‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 45 sur 68 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A. Comparaison de V excitabilité des deux pnet(moga9triques

chez la grenouille (i).

Pour obtenir Tarrét du cœur par rexcitalion des pneumogastriques, la température du laboratoire étant de 20° à 2*y cent., j'ai dû attendre 2 à 3 heures après la mise à nu des nerfs. Ce fait peut être dû à la fatigue de ces filaments dont risolement parfait est un peu long et minutieux. C!est après avoir attendu le retour complet de l'excitabilité desnerfs vagues que j'ai étudié comparativement Tinfluencedu lierf di*oit et du nerf gauche sur le cœur. , •

Dans là plupart des cas, chez les grenouilles vertes, c'est le,, pneumogastrique droit qui l'emporte en activité sur le. gauche, cette comparaison étant faite, bien entendu avec des ex^cila-

(1), L'appareil explorateur du cœur dont je me suis servi est la pince myograp^îque du cœur de la grenouille (Marey) décrite dans le présent volume - (Mémoire II sur l-es excitations éleclriques dû cœur. La pointé du levier inôciTvait .les battements, du cœur à. côté delà plume d'un, signal électrormàgnétique • de M. Deprèz, qui indiquait la, durée et le nombre des excitations.' ' j

Ces excitations "étaient ifournies soit par la bobine à glissière -de Du Bois- Reymond, soit par une forte bobine Ruhmkorfl'. ' '

L'appareil enregistreur était, le cylindre de 0,42 ci de circonférence, mû par un mouvement d'horlogerie avec rég;ulatcur Foucault. Chaque seconde est rê-") présentée par 0,007 mm. du papier avec la vitesse de 0,42 par minute.

J'ai divisé le temps avec le diapasoa de 10 vibrations, doubles transmise*^ p:ir l'air à un tambour à levier (Marey).

lions induites égales en intensité et en fréquence, sur les bouts périphériques des nerfs coupés à une hauteur égale.

Les deux tracés suivants (fig, 139 et 140) monlrenl hien que, dans ces conditions tout à fait semblables, le pneumogastrique gauche (fig. 139) ne produit qu'un effet très-peu marqué, tandis que l'anét du cœur est complet et prolongé avec le pneumogastrique droit.

— Eicitalion du pncumogiatrlqiie gaiichr (Dont périphérique) G. Palsalions dn titar.

S. Signii de* ei

FiR. iw. — Eicilallon dn pncumoEailrique droil [Bout pi^riphfriqiic}. C. FulMlions dicœur.

S. Signal des ciciuiloiis Induites.

L'effet de l'excitation du pneumogastrique gauche s'accuse seulement par une ampleur plus grande des diastoles et un très-léger ralentissement du rhythme cardiaque.

Au contraire, les mêmes courants induits, appliqués aupneumogastrique droit, produisent un arrêt prolongé.

Toutes les grenouilles, il est vrai, ne présentent pas une différence aussi tranchée, mais cette différence se manifeste toujours dans le même sena; il est tout à fait exceplioniiel de constater l'égalité des deux nerfs, et absolument rare de noter la supériorité du gauche sur le droit.

On voit donc qu'on retrouve sur la grenouille les diiTérences déjà signalées par MM. Masouin en Belgique (1), Arloing et

(f) Masouin. Bull. Acad.. roy. de Beloiqiie. t. VI, 3» sér., n" 4.

APPAREIL MODERATEua DO CŒUR.

Tripier en France (1), à propos de l'inégalité d'action des pneumogastriques des lymuniferea : la supériorité du nerf d\x«t existe aussi chez les bi^raciens, quoique eette différence ait^té contestée par MM. Legros et Oràmus(2).

Nous croyons pouvoir conclure de ces observations que le pneumogastrique droit tteiU lotts lo dépendance une- partie ou plus étendue ou plus importante de l'appareil ganglionnaire du cœur.

I B. Effets de l'excitation .allemalive .suc-r

f eeuive des deux pneumogastriques.

^ Voukmi pàMéte w plus avant dans la

r recherche des rapports qui existent entre

chaque pneumogastrique et l'appareil modérateur du cœur chez, la grenouille, !• j'ai r^wis sur elle les expériences d'exci-

s talion alternative qui m'avaient déjà

i fourni d'intéressants résultats chez les

g. mammifères.

I J'ai vu alors que si l'on attend pour

t exciter le second pneumogastrique que

le premier ait été épuisé par l'excita-

■| lion, l'arrêt du cœur s'obtient de la fa-

I çon la plus nette.

f C'est ce qui ressort de l'examen des

deux figures suivarftes (141 eti42) dans lesquelles le temps écoulé entre l'excitation du premier pneumogastrique et celle du second a été de 1/2 seconde dans un cas, de 3 secondes dans l'autre.

(1) Arloiog el TripLer.Arcii. Pb^sloî., 1371-1811, p. 411 et 589.

{i) Legros et ODimus, Joara. de rAaaI. et di la

Phya.. 1872. p. 561.

> Dl TAtIGlUNOFF.'

Fi;. 143. -'Li(lie'C;'PillɻliOii S. Sign'tl itecirique.

Mï. 144. -'Lignée. Pulsaiionadù cœurds la grenouille susptaducs pir l'eiciuiion iodaile . I ; .. : . L du pue uniogail ri que gauche. ' S. Signal élccliii|Lie.

La différenee des.résultals obtenus par l'excitation successive des deux pneumogastriques, chez la grenouille etcÈez les mammifères, nous amène à consiilérer comme différent lemode de terminaison de ces nerfs dans l'appareil ganglionnaire cardiaque^ ', ; ,

Les effets notés chez la- grenouille peuvent être interprétés en admettontjque chaque pneumogastrique aboutit à un déparlerpent ganglionnaire, indépendant; dés lors, l'épuiseraenl d'une série n'eippê^e pas la, mise enjeu de l'autre série, quand on yient à exciter le pneumogastrique correspondant.

Des faite variés fournissent un certain appui à cette hypothèse, nous. en rappellerons deux principaux :

a) Quand,on.excitçrun,despneuhiogastriques,lecœur s'arrête pour'un certain tenips;. mais, comme, on sait, malgré la

AFPARB1I. -HODiRATfliiR DU r.^i:^. W*

peraîstancé' de l'excitation, 'les batte.-

ments-'ne tardent .pas . à ireparôLtpe; 1

Dans c6s.'«onditions,".on' peut faire in- '•;

lerv^rr, au 'moment. méipé:oû vont re- ; -.v

paraiirc les battements',' Fexcitation du pneumogastrique jusque-là en repos, l'arjFèt du oœur' se;maiiitienl, se pro-

longe-- par le^ fait de l'ejccitation du , â

second pneumogastrique. . g.

Dans les figures 143 et 144, on *

peut suivre cette série de faits: on voit J

dans la première de ces deux figures l'arrêt du cœur provoqué par l'excitation isolée du pneumogastrique droit; dans la seconde cet arrêt est produit par l'excitation du pneumogastrique gauche, — La figure 145 montre l'addition de ces deux excitations opérées successivement: l'arrêt total est comme la somme des deux arrêts indépendants,

6) L'hypothèse que nous avons émise de la terminaison indépendante de chaque pneumogastrique dans l'appareil modérateur du cœur est évidemment inconcihable avec la possibilité d'une interférence entre les deux nerfs.

C'est à l'idée de l'interférence que nous nous étions rattachés pour expliquer l'apparition d'une systole chez le lapin dont nousexcitions simultanément, à un moment de l'expérience, les deux pneumogastriques. Mais cette idée impliquela dépendance fonctionnelle des appareils lerrainauxdesdeuxnerfs.Or, nous avons considéré comme nécessaire d'admettre la terminaison isolée chez la grenouille.

De là, l'impossibilité de provoquer une syslolc par fexcilation d'un pneuniogaslriqno survenant pendant que le

S98 DE' TARCHANOFF.

cœur est arrêté sous rinfluence de Texcitation de l'autre. Nous concluerons de ce simple exposé de nos recherches : l"" Que la terminaison des pneumogastriques dans l'appareil

modérateur du cceur de la grenouille diffère de leur terminaison

dans r appareil ganglionnaire du eceur des mammifères {chien ^

lapin) ; 2"* Que chez les mammifères les deux nerfs aboutissent à unap^

pareilmodérateur commun^ tandis que y chez la grenouille ^ chaque

nerf aboutit à un appareil indépendant.

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