‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 17 sur 68 · INSCRIPTION OKS. MOUVEMENTS PHONÉTIQUES · texte numérisé non relu

INSCRIPTION OKS. MOUVEMENTS PHONÉTIQUES

placé. La colonne de gauche renferme, sous le titre de repèi^esy

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fig. 07. — Caraeières graphiques de différentes cousonaes et groupes de consonnes.

i*?6 ROSAPELLY.

rindicalion explicite ou abrégée de la significalion des différentes courbes de chaque tracé. Pour chacune de celles-ci, le même ordre est observé; en haut, la pression nasale, soit à son degré normal qui s'observe pendant l'occlusion du voile du palais, soit élevée par l'émission d'air qui se produit quand le voile s'entr'ouvre. La ligne moyenne correspond loiyours aux vibrations du larynx, elle est rectiligne quand ycet organe est muet, vibrante pendant l'émiâsion des sons laryngés. Enfin, la ligne inférieure exclue toujours les mouvements des

lèvres. . .

Nous allons analyser successivement chacun de ces tracés ; la lecture en sera faite d'après les indications précédemment données.

Série A, ii*,'l. Af^. — Ce tracé, de même que tous ceux que fcaferme le tableau ligure 67, commence par, la voyelle «. Celle-ci n'est pas caractérisée elle-même ; les tracés nous indiquent seulement .qu'une voyelle est prononcée puisque le larynx vibre. Mais, ainsi qu'on l'a vu, les flammes de Kœnig permettraient à un sourd-muet de copier, à l'aide des yeux, le son de cette voyelle ; le même procédé servirait au linguiste pour analyser les nuances par lesquelles passe graduellement la voyelle a, pour se changer en une autre voyelle, l'e ou l'o, par exemple. On voit sur le tracé que la vibration laryngée s'interrompt brusquement et d'une manière complète aussitôt que les lèvres sont fermées. Cette cessation brusque du son laryngé est l'effet naturel de la cessation du courant d'air qui faisait vibrer la glotte, or c'est à ce moment que se produit la consonne jo.

Plus loin, lorsque les lèvres se rouvrent, il se produit de nouveau une consonne p, et le larynx se reprend à vibrer. Ainsi, cette consonne earjo/o^ire se 'produit aussi bien par la clôture que . par l'ouverture des lèvres: il y a donc physiologiquement deux sortes de />, et toutes les fois que cette consonne est redoublée, elle prend successivement les deux formes opposées.

Série A, n*" 2. Ahha, — Ainsi qu'on l'a déjà vu précédemment, le h ne diffère du f que par le» vibrations du larynx

INSCRIPTION DES MOUVEIfBNtS PHONÉTIQUES. ïTI

qui accompagnent rémission du b. Dans son redoublement, cette consonne revêt, comme le/), les deux formes distinctes: Tune de clôture et Tautre d'ouverture des lèvres. On voit, dans la ligure, que le larynx vibre pendant toute la durée du tl'acé, ce qui tient à ce que les deux b se suivent à court intervalle, mais, s'ils étaient plus distincts Tun de Tautre, on observerait un moment où le larynx est muet entre ces deux consonnes ; en effet, Tocclusion des lèvres arrête promptement Tissue de Tair par le larynx. Pour comprendre comment il peut y avoir encore vibration laryngée malgré la clôture buccale et sans émission d'air par les narines, il faut remarquer que les parois buccales sont relâchées et se gonflent par l'arrivée de l'air qui s'échappe du larynx après le 6 de clôture, tandis que, dans l'émission du p, les parois buccales dures et tendues ne laissent pas arriver l'air du larynx et en éteignent soudainement la vibration.

Série A, n"* 3. Amma, — Tout se passe ici comme dans le cas précédent, sauf l'ouverture du voile du palais qui produit, au moment de l'm de clôture, une issue de l'air par les narines. Les trois tracés présentent donc ici quelque chose de particulier. Il faut remarquer que la résonnance laryngée inhérente à l'm n'a pas, comme celle des consonnes précédentes, une valeur limitée ; grâce à la possibilité du passage de l'air par les fosses nasales, les vibrations du larynx peuvent se prolonger d'une manière indéfinie, aussi le redoublement de l'm n'est-il, à proprement parler, qu'une prolongation de la durée de cette résonnance.

Série B, n° i. — La série B reproduit les mêmes actes phonateurs que la série A, avec cette différence que la clôture des lèvres est incomplète. L'/* est l'homologue du p, à cause de l'absence des vibrations du larynx. Le v {n^ 2) est l'homologue du 6 à cause des vibrations laryngées qui l'accompagnent.

Ces deux consonnes f et v diffèrent toutefois du p et du ft par leur durée illimitée, l'occlusion incomplète des lèvres permettant à l'air de s'échapper continuellement par leur ouverture.

^S ROSAWILLY.

Enfin, dans la même séri^, sous le n° 3, nous avons représenté le tracé du v (nasalisé) comme Fhomologuç de Ym, Le son qui a donné naissance à ce tracé ne correspond pas préciséjnentà celui du phonème généralement noté parw; il ^ une résounance nasale; C'est'en réalité un m prononcé sans que les lèvres se ferment d'une manière complète. Nous ne fournissons donc cette figure que pour compléter Thomolor» gie de ces deux groupes de consonnes. »

Série G, n** 1. — Dans cette série sont représentés des groupes de deux consonnes différentes et non des redoublements de la même consonne. Ainsi dans apba lep est parfaitement caractérisé par Tocclusion complète des lèvres avec silence du larynx, et le b par la vibration laryngée qui précède Touverture labiale (1).

Série G, n° 2. Api^a, — Le j), caractérisé graphiquement comme dans le tracé qui précède, est suivi du i\ consonne accompagnée de vibration du larynx avec occlusion incomplète des lèvres. La ligne inférieure présente un ressaut caractéristique dont nous avons déjà parlé précédemment.

Série G, n"* 3. Afva. — Deux consonnes à occlusion labiale incomplète se suivent : Tune est caractérisée par le silence du larynx, c'est /'/Vautre, le v, présente des vibrations laryngées.

Série D, n** 1. Apma. — Nous connaissions déjà les caractères graphiques de Ym: à savoir la triple action des lèvres, du larynx et du voile du palais. Mais, dans l'exemple que nous en avons donné précédemment, Y m était redoublé, c'està-dire prolongé, tandis que, dans le cas actuel, sa durée est très-brève.

Il n'est pas nécessaire d'entrer dans plus de détails sur l'explication des autres tracés, tous se comprennent aisément

(1) Dans ce groupe et dans les suivants où une consonne sourde précèdeune consonne sonore, Toreille entend deux consonnes sonores quand on prononce les syllabes- avec une certaine rapidité. Ainsi on eiitend abba pour «p/^a, a^Ka pour apvn (C, n» 2) et awa pour afva (C. n« â), sans qu'il y ait de mo-. diûcations dans les tracés. Nous donnerons plus tard la raison de cette erreur do l'impression auditive.

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