‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 55 sur 68 · I. — DES CENTRES NERVEUX ET DES MOUVEMENTS ENCÉPHALIQUES · texte numérisé non relu

I. — DES CENTRES NERVEUX ET DES MOUVEMENTS ENCÉPHALIQUES

Le système nerveux central de la vie de relation, enfermé dans la cavité céphalo-rachidienne , est composé de Fencéphale qui remplit la presque totalité de la boite crânienne, et baigne dans une faible couche de liquide communiquant avec le liquide ventriculaire (1), et de la moelle épinière placée dans la cavité rachidienne, dont elle est loin de remplir la capacité.

La plus grande densité du tissu médullaire, sa moindre vascularisation , la consistance fibreuse de la pie-mère qui s*oppose à des variations de volume un peu notables, sont autant de conditions qui permettent de n'accorder aux expa,n-: sions et resserrements de la moelle qu'une bien faible im-

(1) La communicalioa entre le liquide sous-arachnoïdien et le liquide ven^ triculaire se fait par Tintermédiaire du trou de m agendie, ^Iroit oritice situé à * la partie inférieure du quatrième ventricule. Elle est prouvée par le fait du passage d'un liquide coloré qui. introduit dans le ventricule olfactif d'un chien, manifeste bientôt sa présence dans le liquide céphalo-rachidien qui entoure la moelle. Cruveilbier cependant, ne considérant pas cette preuve comme absolue, met en doute la réalité de cette communication. (Anat.^ h^^édil., t. III, p. 385.)

Sï% A. 8ALATHÉ.

portance, en regard des variations que peut subir l'encéphale (1).

Mais si la moelle, en raison des causes précédentes, offre des changements de volume moins notables que le cerveau, la quantité plus grande de liquide sous-arachnoïdien qui la baigne constitue une donnée importante dont nous aurons à tenir le plus grand compte (3).

Rappelons tout d'abord, aussi succinctement que possible, les différentes théories proposées pour l'interprétation des mouvements du cerveau dans les cas où la constitution normale ou accidentelle des parois crâniennes les rend indiscutables.

Ces différentes théories se ramènent à trois groupes principaux :

1*" Pour les uns, les mouvements du cerveau dépendraient uniquement des battements artériels. Telle est la manière de voir de Richerand (3), qui s'exprime ainsi à ce sujet : « Les mouvements alternatifs d'élévation ou d'abaissement (ju'offre le cerveau sont isochrones à la systole et à la diastole des artères placées à sa base (4) : l'élévation correspond à la dilatation, l'abaissement au resserrement de ces vaisseaux; la respiration n'est pour rien dans ce phénomène. » . 2° Pour d'autres, les mouvements cérébraux ne se rattacheraient qu'aux mouvements respiratoires. Cette opinion est celle de Flourens, qui, après avoir relaté l'interprétation de

(1) Ces variations de volume du contenu de la cavité crânienne ne dépendent pas exclusivement du tissu de l'encéphale. î\ faut également tenir compte du changement de calibre des vaisseaux situés dans la boîte crânienne» en dehors de la masse nerveuse encéphalique, la rigidité des parois des sinus ne peiineltant pas, il est vrai, de leur attribuer une part considérable dans la production du phénomène.

(2) La capacité du canal rachidien peut varier en effet dans une aàsez large mesure, comme on peut l'admettre à priori en considérant les anastomoses multiples des plexus veineux rachidiens, soit avec les sinus encéphaliques, soit avec le système azygos. (V. Cruveilhier, Anat. descr.y t. III, 4® éd., et Breschet, iSur les veines du rachiSj Th. Paris, 1818.)

(3) Richerand, Eléments de physiologie, Paris, 1883.

(4) C'est, comme on sait, en se basant sur les changements du calibre des vaisseaux placés à la base de Tencéphale, que plùàieurs auteurs, à l'exemple de Richerand, ont cru pouvoir expliquer un moiivement d'élévation et d'abaissement en masse de l'organe.

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Richerand que nous venons de citer, la critique ainsi qu'il suit (1) : « Il y a bien des erreurs dans cette proposition de Richerand ; car, comme on va le voir : IMe mouvement du cerveau n'est pas isochrone à celui des artères, mais à celui delà respiration; et 2** la respiration est pour tout (2) dans ce phénomène. » Il est difficile d'être plusaffirmatif que ces deux illustres physiologistes.

S"" Enfin, et c'est l'opinion la plus généralement adoptée do nos jours, les mouvements cérébraux seraient dénature double, d'origine à la fois cardiaque et respiratoire.

Telles sont les trois interprétations principales (3) qui ont été données des mouvements encéphaliques. Ces variations d'opinion des auteurs s'expliquent par les différences des conditions dans lesquelles ont été faites leurs expériences: car l'on pourra voir dans la suite, qu'en prenant isolément telle ou telle de nos expériences, nous pourrions soutenir successivement chacune de ces* trois thèses, admettant tantôt la simultanéité des deux manifestations, tantôt la disparition do l'une ou l'autre d^èntre elles. Envisager ainsi la question, serait faire preuve d'un éclectisme qu'il n'est plus permis d'adopter aïijourd'hui, après les belles pages écrites à ce sujet par''Cl. Bernard qui a tant et si Wen insisté sur la nécessité du « déterminisme (4) de chaque phénomène. »

Après ce rapide exposé des opinions variées émises sur la nature des mouvements du cerveau, nous allons présenter les résultats que nous a fournis l'expérimentation, en examinant successivement : , . ...

(1) Flourens, Bêcherches exp, sur le systèihe nerveux, Paris, 1842, p.' 344.

(â) En regard de" cette assertion si catégorique, il peut sembler étrange de reti'ouver dans une autre partie du même ouvrage (loc, cit., p."3î9) la phrase suivante : « Indépendamment du mouvement alternatif d'abaissement et d'élévation qui... répond aux mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration, «1 qui le meut en maîsse; le cerveau est Mâs cesfse agite, 6u mu, dans (oulos ces parties, fiarraetioniiitosDA de 4a <^ree imfMi/sfVe 3os orgtines circiiLatolées. »

(3) It y «n «OTCÛtlmii^Riwi 'une quatrième, celle de Dorif^y (Eicpérïences el obserrsttdBS sur les mouv ipi i t g du cerveau, 4oûrn^l de médecine y de Corvisart, XVilI, 1809), qui • mil ■ > lee - «ouvéèietits cërébreu'x ' sur le' compte ' dé l'influence nerveuse. Nous oeue bmtierons à ia mentionner, car elle est trop en contradiction avec les faits observés.

(4) Cl. Bernard, Leçons de pathologie ekp.^ Paris, 1872^^ p. 5©5 et suiv., et fievue des cours scientifiques^ 6 février 1869.

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l*" Les baltements des fontanelles chez les nouveau-nés ;

2° Les cas morbides dam lesquels les parois crâniennes ou rachidiennes sont molles ou entamées^ et permettent de constater ces mouvements ; •

3"* Les expériences dans lesquelles on ouvre te crâne ou le rachis d'animaux, tels que le chien, le lapin, etc.

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