Par insufflation trachéale
C'est ce dernier mode qui est généralement adopté-dans
l'arrivée du chloral, au contact de la face interne de ses cavités. >i Cet éminent. physiologiste attire aussi l'altention sur ce fait que rinjeclion présente d'autant plus de danger qu'elle est faite plus près du cœur. Elle comporte bien piiis de ménagements chez le chien que chez Thômme, bien plus encore sur déd animaux tels que le lapin et le cochon d'Inde. Chez le chien même Une dose égale injectée par la veine cnirale ou par la jugulaire produira des accidents plus graves dans le dernier cas.
(1) C'est à ce mode que l'on a d'ordinaire recours pour ranimer les asphyxiés ou les noyés, soit en comprimant et abandonnant successivement * à elle-même la cage thoracique, soit en élevant et abaissant d'une manière rhythmée les bras du sujet, ce qui produU un résultat analogue. Lespirophore proposé récemment par le D"* Woillez rentre aussi dans ces conditions.
(2) Ce mode est pratiqué non-seulement sur les animaux, mais «encore sur les nouveau-nés n'ayant point encore respiré. ,♦..''
les laboratoireâ. C'est celiii dont nous comptons nous occuper
Dans la respiration pratiquée de la sorte, l'air est fortemen l ph>pulsé dans la trachée et les bronches, au moment de l'inspiraiien, de façon qu'il arrive dans le poumon sous pression positive au lieu d'y être appelé par l'aspiration thoracique.
' La quantité de gang contenu à ce moment dans les vaisseaux pulmonaires est moins considérable, ie sang étant pour ainsi dire exprimé en dehors de l'organe, ce qui, dans les conditions de l'expiration parle mécanisme normal, se- produit en expiration : les condilions sont donc ici renversées (1).
(llgncTIt; et iju« celui des osrllliiloiit du lipide crinien (ligne TC), sur uB diien cnrarist.
(l)G'c$lcc qu'avait déjà conslaté le D' Gréhant (a); c'est ce quo viirlfièrenl aussi Mm. Quincke eL Pfeirter (b) cilés par le professeur Hegcr (c) qui nous a donné, au laboratoire di; professeur Marey. la diimonstralion évidente du phénomène,. en établissant la respiration, sur les poumons diilachés d'un chien récemment sacrifié, non plus en se rapprochant des conditions normales, cenime il l'avait tait d'abord, mais p»/ insufllalian trachéale ; les phénomènes se trouvaient des lors intervertis.
Dans l'inspiration amenée par l 'in su (nation Irachéalc, le poumon est en quelque sorte comprimé de dedans en dehors, entre les pai'ois Ihoraeïques et
(<) Griham, Camptei rendat de IgiSteiété ie Bielogie, m«. iù) Ârehitet de du BoU-Retainid H de fttieierl. imi.
(() P. Ràger, Expérineet sur U tirculalim artificielle dans dit erganet imltt, Thïse d'ogrif. BTBirttes, (97».
CIRCULATION .GéPHAtiO-RAGHIDlENNE. 3^i
' Nous avons fréquemment observé le renversement des o&- Gillatipns cérébrales, sous rinfluence de la respiration artifi-'
cielle.Là figure. 185 en offre un exemple ,
Nous ne considérerons, pour Tinstant, dans cette figure,.que ta ligne supérieure et la ligné inférieure, dont la première correspond à la respiration artificielle. (Inspiration, ligne descendante ; expiration, ligne ascendante.) La ligne inférieure est celle des oscillations cérébrales* Laissant de côté les petites oscillations liées aux pulsations artérielles, bornons-nous à examiner les lignes ondulelises plus marquées qui correspondent à la respiration et qui nous intéressent seules, pour le moment. Nous voyons qu'avec Fexpiration coïncide la descente du liquide contenu dans le tube fixé aux parois crâniennes, Tascension de ce mémo liquide s'opérant pendant rinspirafion... C'est exâclemerîl-lc Contraire de ce que nous avions observé daiïs l'a respiraticîiv naturelle.. • • . : . ; , ' . ::
îji, 4! Inllaénee exercée sur la pi^sstoif Intrir-crânleniie par lésT - .. ekanfifenieMs d*atiitilde.' t '
' Si, après avoir trépané le/Ci*àne d'un aniinal, on modillo son attitude, en ramenant 'en situation verticale, on pbservieV tndépendammént des symptômes qui se prbduiseht.à If^lon^^ et dont nous' ne nous occuperons pas ici (1); des. phénomènes tout a fait opposés, suivant la position de la tête de ranimai. Quand elle est abaissée, on voit la dure-mère devenir rougo et proéminer à travers l'orifice crânien. Cette membrane
l'air insufflé dana les bronches. £n expiration, il reprend son volume primitif. Il s'ensuit, qu'à la suite de la diminution de la pression intra-thoraciquc. l'aspiration exercée sur' les vaisseaux qui se rendent au médiaslin est pluî< considérable pendant l'expiration que pendant l'inspiration. C'est be qu*a vérifié aussi le Di* Hosapelly (a) sur 1er cbieji, chez lequel il a constaté la diminution de la pression carotidienne et de la tension veineuse, pendant l'expiration, sous rinfluence do la respiration artillcielle. Le D^ Gautier {h) est venu récemment appeler encore l'attention sur cette inversion des rapports de la respiration et de la pression ariéi'i6Ue..
(1) Leur étude sera faite dans un trflr¥aiL qui sera publié prochainement.
, (a) Rosapeliy. Recherches sur la circulation, du foie. Thèse Paris, 1873.
' {b) Gautier, Influences mécaniques de la respiration sur la circulaiion artérielle, Thèsiv
Paris, iWO* . . ,
37B: A.-6ALATHB. * i
étapt^i^oisée et lie cçrveay mis à nu , Tefifet .paraît ^nçD!lP« biefoj.plus. proïioocé» La surface cérébrale turgescente fait. saillie, en manière de.hemie, à travers.le.trQu.de laArépaHar. lion. . ,
Dans la position inverse, la tête étant: en haut, on voit.a.uJ contraire ila, dutermère s'excaver et pâlir; de même, on peutobserver, quand cette giiembrane est enlevée, la pâleur de te surfa'ce.cérébrale, plus bu moins affaissée. Il .nous a semblé intéressant d'enregistrer les mouvements du liquide contenu dans te tubevissé à la' boîte crânienne, dans ces. deux cas. opposés, auxquels se rapporlenl les figures 486 et 187,jLies expériences qu'elles retracent ont été faites sur un chien de. forte .taille, dont la duré-mère, avait été enlevée au. niveau dé. la trépanation. L'animal était chloroformé. • . ',
Au commencement des tracés de la figure 186, Tan'imal est en positiojîhorissoritale, la respiration retentit faiblement sur le> tracé- cérébral dont les oscillations artérielles sont bien marquées. A partir du moment indiqué par une flèche, on élève Tarrièrertrain de, ranimai. Le liquide jnonte a,ussitôt dans le> tube ; il en résulte une ascension du tracé cérébral, qui présente alors un plateau avec de très-légères inflexions d'origine cardiaque. C'est. qu'à la suite du changement d'attitude rie l'animal; le cerveiau est venu faire hernie au niveau de l'ouverture, qu'il bouche à la manière d'un obturateur, le liquide cérébro-spinal devant, pendant ce temps, refluer dansleran chis.! Dès qu'on; replace l'animal dans la situation du début,; les oscillations cardiaques et respiratoires reparaissent.
Signalons encore, le rhythme respiratoire pendant laduré^ de cette -expérience. Lente au début, la respiration, de vient fréquente quand on a élevé le train postérieur de Tanimal;* elle dévient ensuite très-lente, quand -on revient à la position horizontale.
De même que tout à l'heure, le chien est horîzontalemenf placé au début ,de, réxpériencé dont les diverses phases sont reprodiiitespar la figure 487. Les deux sortes d'oscillations cérébrales sont très-nettement marquées à ce moment.
On place l'animal en attitude verticale à partir du point (qu'indique une flèchg., Aussi tôt le Hquide baisse notablement dans le tube crânien : une descente considérable du tracécé-
CIRCULATION CÉpliAI.Q-RlCHlDIENPJE.
3BD A. BkLàXHÛi. ■ ' -' '
lilél^ral trrt est la conséquences Le liquidé remonte el Id 'trace "^ sjé^éve, dès qu'on rencl à Tanimal sa situation preniièrâ^ . Pendant tout ce temps, les oscillations provoquées paries inâuences cardiaque et respiratoire n*ont cessé de se manifester, la respiration étant devenue deux fois plus lente, quand k iéte de Tanimal était élevée^
Avant de quitter ce sujet, nous croyons devoir faire remar-
: quér que les modifications des osoillations cérébrales^ à la
.suite des changements d'attitude, rappellent absolument celles
que nous avons déjà constatées, en explorant la fontanelle du
nouveau-né.
B. --^ Trépanationê pratiquées au rachis..
' Pour nous rendre un compte exact du mécanisme des
: mouvements du liquide céphalo-rachidien, nous avons prati-
* quéà diverses reprises, indépendamment des trépanations crâ-'
niennes, des trépanations sur le canal rachidieu, tantôt au
niveau de la région lombaire, tantôt à celui de la région
cervicale (1),
Les développements dans lesquels nous sommes entré au
sujet des expériences dans lesquelles le cerveau avait été mis
à nu, nous permettront d'être très-bref dans la description des
phénomènes constatés dans le cas où une couronne de trépan
. avait été appliquée sur l'une des vertèbres*
De même qu'au crâne, nous adaptions à Torifice rachidien
un tube de verre approprié et nous y versions du liquide,
' lequel offrait une série d'oscillations absolument comparables
à celles que nous avons étudiées jusqu'ici* Ces oscillations,
. ordinairement moins prononcées qu'au crâne, étaient encore
(t) La trépanation d'une vertèbre est toujours une opération assez délicate qui provoque souvent une hémorrhagie. considérable^ Après la section des . .parties molles^ on enlève l'apophyse épineu^ëjde la vertèbre choisie, au raoyen -de sécateurs ou de daviers appropriés. Oh procède ensuite à la trépanation de l'os* Nous avons appliqué des couronnes de trépan de 6 à 7 millimètres de diamètre, nous servant, dans ce but, de l'instrument du D' Garrigou-Desârëneâ, destiné à pratiquer la térébration de Tapophyse mastoïde* A l'oriHcd ainsi obtenu^ nous adaptions un tube de même diamètre Axé au moyen d'une garniture métallique munie d'un paS-de-yi;s.
CIRCULATION AÉP9^0-,aACHIDIENNB. S8t
dedeux Ordres, se rattachant les unes a te respiration,* le« autres aux systoles ca)pdiaqu6s (1), ^ ; . :
Les oscillations cardiaques et même les oscillations respiratoires observées au rachis nous paraissent liées surtout aux variations du volume de l'encéphale, l'excès dïi sang qui pénètre en expiration et à la suite de la contraction du cœur dans la boîte crânienne amenant le départ d'une quantité correspondante de liquide céphalo-rachidien, qui reflue dans la [cavité du rachis, pour rentrer dans le crâne quand les vaisseaux intra-crâniens reviennent sur eux-mêmes.
Nous essayerons de justifier cette opinion, dans la deuxième ^partie de ce travail.
Bornons-nous .actuellement à dire que les oscillations du liquide cérébro-spinal' ont présenté au ^rachis les mêmes caractères qu'au crâne, le liquide s' élevant en expiraration, s' abaissant en inspiration, ce rapport étant interverti par la respiration artificielle- En un mot, tout ce que noui» avons dit au sujet de nos premières expériences peut s'appli* quer aussi à celles-ci. Nous donnons à l'appui quelques-uns des tracés que nous avons recueillis dans ces conditions.
La ligne inférieure de la figure 188 reproduit le tracé des os-* cillations du tube fixé au rachis. Les modifications du niveau du liquide dépendant de la respiration sont représentées par des ondulations étendues dont la montée correspond à l'expia
(1) Les osei Hâtions commandées par la respiration peuvent s'expliquer en partie par les modifications de calibre des plexus Intra-rachidiens, qui s^ gonflent en expiration, pour diminuer de volume en inspiration.
Quant aux oscillations rhythmées avec le cœur, on pourrait les attribuer à des- modifications de volume de la moelle dépendant de Taugmentàtion de calibre de ses vaisseaux artériels, si l'on ne se rappelait que ces vaisseaux Soni de très-faible importance. La pie-mère offre du reste autour de la moelle une structure fibreuse très-serrée, toute différente de celle" qu'elle affecte à l'encéphale; cette structure s'oppose encore à des mouvements ^marqiiës de dilatation. Aussi tous les auteurs s'accordent-ils à nier aujourd'hui les mouvements de la moelle, qui ont été jadis soutenus, et qu'on confondait avec ceux du liquide Sous-arachnoïdien.
Nous ne prétendons pas toutefois qu'une turgescence très-faiblè, et qui échappe à 1& vue, ne puisse avoir lieu dans la moelle, aussi bien que dans tous les autres organes non rigides de l'économie; mais elle doit être si restreinte, que nous ne pouvons la cohsidérer, pas plus que l'augmentation de calibre des autres branches artérielles très-peu développées que renferme le canal rachidien , comme la cause principale des oscillations en question.
SAS .*.::: Ai, UiATOË. '
ration,'lfl.âesoerttéà l'inapiratidn, ainsi qrfôn.jïeui lp:e(ftêlQter, en se reporlant au tracé de là respiraHon siljic aûHîleasus du prteétJêht-- " ; ' ' - ■' '
fit- Ita.— Tritc dm Dsrnikli»!
ludépcudammeut dci^ on^ntatiwia respivajoireà. on. obsefve de petites andldatÎQns qui y ponl.aUrfy'oUtêeîi et nffii coincldenl avec .les pubatipns aptérielles. ■*!,;-.
Les deux sories .d'oscillalions soiU .peu accusées dansxe tracé; mais il ne faut pas perdre de vue que nous avons: créé en quelque SQrle un trou de conjugaison arliftcîél, et que,iautantqu'il esl permisd'onjugcr.les autres trDusdj5:conjugftis6n doivent continuer à remplir leur. office, une certaine tjuàiitilé de graisse tluide s'écJiflppanl facilement à travers ces orifices, à chaque augmentation de la pression intra-rachidiennc. Ainsi «'explique, oroyons-nous,. le peu d'funpleurdes ^spi^llatîoHs que nous venons d'analyser.' ■ ■ ■ '■ ■
L'expérience préOét|ento portait sur lino trépanation' ôiiéWe sur, l'une des vertèbres lombaires, L^s'iracés de la figure, 18U ont été recueillis stir un animal dont l'axiS avait été trépané. Les oscillations furent bien plus pi-oiioricçes, dans ces circonstances. ■ ■ 1 ; .
La courbe respiratoire dont le tracé a été obtenu, à l'aide du pncumogi-àphc, appliqué sur lés parois abdoiniiiàles, présoatc.ceci de particulieri que non-seulement la i'espirfttioii, mais encore les Jmtiements dti ca-ur s'y Irolivent indiqués.
L'inspiration no délérmine, dans le' tracé, cérébràf, qu'un abaissement insignilianl ; l'expiration qui la suit provoque une ascension plus nolable. - : .
I, AT ION CÈPHAl.a-RACHlDlEI»Nl!;,
.384 A, ©AIATIHSt
:Li' fîgure 190 nous montre enowele Ken-étroit tpnmjAett^
les oscillations du liquide sbus-arachnoïdien aux modificationif respiratoires..
Le tracé supérieur, celui de la respiration offre un rhythme tout spécial, chaque expiration présentant une série de res^ sàûls dont l'amplitude va en diminuant, ce qui tient à cç ([ue la phase expiratoire est entrecoupée par une série d'aboiements.
Nous retrouvons la trace de cette particularité dans le tracé (les oscillations du liquide céphalo-rachidien, à la région lombaire, Chaque ondulation dépendant de l'acte respiratoire présente en effet dans sa période d'ascension, c'est-à-dire dans ('.elle qui correspond à l'expiration, quelques petites ondulations qu'il ne faudrait point rattacher à l'influence cardiaque. Vient-on en effet à replacer l'animal sous l'influence du chloroforme, aussitôt on voit la respiration se régulariser peu à 4)eu; les aboiements cessent et les petites ondulations que nous avons signalées disparaissent avec eux,
<^, "— Trépanatiom pratiquées simultanément au crâne
et au rachis.
En appliquant des couronnes de trépan, à la fois au crâne et au rachis, nous avons toujours constaté le synchronisme des mouvements, ou pour mieux dire des oscillations du li- ((uide céphalo-rachidien, On ne saurait donc admettre qu'il y ait antagonisme entre les phénomènes qui se passent dan^ la cayité crânienne d'une part , dans la cavité rachidienne d'autre part,
La coïncidence des ondulations respiratoires au crâne et au rachis s'observe bien dans la figure 185, p, 376, On y voit (jue dans le tracé crânien, aussi bien que dans le tracé rachidien, la courbe s'élève pendant l'inspiration, s'abaisse pendant l'expiration, ce qui devait être, l'animal étant soumis à la respiration artificielle, laquelle entraîne, ainsi que nous l'avons exposé, le renversement des phénomènes ( V, p, 375),
Dans la figure qui suit, on peut mieux observer encore la coïncidence des variations de niveau dans les tubes fixés au crâne et au rachis, La trépanation avait porté sur l'axis,.
ClHr.ULATIO.t CEPHALO-HAC^miENIIB.
' Les tracés des ondulations crâniennes' et raçhidiennes liées ■ à la respiration sont Irès-nets et sensiblement parallèles. Quant aux oscillations d'origine cardiaque, elles font absolument défaut dans le tracé inférieur, et sont peu mai-quées dans le premier.
Nous ne multiplierons pas davantage ces exemples, qui ne pourraient que confirmer les conclusions, çle la partie précédente de ce travail. Aussi n'insisterons-nous pas, nous bornant à attirer spécialement l'altention sur l'importance du synchronisme des oscillations observées à la fois au crâne et an raeliis.