‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 52 sur 68 · Q} SB · texte numérisé non relu

Q} SB

. jS

■£5 ^ b es s «A

a V es

S Sî

•il

es «

es «s

es

La ^^

a ta o

iî a

'Si ^3 .

ST ^ iï

ts 2.

" es

li| II'-

a fi. P

o Si

&c es

ti «

es ^

instant de chaque révolution cardiaque. Nous reviendrons sur Tanalyse de cette figure; c'est le meilleur moyen de bien faire

la^^^^— «^■^w^- ■ ■ r ■ ■ ' ^^ .j

PRESSION ET yiTSS^E DU SANG. 821

saisir les rapports nécessaires eatre ces deux pressions dont Tune représente la. puissance et Tautre la résistance dans le mécanisme de la circulation ventriculo-aortique.

Deux sondes cardiaques de même sensibilité étaient plongées Tune dans le ventricule gauche (elle avait passé par la carotide etFaorte), et l'autre dans l'aorte. La première donnait le tracé n° 1, la seconde le tr^^cé n** 2 que j'ai souvent désigné sous le nom de pouls aortique. Vers le milieu de l'expérience, on retire la sonde ventriculaire ; on voit alors la pression s'élever soudainement en a, ce qui provient de ce que d'un ventricule relâché, où la pression est presque nulle, la sonde passe dans l'aorte, où le sang retenu par les valvules sîgmoïdes garde une pression élevée qui ne décroît que lentement. par l'écoulement du sang artériel à travers les petits vaisseaux.

La pression aortiq\ie se relève au moment 6 jusqu'en c, par suite d'une nouvelle arrivée de mng du ventricule. Une courbe ponctuée, rappelant les différai^tés variations de la pression du ventricule gauche, montre que la pression est sensiblement la même dans le ventricule et dans l'aorte pendant lesmaxima de l'effort systolique du ventricule, tandis c^ue la pression, dans ceA dpux cavités, diffçre beaucgup pendant la phase diastolique du ventricule.

Cette différence et cette ressemblance ajiternatixes entre les pressions cardiaque et artéridle s'expliquent, ^vons-nous dit^ parce que l'aorte et le ventricule sont tantôt en large. communication, tantôt entièrement séparés l'uti de l'autre par les valvules sigmôïdes^G'e^t ainsi ^e, dans le cylindre d'une pompe, la pression peut être très-fortement négative pendant que le cylindre s'emplit, tandis que le conduit qui en émane garde toujours.une pression positive, grâce à la soupape qui le ferme à ce moment. Dans l'instant 6ù 1$ pompe chasse le liquide dans le tube, la pression est positive aussi bien dans le cylindre que dans le tuyau, parce que oi^ cavités sont en large communication l'une aVec l'autre. ^

Enfin, si l'on compare avec pïus de rigueur le niveau de la pression cardiaque et celui dé la pjression aortique au moment où ces deux cavités communiquent entre elles, on constate qu« toujours la pression artérielle est plus ou moins inférieure à celle du ventricule. C'est une condition nécessaire pour quQ le

LAB. IIAREY. 21

à2î ' • MAREY.

sang passe du cèour dans les vaisseaux, car c'est une loi gèiié^ ^ale, que les liquides se meuvent toujours d'une pression plus forte vers une pression plus faibte. - . .;

Or, il s'est élevé sur ce point une contradiction singulière que j'ai déjà signalée Tan dernier, mais quej*ai combattue sans doute d'une manière trop peu explicite, puisqu'elle s'est reproduite de nouveau. Le professeur F'ick, de Wurtzburg, reprénant au moyen de son federkymographion les expériences de cardiographie que j'ai faites avec Chàuveau, a constaté que la* pression du sang artériel dépassait la pression vèntriculaire, surtout dftns lés cas ou lés tâttements^ dû coëUr étaient àccélérés." Xi'ès-surprîsdé/'ce résultat * qui lùr semblait paradoxal,* Fick' supposa *q'u il tenait peut-être .â Ik^^Wiide vitesèe dé roii-^

et et dé âë Gomportér un peu à la manière du nimorhétré \eurj(^)q\nne donne que de très-petites excursions' dscinààt fMfoiif dé là pres^ôn moyenne éotil il n'indiqpie ni lés jpîiKiinanilel^inimm^^ - : . ...

le n'ai àùçjin motif dé croire que le pi-oïessèur ' Fick n'ai! pas accepté i'interprétiîUoh que ^'e proposais, mais cette inter-^ prétafidu n'a pai^ été admise par leD' Gradie qui, (lans le laboratoire du proifesséur Strickèr,.* repris les expériences dé* Flck avec les mêmes* résultats et adopte sans réserve la théorie du emp de tyélier. En présence de ce malentendu persistant, il devient nécessaire de reprendre entièrement là discussion, en metlaut sous les yeux du lecteur les fésultats obtenus par Fick et en montrant qu'on en 'obtient de semblkblement erronés toutes les fois qu'on se sert d'ua manomètre dont Iss mouvements, ne sont pas assez rapides pour suivre fidèlement les variations de la pression qui agit sur lui.

(1) Voir pour la description de. cet inslrument. Piivs, méd, ah In èiristU. du' ssog, p. 141, dt présent voluma, p. 195. - . '

■' iTidC' s^ sert de à^tnaansitiètre à ressEtrtdans le^net il aifiènë la f»és6ioh Tiu 'moyen d'un tdfig- tube' par lequel le sailg' pénètre dans l'appereil. La longâenr de ce parcours est unécause de résistance aux mouvements du liquide toutes les fois que les systoles cardiaques se suivent avec rapidité, mais, si les systoles du cœur se succèdent à de grands intervalles, la pression a le temps de se transmettre à l'instrument d'une manière à peu près complète. Aussi l'instrument sera-l-il surtout défectueux dans les cas de systoles du cœur très-fréquentes.

lot (DT an «EUT I rlijtbme leoi (0.

; Sur uq ç<^^r dont le rhylhme -était normal, Fiek, reprenanl l'expérience dans laquelle on explore successivement l'intérieur dv vçnlrieute gauche et celui de l'aorte, obtint le tracé figure 186^4^1^ leqiuel roscillation v et celloqui kii succède expriment |«&vaRtttiui»de la pression dans levetilricule gauche; en a Iq.lt^e, explMttUHu; de la pression est retiré du ventricule et (Uuenè dans l'aorte. Une pulsatioa aortique eomplèle. se voit. ()Mitsl4%)jreet^ à la lia de eelle-ci, le début-d'unfseçonde' QOtHttl0i aortiqua ; or, dans eae deux pulsations, tes paxima ds tu pJFm3i<M portique sont scagihlement au même niveau qU£>;ccuK de Ifi pression; yentriculmp». ce qui s'accorde avec te&^Vltetii quç j'ai annoncés et dont OB & vu la représentation tiguretM-

t DoQl^ Hn0. A)M^ expèrie^ice, Fick coupé les nerf:^ vagues : ausailùt les mouvements du cœur s'accélèreni et l'efffet paraît! .4i'teii«« Htf fh» P^j't'oi-^-ltpom. des WarUburg^er iyi}^bscliùie, IffTS, Taf«l 11, flg. 11. :-.,■■'

9St' tunxs.

doxal'sé produit, comme xm le voit sur la figure 157, où les oscillations de la pression aortîque se passent tout entières à un niveau beaucoup plus élevé que celui de la pression du ventricule gauche.

. (^f ^Mu» ce-deuxiéme c^s, au lieu d'admettre un effeldôr ' vitesse acquise du 6anjî«Ume élévation rMlement plus grande? de la pression dans l' aorte quedens le \entricijle, j&çonçlus que le manomètre de Fick n'a pas de mouvements assez rapides pour obéir aux changements de pression qui sepfodursent '^lis lé cœur accéléré par la section des nerfs vagues, que dès -lorslés indications de l'instrument -ne-font pIùsqu'osèiiléraUtoiH' de k pre^îén moyenne : or, celle-ci est inoontestablemertjJuB ■ faible dans le v^triciile que dans l'aorte, attendu que, pmdant les périodes <lé relâchement du ventricula^- la pres&i<m' pêiit y toiûÈerau-déssousde zéra(2). . . ,

Si l'on se reporte à la figure ISSqùi montre l4â OoUrbce de 4â ' pression obtenues avec unesonde Cardiaque, ou à latigurelSO tracée par le manomètre de Fick sur un animal à circulation lente, on constate que, dans l'un et l'autre cas, la moyenne dès oscillations vehtriculaires serait beaucoup plus basse que o^le des oscillations aortiques, et que tout appareil trop peu mobile pour suivre fidèlement ces variations de pression n'eût donné

(i) Fick, ibid., flg. 12.

(3) Voir les expÈriene»» fftitcB au moyen de la sonde qui eignale I«b pres-

tioas négaUvM <My«, raéd. de la circul. du aaog, p. Si),

PIIESSION ET VlreSSG DU SANG. '3j6

dans ces deux cas, que des oscillations incomplètes et voisines de ces moyennes.

Or, un instrument qui peut Obéir à des changements de pression un peu lenisest incapable de suivre des changements plus rapides; c'est pourquoi le manomètre de Fick devient infidèle aussitôt que le rhythme du cœur s'accjélèi^ comme cela se voit figure 157,

Pour apporter des preuves à l'appui de ces arguments; j'ai fait sur le schéma de la circuîation (î) deux expériences comparatives. Dans l'une je transmettais la pression du liquide au manomètre' par dés Voies côui'tesetlarges, c'est-à-dire dans les meilleures conditions poUr que lemànomètre obéît rapidement; dans l'autre, la transmission' de la.preâsîon s'opérait- par lin tiibe long et étroit, c'est^-dire-danslès conditions oOl l'instrument ne peut -pas -obètr;d'-uQe manière assez rapide-.'GeË deux expériences ont fourni le résultat quejeprévoyais, c'està-direque le paradoxe de Ficks'est produit lorsque j'eus rendu le maBotaétre paresseux.

Voici les figures obtenues dans ces deux expériences comparatives :

Fig. ISS. — InseriptiDn des Tiriaiioas de la pression leairicutaire, puis de li pression aorUqae sur le scbéma, au minea d'uD appareil mipomélrlque d'une irtnde mobilité.

Dans la figui^'158 se voient les oscillations de la pression

'(1) V. pour 1« desCTiption de Set appareil t. 1, 1S75, p.' 6S.

.veritricnlaire au commencement de la figure, puis celles de la pression aortk[ue. Les maxima, dans le ventricule, sont notar blement plus élevés que dans l'aorte, ce qui concorde avec ce qu'on observe sur les animaux; il faut, en ôtTet, pour que le sang s'échappe du ventricule avec vitesse, qu'il soit soumis à une poussée sensiblement plus grande que la pression contre laquelle il doit lutter en pénétrant dans les artères. L'explorateur employé pour mesurer la'pression était un tphygmoêcope (1) dans lequel je faisais pénétrer le liquide par un tube gros et court." - ■ " ■ .

;r^ns uiie secortde expérience, j'aiiapte au même sphygmosf eepeun tube long et étroit{2) pour la transmission de la pression. La résistance qu'éprouve cette longue colonne liquide suffît pour diminuer beaucoup la rapidité des indications du 8phygmosccç>e, aussi voit-on apparaître l'effet paradoxal si- -froâlé.par Fick,. sansi^u'on puisse, accuser une autre influence qi^e la trop faible mobilité de l'appareil inanomélrique. Le l'ésultat de cette expérience est représenté figure 159. ;

Fil. KO. — Injcriptun des «arial

J'ai longuement insisté, à propos de la valeur comparée dés diïÏBi'eDts manomètres (3), sur ta nécessité de faire communiquer ces appareils avec les cavités sanguines par des voies

(1) Voir pour la descriplion, p. 197.

(2) La lougueDr du lube ùlsil d« 0,30 ceolimèlres et son diamètre ialérieur do 3 imlUmSlpes environ.

lit) Voir pour.eetl^e comiiiartisaQ :d«s diriértnts manontèlrGS, p. l'J3 e^ suiv.

PRESSION ET VIIBS£li DU SANO. SJU

courtes et larges, sauf à Iransmettre, par des lubes à air, le4 indications de l'instrument au levier qui doit les inscrire. L'appareil de Fick semble devoir toqjôurs présenter peu de mobilité, puisque la pression lui Arrive par un tube, gépérale-; ment assez long. Que dire, après cela, des expériences de M, Gradle qui, au lieu d'amener la pression cardiaque à. son manomètre au. moyen d'un ^n['é.tube, perforait les parois ven,-» triculaires avec une canuleÇoHi

lejÊÊ ftetlïaa tcntrieubir^

!» moelle 6pinièrï«*te cbo'péc Bar iiatlieïal;'trK*s-dAli pi

de la dieiulc sur le tbtia\ : accroissemeril passager de t'énerKie i — V, pression veuUiiulairc gïuitc. — A, pression sonique.

B) La pression venir icu taire gauche est toujours supérieure à celle de l'aorte. — Dans les anciennes expériences que j'ai publiées sur ce sujet avec Ghauveau, nous disioas que les maxima de la pression dans l'aorte sont sensiblement- les

828 MAIIEY..

mêmes que dans le ventricule* Pour mieux spécifier la relation qui existe entre ces deux pressions, il faudrait dire que la pression ventriculaire est toujours plus élevée que celle de l'aorte, en considérant, bien entendu, les maxiraa de ces pressions.

Cette loi absolue ressort de Texamen d'un grand nombre de tracés que j'ai réunis à différentes époques.

Si l'on observe les conditions dans lesquelles l'expérience a été faite, on voit que l'écart entre les maxima de la pression aortique et de la pression dans le ventricule gauche n'est pas toujours le même. Cet écart, comparé à celui qui existe dans les conditions normales (fig. 155), est augmenté dans les cas où la pression artérielle est basse, soit pour cause d'hémorrhagîê comme dans la figure 460, soit pour cause de passage plus rapide du sang artériel à travers les petits vaisseaux, comme dans la figure 161 qui correspond à un cas où la moelle épinière avait été coupée à, la région cervicale.

D'autre part, l'écart est augmenté quand la force du ventricule est accrue comme cela s'observe dans la figure 162 où l'action de la digitaline avait Augmenté l'impulsion ventriculaire.

Cet excès de la force impulsive du ventricule sur la pression artérielle qui constitue la résistance à vaincre, correspond à une pénétration du sang plus facile, et par conséquent plus rapide et plus abondante, ainsi qu'on le verra plus loi».

C) De Cinslani où se fait Couverture des valvules sigmoïdes. — Comme c'est le même instrument qui plonge tour à tour dans le* ventricule et dans l'aorte, on peut être assuré que, 'dans les courbes aortique et ventriculaire, à un même niveau correspondra toujours une même valeur de la pression. De sorte que, dans les tracés mixtes qui viennent d'être représentés, une ligne horizontale qui passerait par l'origine de^ pulsations âortîques couperait les courbes cardiaques au point précis où se produit le soulèvement des sigmoïdes (1). Ce moment est celui où la pression est la, même dans le ventricule et dans l'aorte.

(1) Dans lir plupart des cas les infLaences respiratoires empêchent, cette ligne d'être droite.

La ligne des pressions égales, qui passerait par Forigine de toutes les pulsations aortiquqs,: coupe les courbes cardiaques en un point plus, où moins rapproché' de leurs sommets. Plus la partie qui s'élève au-dessus de cette ligne présente de surface dans Tune. et l'autre courbes, plus elle annonce que la systole cardiaque a fourni une ondée abondante.

L'identité presque complète de la partie située au-dessus de la ligne d'égales pressions, dans le tracé du ventricule et dans celui de l'aorte, s'explique parfaitement par la large communication qui existe alors entre le cœur et le système .artériel. Dans les deux tracés, les mêmes inflexions s'ob* -servent ; elles consistent, en général, en une élévation graduelle de la pression succédant à l'augmentation soudaine du début. Cette augmentation lente tient,, dans l'aorte, à.c.e que l'afflux du sang l'emporte sur l'écoulement, et, dans le ventricule, ce même accroissement provient de ce que la pression intra-cardiaque est, à ce moment, solidaire de celle de l'aorte.

G') Reproduction de ces expériences sur le schéma de la circulation, — Le but principal du schéma étant de contrôler instantanément les théories relatives aux phénomènes mécaniques de la circulation, je m'empressai de reproduire, au moyen de cet appareil, les expériences de cardiographie qui viennent d'être rapportées.

Comme la disposition du schéma ng permet pas l'introduction d'une sonde volumineuse qui, passant par l'aorte, pénétrerait dans l'intérieuf du ventricule, je recourus à l'artifice que voici. Je pris un tube qui, partant de l'intérieur du ventricule, amenait au dehors la pression du liquide intraventriculaire, et, réunissant ce tube avec une artère du schéma, je fis aboutir ces deux conduits à un troisième qui les recevait à la façon, des branches d'un Y. Ce troisième tube fut mis en rapport avec un sphygmoscope ou un manomiètre inscripteur. Je pris soin de donner Je moins de longueur possible à ces conduits afin d'évitçr les -inconvénients des résistances à la propagation.de la pression <(1). Enf^i, saisissant entre les doigts les deux branches du tube bifurqua, je cora-

(1) Voir page 204.

primai (our à toiir cliacune d'elles, de façon que le aiaiiomèlre recevait tantôt exclusivement la pression' veotiiculaire et tantôt ta pression artérielle. Je devais ainsi obtenir des efl'els identiques à ceux que l'on observait quand la sonde exploratricÉ de la pression- était plongée alternativement dans le ventricule et dans. l'oreillette. L'expérience confirma ces pi-évir sions.

1 prtsilon icMrMulaln) V et

La ligure 163 montre, au point V, l'inscription des variations de la pression dans le ventricule du schéma.

.\u point A le tubeventricula'ireest comprimé; tandis qu'on lâcho cciui do l'artéi-o ; à ce moment le manomètre inscrit la li:':>3iion iu'lérlelle (l'artère exploitée était l'homologue de 1^ criMlido).

Une ligne ponctuée horizontale indique, dans cette figure, le niveau de la pression minima dans l'artère; on constate qu'il est assez rapproché des sommets de la courbe ventriculaire. Les maxima, de part et d'autre, s'élèvent à peu {wès à la même hauteur. Or, cela correspond, avons-nous dit, aux cas où la pression du sang est forte dans les artères. En etïet, on avait fermé presque complètement les robinets par lesquels se fail l'écoulement des artères dgns les veines du schéma, et le manomètre à mercure accusait une forte pression dans l'appareil.

P1IC66I0N KV.WUrVl^V DU SANO^

Dans une deuxième expérience, on ouvre un peu plus ces robinets qui représentent les résistances capillaires, et Ton répète Texpérience de tout à Theure ; la figure 164 montre que la ligne des tninima de la pression artérielle correspond à une phase moins avancée de la systole ventriculaire ; en d'autres termes, que la difïerenee entre les maxima de la pression dans le oçmv et dans les artèi^es est sensiblement plus gi;aBdai[uc tout à rheure, ce qui est, comme on Ta vu plus haut, un caractère de la faible pression.

'.il

iSdâ

iURET.

VI. -^rVéJLum^ et vtlesse des ondées ventrlealalres solvaat l'état

de lu pression aortliine.

Solidarité de la pression aortique et de la pression ventriculaire ; cas où la systole est trop faible pour vaincre la pression aortique ; cas où la pression aortique est trop forte et entraîne une insuffisunco de la valvule mitrale. — Irrégularités périodiques du pouls dépendant do conditions mécaniques ; nature du pouls bigéminé; contrôle sur le schéma;— Le volume des ondées ventriculaires dépend du degré de la tension artérielle ; loi qui préside à l'amplitude du pouls. — Vitesse de l'ondée ventriculaire suivant Tétai delà tension aortique.

Il existe nécessairement une solidarité entre la pression ventriculaire et la pression aortique, de telle sorte qu'un surcroît de Taction du ventricule entraii^e une augmentation de pression dans l'aorte, et que, réciproquement; une augmentation de la pression aortique élève les maxima de la pression dans le ventricule. De sorte que toute influence qui modifie la pression maximum du sang dans une de ces régions la modifie aussi dans l'autre .

On a vu comment les choses se passent quand le cœur augmente d'énergie (1) ; on a vu également l'effet que produit le changement d'écoulement à travers lès capillaires qui, élevant ou abaissant primitivement la pression du sang dans les artères, élève ou abaisse secondairement la pression intra-cardiaque (2). Un nouvel exemple de cette solidarité va nous être fourni par le cas où la fréquence des mouvements du cœur s'accroîtrait sans que rien autre fût changé à l'état circulatoire. La figure 165 est un triple tracé recueilli sur le schéma avec accélération graduelle du rhythme des systoles ventriculaires.

La ligne supérieure P représente la pulsation ' cardiaque ;

(1) Tracé de la. digitaline, flg. 162.

(2) Voi> les expériences sur le schéma, p. 330.

ET VtTBBK DU SANS.

la seconde C, le pouls carotidien, la troisième R, le pouls radial. Des lignes droites horizontales servent de repères pour évaluer la pression.

A mesure qu'on accélère le rhylhme des mouveipents cardiaques, on voit se produire les deux phénomènes suivants qui sont inséparables r un de Tautre.

La pression artérielle s'élève, car le nonlbre des ondées ventriculairesqui pénètre dans les artères s'accroît, tandis que l'écoulement reste le même. En même temps, la presssion maximum dans le ventricule augmente, ainsi qu'on peut s'en assura' par la hauteur à laquelle s'élève la courbe des pulsations (d) dans le moment de la fréquence la plus grande.

Il ne faudrait pas s'étonner dé cette harmonie parfaite entre la pression développée par le cœur et celle qui existe dans l'aorte^ et il ne faudrait pas croire que le centre d'innervation' cardiaque, averti par une . sorte de sensitûlité intérieure du degré de pression que la systole prochaine devra vaincre, proportionna l'effort musculaire à la résistanoe qu'il rencontrera. Les choses se passent d'une manière beaucoup plus simple, puisque la même harmonie que Ton rencontre dans la nature s'observe aussi dans les appareils artificiels. Le raccourcisse^ ment de la fibre musculaire du co^Ur, tout en restant identique à lui-nième, peut développer des drorte bien diffinrents tm^uy»! la résistance <|iii hâ est opposée. La fibre eardiacuie, pourvue d'élaslieiié, dcqtnert des tensions difTérenles suivant que le lH|iHde qu'elle comprime cède plus ou moins à son effcrt. En sommé, et c'est la comparaison la plus juste, la valvule aortique joué pour le ventricule gauche le rôle cte soupape ctot sûreté et la pression du liquide ventriculaîre cesse de s'élever aussitôt qu^élïe a atteint le degré nécessaire pour surmonter celle qui charge la soupape. Dos que celle-ci est ouverte, la pression ne monte plus dans le ventricule, à moins qu'elle ne s'élève également dans l'aorte, ainsi que cela se voit daf1« les cas où le sang a de la peine à sortir du système artériel.

Mais toutes les fois que la pression maximum dans le ventricule gauche n'atteint pas la valeur de la pression aortique, . la systole est inefficace et n'envoie pas de sang dans les ar-

(1) Voir pour rcxplicolian de cdUo courbe, vol. K fS75, p. 70.

tëres. Ces cas peùvefll se produire dans deùi; conditions : soit par suite d'une faiblesse escessive-d'uneou de plusieurs sys-, loles ventricnlaires, soit par suite d'une élévatipD exagérée, do la tension arlériello.

riti. lOG. — 'Trtcris'coiÀpBtïlinilé lil pression 'fn'.ra-iènlricdlarré V'trèt'ilC la yt'^^r^inii >nrliqae A &ir un clieitl. Dvs fjnlolïs actidcDlelli» trt»-AiblO'> iiv produisaiviil lorun rlangHiaeill dans la f ws^itan du u,ng dans l'Mrlei leur muimnni n'iuvIgjLalt pas la lign.; ' de niicau H qui corTtspond an ninima d« ja'proiaioD artéli.'llc. ~ -

'. La' figure ' 166 montre un bel exemple' du premier genre de' systoles inefficaces. Ûh cheval avait dans Ie;vêntricuîe gauche' line sonde un pffu tfop^ profondément engagée et dont l'extra-' mité, heurtant lé fond du ventricule à chàqiie systole de oet organe, provoquait une^ excitation traumatique à la suite de. Tâquelle une aulre- systole se produisait, prématurée èttrès-- Ihible comme celles qui succéttont à certaines excitations arti; lieieUes(l). Or, tes systol%8ii— niJhires- n'amenaient pas dans le ventricule une pression s»ai»»topoiir vaincre ceUedasangaoftîque qui chàrgcnit ^sigmordes, aus» ne pénétrait'^ itr];)as' de sang dans l'aorte, «îbsi qu'on peut en juger par le tracé des pulsations aoiiStprés recueflli en inème temps que les va-' rialions de la pression Ventriculaire.

Ce phtoémène se produit assurément chez- l'homraé d«i9 certains cas ;■ j*aî encore lé souvenir d'un ipaladé (jiii, » Tmn^ cultation du cceBr, doiMMiit- qHStre lirui^ coiré^ondanls à' deux systoles consécutives,- tandis que' sa m^Te ne ballail qu'une fois. Quelques médecins considéraient ce cas singulier

(i) Voi: Mémoire-sa:'- [bucifabillti 4a àear, f. 7iv' .■.

33& --■ ' «AREt. -

comme un dédoubtement des deux bruits du cœur; mais Irf double pulsation cardiaque^ qiii ■se.produisaif:à'chàque; pulsation padiflle'neperraètlaitffflà d'admettre cette suppdâtion, et prouvait qu'il s'agissait bien réellement dedeiix systoles cbn-r sécutives.

"^Parfois; une'systoleTrfns faible-que 4es autres est assez- lertecependant pour soulever les valvules sigmoîdes, et faire péné-i trerun peu de sang dans l'aorte; mais la pression aorliquei présente alors une élévation moins forte que de coutume; lé pouls des artèressemble comme avorté.

Dans celte figure, la seconde pulsation semble correspondre à une systole trop faible. Dans certains tracés du pouls, on trouve des pulsations encore plus avortées. Maisce n'est, pas toujours une insuRisaoçede la force du ventricule qui produit ce& ondées incomplètes ; elles sont dues parfois à unexoés de la pression^ artérielle, excès que le ventricule ne peut surmonter parce que la valvule mitrale cède sous une pression trop énergique. -Cette forme d'iqsuffisance mitrale presque physiologique .revêt une périodicité, qui semblerait au çr,emier. abord s'expliquer par une influence nerveuse, mais qui lient réelleioeiit à des .conditions purement mécaniques. , Voici dansquelles conditions ce fait s'est présenté à mon obsecvatioa:

J'expérimentais, sur le schéma, de nouvelles valvules que je venais de construire; la mitrale était un peu plus courteque de coutume; quoique bien hermétique, elle se laissait déf(y;H)er par les pressions trop fortes et permettait alors le reftux.;^u Uquide..Kn imprimant au moteur du schéma un. mouvement bien régulier,,je m'aperçus :que les pulsations pétaient péripr^^ diquement irréguliéres, ainsi que cela se voit sur la figure 168.

Examinant alors le fonctionnement des valvules, je constatai quQ la mitrale donnait passage à un fort reflux de lî-

PRiBSiox ET yrrassB du b&hg. 937

'Ai

îîi"

un. MAnF.T.

338 UAREY.

c|iiide à toutes las troisièmes révolutions du éœur ; à Taùscultatîon, on entendait un souffle très-intense au moment où se produisait Tavortement d'une pulsation.

Je voulus voir alors ce qui se passait du côté de la pulsation cardiaque, et je recueillis, sur un axe rapide, en même temps que le tracé du pouls carotidien, celui de la pulsation cardiaque du schéma. Le tracé que j'obtins (fig. 169) présente, du côté de la pulsation cardiaque, un a vertement analogue à celui qui existe dans le pouls carotidien. Le sommet de cette pulsation est arrondi, comme Ta signalé Tridon dans se?^ recherches de cardiographie clinique sur Tinsuffisance mitrale (1).

(^ette figure montre clairement la solidarité de la pression ventriculaire avec la pression aortique sur le schéma. Aussitôt que le reflux vient limiter la pression que le sang peut acquérir dans le ventricule, la pulsation du cœur se limite dans son intensité, car celle-ci correspond âu durcissement du ventricule, signe extérieur de la pression du liquide contenu dans l'intérieur de celte cavité (2).

Mais, dira-t-on, comment exphquer le rhythme régulier qui préside à ce reflux mitral? Pourquoi ne voit-on pas deux pulsations consécutives avorter, ni trois pulsations fortes se produire de suite?

. C'est là justement le point intéressant du phénomène; ce rhythme va s'expliquer mécaniquement de la façon la plps satisfaisante.

Si l'on examine attentivement la figure 168, on remarqiie que les pulsÊ^tions fortes créent dans les artères une pi^essiôn graduellemj^nt croissante; c'est-à-dire qu'après une pulsation avortée., la première pulsation normale part d'un niveau asslez bas (1, fig. 168); la seconde pulsation trouve une pression plus forte à son origine au point 2; la troisième trouvera une pression pJus'fQrte encore, et c'est justement pour cela qiie la v,alvule , niiitpdle cède ; car, dans le, ventricule, la pression doit,atteinî(ire,c^lle ide l'aorte, sous peine de ne pouvoir en-

<1 ) . Thèsp. ioi^ai^f^Jej^Pmsy 1875. 1

(i) Voir pp^r ja!;i|iéai:iei^^o.Ja. pulsaljon du CiBur, voU J«r^i375, p. 27.

PRESSION IET vitesse DU SANG. 3i39

voyer de sang dans Tartère. Or, la valvule mitrale cède ; le reflux se fait du ventricule dans Fôreillette; rieri ou presque rien n'arrive dans Faorte, et, grâce â cet avortement d^ Tôildëe ventriculaire, la pression aortique baisse considérablement. Aussi Tondée tentriculaire suivante trouvera-t-ellè une grande facilité à pénétrer dans T aorte, la seconde systole > y rencontrera une pression déjà plus grande, mais la troisième ne pourra y pénétrer. Cette série de trois pulsations se reproduira donc indéfiniment pour les raisons mécaniques dontâl vient d*étre parlé. En né résistant pas d'une manière absolue à Télévation de pression qu'elle doit supporter, la valvule mitrale constitue, dans ces condition^, une véritable soupape de sûreté qui, limitant Teffort ventriculaire, limite également Télévation de la pression dans les artères. ; . ,

Pour faire encore une fois la contre-épreuvo de cette théorie, je changeai le rhythme du cœur, et je vis qu'en ralentissant les mouvements imprimés à la machine motrice du schéma, on allongeait la période des intermittences du piouls; qu'on la portait à 3, à 4 pulsations fortes entré chaque puïs^alion avortée; on arrivait, en ralentissant encore le rhythme cardiaque, à supprimer entièrement ces irrégularités. ,

Il est clair qu'en espaçant de plus en plus les systoles cardiaques, on donne à la tension artérielle le temps de baisser de plus en plus par Téffét de l'écoulement a travers les capillaires; aussi arrive-t-il un moment au, entre deux fortes systoles, la tension artérielle retombe à un niveau qui' permet au ventricule d'envoyer, sa ^ nouvelle ondée sans dévelop jSer

une pression qui- excède la résistance de la valvule mitr^aïe.

Ce phénoinèiié peut-il se produire sur le vivant? Celà.ïï'est pas douteux, et je n'en veux pour preuve que T identité d'es tracés du pouls de certains sujets avec celui (jue j'ai recueilli sur lé schéma et que j'ai représenté, figure 168. . .

Si le lecteur veut bien se reporter à là figure" 167, il verra que dans ce rhythme redoubla du pouls la pulsation, partiellement avortée, nait à un moment où la pression eât plus élevée dans les artères qu'au moment où se produit la pulsation forte. Ce cas i^mhle donc se rati^clfer à celui dont là ihéorie vient d'être donnée tout à Theure.

S40 KARET.

Chez certains sujets, ces intermittences du pouls s'accompagnent d'un bruit de souffle systolique au moment de la pulsation avortée ; il est bien clair que chez ces sujets un reflux mitral se produit à ce moment, et tout porte à croire que ce reflux cesserait si la pression artérielle était moins forte. On pourrait donc faire disparaître ces irrégularités périodiques du pouls en faisant baisser la tension artérielle d'une manière quelconque. Il sera bien facile de vérifier cette théorie en soumettant, par exemple, à Faction d'une ventouse Junod, un sujet qui présenterait des intermittences de ce genre. • ;

Du.restéj'ai observéun cas dans lequel des intermittences • périodiques cessaient sous l'influencé de la marche, c'est-àdire dans des conditions où la tension artérielle: est .plus basse > que pendant le repos. Souvent aussi. les intermittences ,pério- . -diques m'ont paru réglées avec le rhythme de la respiration. Or^on sait quelle influence les mouvements rejyjiratoires exer- : cent sur la tension artérielle. Il sera int^^sant^de cjaepclior . si l'intermittence coïncidef avec le n\çaâfiDni ,oWa pression artérielle eât augmentée. ^"^ ^,^ \ : : '"'' : ' !

J'ai dit tout à l'heure que ce phénomène de reflupc par la val- . vulemitrale est, pour ainsi dire, physiologique; en effet, on ' peut l'observer sur des animaux parfaitement sains. M. François-Franck, en feuilletant ses registres d'expériences (1), a trouvé un cas fort )Curieux dans lequel, après la section des nerfs vaguas sur un lapin, on voyait la tension artérielle s'élever très-haut, puis retomber de temps en t^nps par une chute brusque après laquelle elle remontait (fig. 170) de nouveau. ,0r, au moment de chacune de ces chutes, il y avait une pulsation artérielle, avortée et en coïncidence parfaite avec celle pulsation artérielle absente; on trouvait dans les trac<^ delà pulsation cardiaque une systole également avortée qui semble devoir s'expliquer par une insuffisance mitrale.

C) Dans les nombreux Iracés qui ont été représentés ci-des-

(1) Ce n'est pas un des moindres avantages de la méthode graphique, do permettre la vérification instantanée d'une hypothèse en * évoquant une "expérience parfois très-ancienne et qui apparaît avec touh ses détails éomme au moment où elle a été faite.

tRISSSION ET VITESSE DU SADQ. 3)1

sue, on a pu voir que l'amplitude des varialionsde la pression artérielle va toujours en diminuant à mesure que la pression s'élève (1); cela tient à une cause mécanique: la pénétration plus diHicile et moins abondante du sang dans le système artériel à mesure que le cœur trouve moins de facilité à l'y introduire. Cette loi se trouve clairement écrite dans les tracés où le pouls présente des irrégularités périodiques : la première pulsation qui suit la systole avortée a une grande amplitude parce qu'elle arrive dans un moment de faible tension artérielle ; la seconde se produit dans un moment où la tension est déjà moins faible, aussi a-t-elle moins d'amplitude.

Dans cerlains cas, on voit les irrégularités se produire à plus longues périodes ; on observe alors une série de pulsations d'amplitudes graduellement décroissantes qui précèdent le moment du rodux milral : celui-ci, amenant une chute soudaine de la pression artérielle, provoque une nouvelle série dé pulsations d'intensités décroissantes.

J'ai formulé autrefois cette loi (2), que ramplitude du pouls

11) il faudrait faire une csceplion pour les cas où le venlricule aurait des systoles plus Énergiques.

(2) l'h^siul. mid. de la tireul. du s»og, p. £3d.

Page 1