant cesse de traverser le cœur pour repasser par le signal.

Quand' on a soin de n'ouvrir la clef que pendant un temps trés-coiiT-t : 1/5 de seconde, le cœur réagit à peu prés comme

le Itis-broFs et applique] i dus

aux courants induits. La figure 32 montre une série d'exdtaUons obtenues par de courts J)assages du courant d'un éle-'

b'A IfARKT.

ment Daniell de grande dimension. Les excitations sont appliquées à différents instants de la révolution du cœur,comme cela a été fait dans les expériences sur les courants induits^ Mais, dans ce cas d'applications brèves d'un courant ' de pile, on constate que la période réfractaire est absente et que le temps perdu du cœur est sensiblement le même dans tous les cas.

' Il ne faudrait pas croire cependant à une action parliculière du courant de pile sur le cœur. L'absence de la période '^ réfractaire et la brièveté constante du temps perdu tiennent' à ce que le courant employé était trop fort. Il suffît démettre! des résistances sur le circuit de ce courant pour en réduire! l'intensité. On voit alors apparaître les phénomènes auxquels; donnent naissance les courants induits, c'est-à-dire la phase' réfractaire et la variation du temps perdu. Du reste, ces phé-; nomènes varient suivant qu'on affaiblit ou qu'on augmente le. courant de la pile, absolument comme ils varient pour les courants induits de forces différentes.

Si le courant de pile est continu, il se comporte comme des excitations multiples et produit une tétariisation complète! ou incomplète suivant son énergie.

Or la théorie qui s'applique à l'influence des excitationSj induites fréquemment répétées explique également les influences ] du courant continu. Quand le cœur, à la suite de la clôture; du courant qui le traverse, est entré en systole, il devient, rfefractaire, et pendant un certain temps les choses se passent,' comme si le courant ne le traversait pas. Puis le cœur rede-; vient excitable et rentre dans une nouvelle systole qui lui; enlève encore son excitabilité.

En somme, les effets des courants de diverses natures se rapprochent les uns des autres d'une manière très-frappante.. Le cœur, de son côté, présente avec les autres muscles des| analogies marquées, sauf en ce point : qu'à un moment dej àa secousse qui correspond à sa période de raccourcissement if est moins sensible aux excitations élécti*iqiiés! •*

Est-il bien sûr qu'on ne trouverait pas dans tous les muscles de l'organisme une phase de moindre excitabihté? On n'en saurait répondre a priori, mais il sera intéressant de faire sur ce sujet des recherches spéciales, en plaçant les muscles explo^

rés dans les conditions favorables à la production de la phase réfractaire.

CONCLUSIONS

L'excitabilité du cœur n'est pas la même aux différents instants d'une révolution cardiaque.

f/fie excitation uniqtie, si elle est très-intense, provoque, il est vrai, toujours une systole du cœur, ainsi que Ta vu Bowditch ; mais si elle est faible elle ne trouve, le cœur excitable qu'à certains instants.

Le cœur présente à chaque révolution une phase réfractaire. Celle-ci correspond au commencement de la systole des ventricules. Du reste, cette phase varie en durée suivant l'intensité de l'excitant et suivant les conditions où se trouve le cœur.

Relativement à Yintaisité de r excitant, on constate que si l'excitation est faible la période réfractaire dure au moins pendant toute la phase systolique ; quand l'excitation augmente de force, la phase réfractaire se réduit aux premiers instants de la systole ventriçulaire, et finit par disparaître tout â fait si l'excitation devient assez forte.

Relativement aux conditions où se trouve le cœur, on voit que te chaleur abrège et peut même supprimer la phase réfractaire, tandis que le froid en augmente la durée. La position de cette phase, au début de la systole, tient peut-être à un abaissement de la température du cœur qui se reproduit périodiquement à la fin de chaque diastole ; cette supposition semble confirmée par certaines mesures thermo-électriques de la température cardiaque.. •

Les systoles provoquées artificiellement ne troublent pas sensiblement le rhythme du cœur, car celui-ci compense par un repos plus grand qu'à l'ordinaire le travail excessif qu'on lui a fait faire. 11 y a là une nouvelle preuve de la tendance du cœur à travailler uniformément.

?6 UAREY.

Toute systoîe provoquée a d'autant plus d'amplitude qu'elle arrive plus tard après la systole spontanée qui la précède.

Toute systole provoquée a un temps perdu d'autant plus court que l'excitation qui lui a donné naissance est arrivée plus tard après la systole spontanée qui la précède.

Quand une série d'excitations électriques faibles agit sur le cœur , la plupart de celles-ci trouvent le cœur réfractaire ; aussi le nombre des systoles est-il beaucoup plus petit que celui des excitations.

On peut faire varier la fréquence des excitations faibles sans changer sensiblement celle des systoles : le cœur, dès qu'il a reçu une excitation efficace, se trouvant ramené à la phase réfractaire.

Mais si l'on fait varier l'intensité des excitations sans en changer la fréquence, comme la période réfractaire devient moins longue, le nombre des systoles s'approche de celui des excitations et peut l'atteindre, ce qui met le cœur dans un état de tétanos quand les excitations sont assez fréquentes.

Les courants de pile de courte durée se comportent sensiblement comme les courants d'induction.

* Le convRiiicontinu d'une pile, lorsqu'il est faible, agit comme une série d'excitations discontinues et ne fait qu'accélérer le { rhythme du cœur. Gela tient à ce que le courant n'agit que dans les moments où le cœur n'est pas réfractaire.

Mais un courant de pile suffisamment intense accélère da- I vantage le rhythme cardiaque, car la période réfractaire est I plus courte poiir les courants forts. A un certain degré d'intensité, le courant de pile met le cœur dans un tétanos complet. '

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