‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 29 sur 68 · XII. — ln«erlption des ehangéiiieals de pression · texte numérisé non relu

XII. — ln«erlption des ehangéiiieals de pression

B. De la pression des fluides explorée à travers les parois

qui les contiemient.

Imporlance, an point de vue des applications médicales, des appareils qui n'exigent pas de mutilation. — La pression du sang d'une artère se mesure

• à la contre-pression nécessaire pour la surmonter; théorie du pouls. — Inscription du pouls ; sphygmographe direct ; sphygmographe à transmission. — Mesure absolue de la pression dans les artères de l'homme, d'après la contre-pression extérieure qui lui fait équilibre.

Pulsation du cœur; explorateurs appropriés aux différents animaux : grenouille; mammifères de grande taille; petits mammifères. . .

Moyen de reproduire fidèlement les tracés qui présentent des détails délicats et que le décalque pourrait déformer.

La précision môme des résultats que Temploi du manomètre fournit en physiologie fait souhaiter qu'on puisse transporter à Thomme les résultats si faciles à obtenir sur les animaux. Il faudrait disposer d'une sorte de manomètre qui n'exigeât pas de mutilation. Cet appaj^eil existe; il y a même plusieurs sortes d'instruments qui permettent de mesurer sur l'homme la pression du sang artériel ou du moinà les variations qu'elle éprouve sous certaines influences. Les sphygmographes ou inscripteurs du pouls, les appareils déjà décrits paragraphe X et qui traduisent par des courbes les changements de volume des organes, sont d'excellents inscripteurs des variations de la pression du sang dans les vaisseaux.

Pour prouver que c'est bien la pression artérielle qui, par ses variations, produit les phénomènes pulsatiles dans les tissus vasculaires, je dois revenir, en quelques mots, sur la théorie du pouls, théorie qui a été pendant longtemps discutée et sur laquelle, peut-être, n'est-on pas entièrement d'ac-

Corel aujourd'hui. Voici la . définition que je donnais de ce phénomène en 1861: Le pouls est la sensation que le doigt éproui!}e des changements de la pression du sang dans les atlères ; et plus loin : Pour avoir conscience de ces changements de près- «ton, il faut déformer le calibre du vaisseau : faire perdre à r artère sa forme cylindrique grâce à laquelle tous les points de sa paroi offrent une égale résistance à la pression intérieure exercée par le sang. Ainsi, dans la palpatioh du pouls, la pression du doigt qui déprime l'artère se substitue à la force élastique de la paroi du vaisseau et lutte contre la pression du sang.

Cette définition ne s'applique pas seulement à la pulsation artérielle; on peut la transporter également à la pulsation du cœur (1), qui tient, en grande partie du moins, au durcissement subit qu'éprouve cet organe au moment où il se resserre sur le sang qu'il renferme et le soumet à une pression énergique. Ainsi, c'est à la souplesse des parois des vaisseaux et à celle des cavités du cœur, que l'on doit de pouvoir constater aisément le plus ou moins de pression auquel est soumis le sang qu'elles renferment, et d'éprouver une sensation tactile de poussée plus ou moins énergique, tout à fait correspondante à ce que le manomètre nous révèle dans les changements qu'éprouvent la pression artérielle et la pression intra-cardiaque.

Ce n'est pas ici le lieu de rappeler par quelles phases diverses a passé l'invention du sphygmographe. J'ai essayé de tracer l'historique de cette question (2) et de montrer qu'un bon inscripteur du pouls doit réaliser les mêmes conditions qui ont été décrites dans le paragraphe XI à propos du manomètre élastique. En effet, c'est la force élastique d'un ressort qui doit déprimer les parois du vaisseau; en outre, dans les organes qui transmettent, amplifient et inscrivent le mouvement que le pouls imprime au ressort élastique, il faut éviter tout ce qui ferait naître des oscillations propres, capables de déformer le tracé (3).

Depuis la publication de mes travaux sur ce sujet, j'ai

(1) Voy, l'e année, Travaux de Jabor,, p. 57.

(2) PbysioL méâ, de la circulation y p. 168.

(3) Ibid., p. 178.

dopné au sphygmographé une forme nouvelle qui assure encore mieux la fidélité de ses indications. Je rends le levier léger qui inscrit les : pulsations artérielles absolument solidaire du ressort qui presse sur l'artère. De cette façon, il est impossible, quelle que soit la vitesse avec laquelle il est agité, que le levier inscripteur abandonne les organes qui luitraijsmettent le mouvement et. soil projeté plus haut qu'il i}ç devrait l'être i-éellemeiil.. , ,' . . . -, .

c une pression qui défend de la lïnjioii du res nem de bascaie, s'applique roniri! au gtlel g v

Je nie borne à représenter figure 101 celte nouvelle disposition par laquelle une vis reliée au ressort de pression vient presser dans la gorge d'une poulie molletéc à laquelle elle imprime, à chaque pulsation artérielle, une relation d'un cer-

Fiï. im. — S)ih;gni<)^raplia direct en ptsiilon sur le p.Aiincl.

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tain nombre de degrés, mouvement que le levier amplitîe et inscrit.

La figure 102 montre le sphygmographe appliqué sur le poignet et inflorivant les pulsations de l'artère radiale. EnlÎQ, la figure 103 représente un tracé fourni par cet instrument, dans les conditions de sanlé, sous l'influence d'un effort.

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Ce que traduit le sphygmograplie, c'est la façon dont la pression varie dans une artère, abstraction faite de la valeur absolue de ces variations et de la valeur moyenne de la pression du sang dans le vaisseau. Lés tracés du pouls sont de même ordre que ceux de la pression artérielle inscrits avec un manomètre élastique.

L'identité des deux sortes de tracés devient évidente lorsqu'on compare la courbe du pouls radial à celle qu'une artère de moyen calibre du cheval fournit au manomètre élRstique. L'identité est parfaite encore entre la courbe du pouls et celle que donnait l'inscription des changements du volume de la main et de l'avant-bras pendant la durée ■d'un effort et après que l'effort avait cessé. Ce tracé qui est reproduit figure 104 est, en réalité, celui d'un manomètre élastique. En effet, qu'est-ce qu'un avant-bras plongé dans l'appareil plein d'eau, si ce n'est un manomètre basé sur l'élasticité des tissus vivants ?

Le sang qui aftlue dans les innombrables vaisseaux de l'organe les dilate à chaque ondée envoyée par le cœur. Cette dilatation est trés-faible pour chaque partie limitée du réseau vasculaire, mais la somme de tous ces petits effets qui s'ajoutent dans le vase totalisateur où le bras est plongé, constitué un déplacemeiit suffisant pour qu'on- puisse l'inscrire avec une grande neltefp.

Ainsi, te sphygmographe fournit les mêmes indications

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