IV. — Expériences de trépanation
Nous diviserons en trois catégories les expériences quo nous avons faites dans le but d'étudier les mouvements do l'encéphale et du liquide céphalo-rachidien.
A) Dans la première série d'expériences, la trépanation était pratiquée sur les parois crâniennes.
B) Dans la seconde, elle était pratiquée sur les parois du rachis,
G) Enfin, dans la dernière série, la trépanation était faite concurremment au crâne et au racliis,
A. Trépanations crâniennes,
..^ A l'exemple de Magendie (3), de Bourgougnon (4) et des expérimentateurs qui. les ont suivis dans cette voie, nous
(1) Cruveilhter, AnuL, 4« édition, t. lïl, p. 362.
(2) Notre intention était d'avoir recours à l'inscription graphique, pour contrôler les mouvemenls qu'on observe dans le spina-bifkia; mais nous n'àvune pu, dans le cours de nos recherches, rencontrer un cas do ce genre. *
(3) Recherches sur lo liquide céphalo-rachidien, 1842.
(4) Recherches sur las mouvements du cerveau. Th., Paris, 1839.
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aypu3 graUqué ujie ouverture arrondie à la boîte crânienne, pour visser ensuite à rorifiçe ainsi obtenu ijn, tubed^ verre dpnt la parjtie iuflérieui;;e est fixée çlàns une garniture çn laiton munie d'un pas de yis et que deux ailettes latérales permettent de saisir solidement (1). ' , ..'
Le tube placé, on y verse ^e l'eau > et les oscillations du niveau du liquide présentent un synchronisme^parfait avec le pouls artériel» en même temps que Tinfluence respiratoire s'accuse par des excursions étendues de la colonne liquide»
Voulant inscrire à. distance ces variations de niveau, en même temps que les battements du coaur et les mouvement^ respiratoires^, nous avons, pendant quelque tevmps été déçu dans notre attonte : les oscillations ne se transmettaient quç trèsrfaiblement à la plume du tambour à levier, et novis avons dû tâtonner assez longuement pour arriver à reconnaître 1^ nécessité de substituer un tube assez large au tube étroit que nous avions tout d'abord employé.
Avec des tubes de fort calibre, contenant une certaine quantité d'eau et dont l'orifice supérieur était fermé par. un bouchon de caoutchouc traversé par l'origine du tube de transmission, nous avons paré aux causes de déformation des tracés résultant ^ de via vitesse acquise du liquide dans les tubes étroits et longs (2).
Ces larges trépanations ont encore eu l'avantage dé supprimer une conséquence bien fâcheuse et presque forcée des * trépanations de faible diamètre^ je veux parler de la hernie du cerveau qui vient jouer le rôle d'obturateur à l'orifice inférieur du tube d'exploration. .
Cette hernie est bien en effet la cause de la suppression: de3 oscillations, car dans deux expériences récentes sui! le chien^ les oscillations du liquide, d'abord très-amples, s'étant pro-
(1) Hammond et Weir Mitchell ont, modifié, à certains égard^^ le tube emv ployé par les physiologistes que nous avons cités. IJs en ont fermé Toriflcc inférieur par une membrane de caoutchouc qui vient au contact de la <lure<mère. Leur tube de «uivre rempli de liquide se termine par un tube de V0rrç gradué qui permet d'eo apprécier les changements de, niveau* Ils ont appelé céphalo-hémomètre cet appareil dofit ils se sont servis pour étudier l'influence du chloral sur l'encéphale^ (V. Hammond, .Des effets .physiçl. et des ,u$ages thérap. de J'hydrate de chloral, A'cw- For/c médical Journal^ féy*, 1870.)
(2) V, pour les détails, Mémoire I, p. 14.
•grëssiveïïfeht atténuées et ayant fini par disparaître, je àé^ Vissai le luKe et constatai un véritable bouchon fonVueux formé par la substance cérébrale herniée : â peirifr-bç bouchon eut-il été refoulé avec le doigt, que nous vîmes le liquide céphalo-rachidien faire brusquement irruption entre le cei'veau réduit et le rebord de l'os, sur tout le pourtour de la trépanation. Le tube ayant été revissé, les oscillations reparurent pour diminuer peu à peu, à mesure que se reproduit sait la hernie cérébrale (1).
Cette hernie d\i cerveau, fréquente avec des trépanations de petit diamètre, se développe fatalement et devient énorme quand on a entainé là substance cérébrale. Flourens avait déjà noté le fait et les chirurgiens savent bien que chez l'homme les pertes de substance du crâne avec lésion du cerveau s'ao- •compagnent aussi de hernie de la substance nerveuse (2).
Ayant donc adopté les trépanations de large diamètre, nous avons opéré dans deux conditions différentes : tantôt la duremère était intacte, tantôt {et c'était lé cas lé plus fréquent) cette membrane avait été préalablemen^t enlevée sur toute l'é^ tendue de la trépanation. ,
Pour explorer les mouvements du cerveau, Jé^fS^^tP-ïnère étant intacte, nous nous sommes servi soit du tube à niveau variable décrit plus haut, soit d'un tambour sur la membrane duquel était fixé un petit bouton dé liège, appareil analogue à celui qui nous a servi pour étudier les mouvements dés fôhr tanelles chez les enfants nouveau-nés.
La transmission s'opérait, comme de coutume, quel que fût le procédé employé, par un tube de caoutchouc aboutissant au tainbour à levier enregistreur de Marey. Gê mode d'inscription nous a permis de recueillir simultanément les courbes
(1) Un fait bicq paradoxal en apparence, signalé par Flourens [loc. cit.^ p. 35t), vient encore à' l'appui de notre ' explication. La ligature d*unc partie des troncs artériels' du cerveau rend les mouvements de cet or^ahe plu^ manifestes: Flourens en conclut, que ces mouvements sont surtout' soiis ïâ dépendance de l'action veineuàe. Pour nous, ce phénomè^ne s'explique par la moindre ttirgescencc <ié l'eiicéphale, dont- les voies d'apport' sanguin -sotH diminuée?. Le cerveau no s'applique plus dès lors aussi étroitement contre là vôùte crânienne, et l'œil saisit plus nettement ses déplacements. '
(2) Ô. Laugier, article Encéphale : Plaies du cerveau, Dict^ de médecine et de chirurgie prat. ..... .
CIRCULATION GAl>IIALQ-RACHIOIEN!rE. 365
respiratoire, cardiaque, c^ro^idieime, et de. déterminer,, en superposant ces^ différents tracés, les rapports des expansions et re§serr(Bments )du tissu encéphalique avec chacun d*eux ., . Les animaux, chiens et lapins^ qui ont servi à nos expé-, riences, ont toujours été préalablement anesthésiés par le chloroforme, le plus souvent associé à la morphine, d'après la méthode si heureusement inaugurée par le professeur Cl. Bernard. Quelquefois nous ayons immobilisé les sujets en expérience avec le curare, en les soumettant à la respiration artilîcielle.
ni. — Étude des oselllatlons cérébrales, en rapport avee la systole da eœar et la resplrfitioa.:^.
Nos expériences ont portée comme nous Tavohs dît, sur le lapin et sur le chien. Ce dernier animal, à cause de sa plus grande taille, donne plus nettement les deux ordres de mouvements qui traduisent les changements de la pression artérielle, c^est-à-dire les mouvements rhythmés avec le pouls et ceux qui corre&pondent à la respiration.
Voici en effet Tun des. types recueillis sur le lapin (fig. 177).
Fig. 177. — Tracé des oscillations cérébrale^, après trépanation, chez un lapin. OscilUtions
d'ôrigine'cardiaque mêlées à dés oscillations d'origine respiratoire t>lus grandes.
On reconnaît bien sur les courbes respiratoires dé petits soulèvements qui leur donnent une forme dentelée; mais il faut avouer que les petites variations, en rapport avec les systoles cardiaques, sont trop peu accusées pour qu'on en puisse faire une analyse rigoureuse (1).
Les tracés' fournis par le chien sont au contraire beaucoup
. (1) Si ces petites oscillations se lisent difficilement sur un tracé, on comprend qu'elles soient k peine perceptibles à la vue : on s'explique dès lors que Flourigns, ayant fait toutes ses cxi)éncnccs sur le' lapin, n'ait pu admettre que les mouvements liés à la. respiration^ . : . . :
plus nets; la flgiipe 178 nous en montre un- bort' exemple ;
La ligne supérieure nOns oITré le Imcé des oscillations que
nous appellerons, pour plus de commodité, Mcillatioiis céfé-
liraies. On y ohaerN* des oseHIalions rhythmées avee-le pouls
et surajoutées à des grandes ondulations respiratoires : le rap- ' port de ces dernièi-os avec les mouvements respiratoires est facile à déterminer, en ayant égard à la superposition des deux courbes : on voit que le volump du cerveau diminue pendant l'inspiration I et augmente pendant l'expiration E.
Dans l'exemple précédent, la respiralîoq est assez calme. Aussi les~\'ariations du calibre des vaisseaux enc^[>)ialiqutm produites par les systoles cardiaques sont-elles pturtaitement distinctes sur le tracé cérébral C. 11 n'en est pas de- même quand la respiration s'accélère ou devient anxieuse, quand l'anîinal crie ;. comme on le voit dans la (igure 179, les ondulations respiratoires plus fréquentes, plus brusques, sont à peine dentelées, par moments, par les oscillations d'origine artérielle.
Quelquefois, au contraire, quand les mouvements respiratoires sont lents et' peu accentués, les ondulations respiratoires disparaissent presque complètement du tracé des oscillations cérébrales, comme nous le verrons figure 183, p. iï73. On n'y retrouve plus que les variations du calibre des vaisseaux encéphaliques en rapport avec la fonction cardiaque. Nous sommes porté à croire que dans les conditions normales, chez un animal intact, la respiration étant très-cajme,, les choses
GtKCUUTlOH CépHALOrflACHIDIENHE. g0T
lioivent habituellement se passer ainsi. C'est ce que nous avons (lu reste observé déjà, en explorant la fonlanelle delTenËtiit nouveau-né. , i ■,.. ^ .;
Piip 11!). — Trieè Âes oscillMions cérébrales d'un chien, don t la respiration «si haï l'tinte (!,<'.
Nous n'insisterons pas ici sur le mécauisnie des variatiofis itevolume du cerveau dans leurs rapports ave,c les lonclions cttrdiaque et respiratoire; il ne s'agit en effet que d'un cas particulier de la i"ègle apj)licable à.tous les organes vascu^ laîres.
On trouvera dans le mémoire de François-Franck (2) ,les considérations relative^ à l'inlerprétalion de cesvariationFi Les recherches de Piégu, celles de Buisson, dp Mck, dç Mosso, de Franck, concordent Joutes à rapporter ■ les variations rhythmées avec le cœur aux dilatations et resserj'en)entç alternatifs des vaisseaux périphériques, et à présenter les courbes qui expriment ces variations comme la conséquence de la lotalisalioii de toutes ces actions partielles.
Nous ayons nous-ipéme insisté à, plusieurs reprises, dan? les pages précédentes, sur la provenance artérielle de ces oscillations: l'expérience suivante vient à l'appui de. c«è conclusions.
|<) L'animât qui a fourni c« IraciS était un chion de peUle taille, dont le cerveau se trouvait biea.plus arfats^é que .ch«2 tous les aulree suJelE de nos expériences, la surface, dos hémisphËros cérébraux n'étant point accolée à la voiite crânienne coDime cela avail lieu le plus souvent dans les autres cas. Cotte parlicularllé permit une |f r&ntle amplitude des oscillations. La teapira" tioD do l'animal étant rapide et . très-ample, les oscillations cérébrales qui en résultèrent ont donné un Irncc qui peut aussi bieil passer pour celui de la l'espiratlon elle-nicme.
Ces oscillations sont représentées par une série d'élévations, dont chacune comprend une expirotlon suivie dune inspiration, la ligne d'expiration étant i< la fois plus longue et plus oblique, la ligne d'inspiration plus couile et plus abrupte.
Sur quelques-unes des lignes d'expiration, on remarque de Irès-légères ondulatioqg d'origine cardiaque- , . . .
lî) Mémoire [ du présent volume.
i Nous lions lluiie des carotides - sui* un* chiett.' Le tracé xles oscillations suscitées, par la .systole du coôur en: est à peine modifié au moment de la ligature; au bout de quelques instants, le tracé reprend son niveau primitif.
La ligature de la carotide du côté opposé apporta une diminution plus notable ; cependant, grâce au polygone artériel de Willis, quelques minutes plus tard, les oscillations qui jetaient devenues d'abord. un. peu plus fréquentes, à la suite d'Une modification du rjiythme cardiaque, .qui- a déjà- été si7
gnalée par plusieurs auteurs, avaient repris, à peu de chose
près, leur hauteur primitive.' • :
' La ligature d'une des vertébrales amena ensuite' une df mihution considérable des oscillations* cérébi'alés; le ^cerveau* ne recevant plus de sang à ce moment que paf là dernière artère vertébrale. . . ...
Celle-ci, à son tour, fut liée" Les oscillations furent aussitôt absolument supprimées. Le cerveau était, dès lors, privé de toutes les voies normales qui lui amènent le sang (1). • «
A partir dé la ligaturé de la quatrième artère, le tracé cérébral n'offrit plus qu'une ligne horizontale, la respiration elle-même étant devenue trop faible pour traduire son influence. Quelques vagues et faibles ondulations apparaissaient bien encore de loin en loin ; leur production dépendait sans doute de modifications de la pression veineuse {V. page 28).
Quant aux rapports des grandes ondulations du tracé cérébral' avec les mouvements respiratoires,, nous: devons, en
(1) A la suite de celte opération, un lapin eût fatalement succombé. Le chien siir lequel nous opérions continua à' vivre* pendant plusieurs heures. Ce fart 'étrange de prime abord avait déjà été observé par A. Cooper {à) à la suite des ligatures pratiquées sur les carotides et les vertébrales du chien. Des résultais identiques furent obtenus par J. Ehrmann (/>>. La persistance •de la yte^'Clans ces circonstances, ne peut s'expliquer que grâce à des anastomoses existant entre la partie supérieure dès troncs liéà et les artères voisines (c). ■ ■
(a) Gazette médicale, 1838.
{b) Recherches sur raaémie cérébrale, Strasbourg, i85S, p. 36, et Des effets produits sur l'encéphale par Vohlitération des vaisseaux artériels, Paris, 1860.
[c) Ces anistomc^es existeraient entre des rameaux des artère « thyroïdiennes inrérieure et supi'heure d'une part, enlre la cervicak' ascendante et des rameaux se rattachant à la carollde externe d'autre part, d'après les résultats d'une injection pratiquée par A. Cooper. Tanum cite, de son côté, des anastomoses existant entre des branches d«s vertébrales et des branches spinales.
CIRCULATION. pBflULO-lUCHIDIIfNNK. I 3^9
raisça même des remai^nes. précédentes; le* assimiler auji coiirb^ pespiratoires de la .tension artérielle.
L'exemple suivant (flg. 180) fera bien saisir ces rapports dans les conditions de respiration ordinaire (Type thoracique).
Fit. IW. — i*. C. Prtttiaii 'caratidiêdne itée toàrbes rè^lraiolres,
. T. C, CI)«n^iacDts do vflajne.dU'ecryeaa (canrb.«s reaplrawirrs el «acdlaquei), .
R. Ttfct'ie la respirallon. .-tMièi'tecoeillissiinnlliniiiienl. — On ïOiC leslrbis Wnrli
' 4ii[ierpt)gii;s s'iMOfdcr dam Icji" dintirenti-s pliasea. Abiisseaïent te iB'lignc'dgBS H
spiralion, ilfvalioa dans reipiralloJ). - . '
Chaque abaissement des courbes de la ligne R.(respîPïition) correspond à l'inspiration. On voit en raéqiç temps, (Éminuer le volume du cerveau T C et s'abaisser la pression artérielle PC.
Mais les variations de la tension artérielle sonl-elles seules en cause dans les changements dn volume du cerveau- rhyUimés avec la respiration? Nous pensons qu'il faut aussi faire utie part aux degrés variables de réplétîon veineuse. L'expérience suivante nous permet en effet de- considérer comme évidente l'intervention veineuse.
Nous avons supprimé l'afflux du sang artériel dans le cerveau (du moins pendant quelques instants),' en comprimant le tronc brachio-céphalique, la carotide gauche ayant été liée au préalable. '
Cette manœuvre a provoqué (soit par la compression d'un tronc nerveux voisin du tronc artériel comprimé, soit par toute autre cause) des mouvements respiratoires précipites
et vielenta î or, le tracé (fig. 181) nous montre des oscillations cérébrales rhythmées aveé lés mouvemenlsr respiratoires' saccadés qu'avait provoqués la, compression du tronc brachio-eéphalîque (1) * . i . . .
Fig. i8l. — Oscillations cérébrales purement veineuses^ en rappoit pvec des mouvements respiratoires saccadés, provoqués par la suppression brusque de la circulation artérîelU' encéphalique.
Ces oscillations veineuses, subordonnées aux cliangements de la pression intra-thoracique, doivent donc évidemment entrer en ligne de compte dans les variations de pression intra-crânienne. Nous savons par les recherches successives .. dont Barry a pris Tinitiative et qui ont été depuis le commencement du siècle Tobjet de nombreux travaux (2), que
(1)[ On pourrait nous objecter, il est vrai, une compression inèufTIsante ayant permis à une certaine quantité de. sang nrtérîél d'arriver encore à Tenccphale. Nous nous sommes misa l'abri de celte critique en liant successivement les deux artères carotides et les deux vertébrales : les oscillalionë se sont produites dans ce cas avec la même intensité que dans l'expérience précédente. Liaiit ensuite les deux Jugulaires, nous vîmes les mêmes phénomènes Se produire encore, mais notablement atténués.
(2) L'afflux du sang veineux vers le thorax, et la diminution de Id pression
. carotidienne pondant l'inspiration, se. rattachent à un phénomène sur lequel Darry le premier a sérieusement appelé l'attention : nous voulons parler de
- l'aspiration thoracique amenée par la dilatation du médiast'in, laquelle dépend de l'abaissement du diaphragme et surtout de l'élasticité du poumon, qui tend toujours à revenir sur lui-même. Les effets de l'aspiration veineuse sont facilités encore, comme on le sait, par la présence des gaines fibreuses qui maintiennent béantes la plupart des veines, à leur entrée dans' le thorax. La courbe manométrique de la pression carotidienne de la figure 180 montre bien également l'abaissement de la pression artérielle déterminé par l'aspiration thoracique. Dans le cas d'inspiration très-profonde, ' la pression ' peut encore baisser d'une façon bien plus marquée. En expiration, sous l'influence de la diminution de l'aspiration thoracique {a), la pression augmente dans les artères, et le cours du sang veineux se trouve ralenti. Ainsi s'expliquent les oscillations cérébrales d'origine respiratoire, dont la monléo coïncide aVec l'expiration et In dilatation encéphalique, la descente avec Tinspiration et le retrait de l'encéphale ; ces oscillations peuvent d'ailleurs, comme nous l'avons dit, absolument disparaître, quand la respiration est parfaitement calme.
{a) D'après Donders, la pression dans le médiastin est négative, non-seulement en inspiration, mais encore, quoique' dans. anc plus faible mesure, en expiration. Cette aspiralrow, . due à rélasiicité pulmonaire, peut disparaître, sous rinfluence de grands efforts d'expiration.
CIRGCLATIOir CÉPHAtOtlACHIDIfilCNE $71
lUnspiralion constitue^ une cause d'iaccélératiôn du' courant veineux verâ les^ cavités cardiaques; l'expiration -une cauâe de ralentissement. : . ., ,
Il nous reste à signaler une modification que nous avons observée assez fréquemment, dans les oscillations respiratoires, quand la respiration éjtait à la fois large et . prolpugée.,
Tandis que dans l'a respiration ^ordinaire" et surtout dans la respiration rapide, la descente de Tondulation cérébrale correspond exactement à, Tiuspiration, sa montée se rattachant à l'expiration, il n'en est plus de même .quand les mouvements respiratoires sont larges et prolongés. Les oscillations cérébrales présentent alors un type mixte, le niveau du liquide montant au début de l'expiration dans le tube explorateur pour baisser lorsqu'elle s'achève (1). , Parfois aussi le liquide s'abaisse au commencement de l'inspiration pour s'élever à la fln de cet acte (2). •
Les oscillations déterminées par la respiration n'ont pas étéenvisegées de la itiême façon par tous les auteurs. Nous ne saurions passer sous silence, à cet égard, la manière de voir de Magendiû et d« Longet Pour ces deux illus* Xfeâ physiologistes, si le liquide s'élève ^ dans ie tube vissé aux parois du crâne, pendant Texpiration, c'est qu'une partie du liquide cérébro-spinal renlérmé dans la cavité rachidienne reflue de celle-ci dans la boîte 'crânienne sous rînlludnce du gonflement des plexus rachidiens, l'abaissement du liquide en inspiration .se rattachant à la rentrée d'une quantité correspondante de lijquide céphal{>-rachîdlea du crâne dans le rachis. ^
. Mais non-seulement le liquide sous-arachnoïdien n'alHue point da»s le crs^«e I()ps de l'expiration, mais, ainsi quo nous le verrons plus tard, une partie du liquide contenu dans la cavité crânienne se rend, à ce moment, dans la cavité rachidienne dont les parois présentant des parties extensibles.
(1) Etons ce cas, les modifications de la pression, sous l'influencederexpiratloin prolongée, sont comparables à celles qu'entraîne Teffort, modifications dont }c professeur Marey a donné l'interprétation ; Sous l'influence de la corapressiqfn subie par l'aorte, le sang est chassé vers les artères périphériques dont Ja tension s'élève et dont le débit devient par suite plus rapide. Il en résulte une diminution de volume de l'aorte qui, en se vidant, « perd de sa ten^âion élastique, de telle sorte que l'influence qui pousse le sang vers la périphérie faillit; gr^^^uellemeçt. .Le.raaximum.de tension ne se paaintient donç^pas dans les artères émanées de raor.te,.mais jl défirpît ,peji à peu, a mesure que décroît la tension des parois de l'aorte. •> (Marey, PhysioL circul. sang,, p 295.)
(2) On pourrait s'expliquer encore ces variations de pression dan3 l'inspiration prolongée. La diminution de l'écoulement artériel, pendant, cet acte, entraînerait la; réplétion, de l'aorte, qui iie peut dépasser une certaine limite, au delà de- laqu/slle l'élasticité des parois aortiques entre en jeu, pour favoriser l'écoulement artériel. A partir de ce moment, la pression des artères périphériques cesse de baisseï'. *-•-- • « -' • - - .i L.
Quand: tes oseiUations cérébrales, et par conséquent aussi la. pression artérielle, se trouvent modiflées à la fois par les deux actes respiratoires, le type mixte signalé par Einbrodl se trouve réalisé .
i 2. laflnevce exercée «nr lea ««clltotloNS cérébrales |m>' '**».*■-
En faisant respirer aux sujets de nos expériences les vapeurs du chloroforme, nous avons provoqué deux ordres de modifications des oscillations cérébrales.
Quand l'anesthésique est administré avec modération et pendant un certain temps, on voit la respiration se calmer sous son influence'et les oscillations cérébrales se rattachant â cette fonction diminuer ou disparaître complètement. Amésure que lesoscillationsprovoquées parla respiration s'éteignent, celles qui dépendent de la systole du cœur se prononcent davantage et deviennent moins nombreuses, ce qui dépend de la diminution de la fréquence cardiaque.
Les 3 figures suivantes rendent bien compte de ces modifications, .
'Mplration (Upc n]
Dans la première, l'animal pousse bruyamment et brusque^^ ment chaque expiration qui se prolonge encore pendant quelques instants. Les courbes respiratoires se retrouvent sur le tracé cérébral. Il faut noter toutefois que la
CIItCULATION GÉPHA104IACH1DIEKHB. t19
montée du liquide ne se p1\)longe pas pendant tetite là durée de l'expiration, laquelle est suivie d'une inspiratiott de courte durée. Quant aux oscillations amenées pflr l'influencé Cardiaque, elles sont très-nombreuses etcorrespondent à plus de 200 pulsations par minute.
Un peu fJus tard, sous l'inthience du chloroforme, la scène a changé totalement d'aspect, ainsi que le montre la ilgure 183. La respiration est encore lente ; mais, au lieu d'être saccadée, elle est absolument calme et se fait sans effort. L'inspiration et l'expiration sont d'égale durée. Il y a plus : les actes res-
espirniion (ligne K) il'iiii
pîratoires sont séparés par une pause d'assez longue durée faisant suite à l'expiration, pause que nous avons presque toujours retrouvée chez le chien, dans la période d'insensibilité. Le trace des oscillations cérébrales ne traduit plus l'inlluence respiratoire ; en examinant attentivement les oscillations d'origine cardiaque correspondant A l'inspiration, on remai-que cependant qu'elles offrent uiï plateau un peu- moins élevé que les antres. Ges oscillations, amenées pai* la systole du cœur, sont bien plus accentuées que dans la figure précédente; elles sont aussi bien moins nombreuses et ne'côrrespondent plus qu'à cent, pulsations par.mioute;. La fréquencecardiaque a donc diminué de moitié sous l'influence du chloroforme (1).
(l; Il Taul soigDiiuaenieDt distinguer de ces effets produits par l'aclion aaestbésique du chloroforme, ceux qu'on observe au dtbul de l'admlnistralion de Cel agent, quand il n'exerce qu'une action irritante sur les premières voies, . On sait que, lorsqu'on fait respirer brusquemenl les vapeurs du cJiloTororme à un lapin, on voit généralement se prqduire un arrSt inslantanù de la respi-