DEUXIEME PARTIE
De la circulation dans la cavité céphalo-rachidienne , jles parois crâniennes éta^t inextensibles.
Après la première enfance, les fontanelles s'étant ossifiées, la boîte crânienne est close par des parois rigides, incompatibles avec des modifications de contenu, dans son intérieur.
Dans ces conditions, des variations en plus ou en moins de la quantité de sang que contiennent la cavité crânienne en général et Tencéphale en particulier sont-elles possibles? Peuvent-elles s'effectuer, comme dans le cas où les parois crâniennes ne sont pas entièrement rigides, c'est-à-dire dans les conditions où nous les avons étudiées précédemment, chez l'homme et les animaux?
Telle est la question que lious allons examiner , question d'une haute importance,' attendu que, suivant la conclusion à laquelle on aboutit, on arrive à admettre ou à rejeter la possibilité de l'anémie et de la congestion cérébrales.
L'existence de ces états opposés du cerveau, et par conséquent des modifications de vascularisation cérébrale, n'avait jamais été mise en doute, ni même agitée, quand surgit la proposition qui a reçu le nom, dans la science, de théorème de Monro-Kellie (1).
(1) Si, à l'exemple de Jascoud (a) on inlerprëte les vues des deux auteurs
{a) Jaccoud, Pathologie interne, t. 1. Coiigeàlioii eért^brale, et Dict. de méJ. et chir, pratiques, article encéfiiale.
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Celte théorie fut généralement adoptée (1), aussi bien en France, où nous la trouvons soutenue par Rocheux (2), qu'en Angleterre, où nous voyons Clutterbuck nier la possibilité de congestion et d'anémie du cerveau, et proclamer en conséquence rinutilité de la saignée, dans les cas où Ton croyait avoir affaire à la congestion de cet organe.
Les expériences deKellie, âur lesquelles s'étayait sa théorie, furent reprises par Burow, qui arriva à des conclusions tout à fait opposées (3).
Plus décisives encore ont été les expériences dans lesquelles on a pu observer directement, au moyen d'une fenêtre adaptée aux parais crâniennes, les modifications du calibre des vaisseaux encéphaliques pendant la vie.
Cette méthode, instituée par Donders (4), lui a permis de constater des variations notables de réplétion des vaisseaux
qui ont donné leurs noms à celte théorie, en disant que la quantité de lifmde renfermé dans la boile 'crânienne demeure invariable, en vertu de la résistance des parois crâniennes et de l'inoompressibilité presque absolue det liquidés» cette proposition demeure inattaquable. Il n'en est plus d« méque, si c'est la quantité de sang contenu dans le brâne, dont ils ont voulu affirmer l'invariabilité. Et c'est bien ainsi qu'il faut envisager la question. Gomment comprendre autrement VafÛrmatioQ . de Monro qui veut que le cerveau renferme toujours la même quantité de sang, pendant l'état de senté^ pendant la maladie, après ' la mort? Comment comprendre surtout les conclusions des expériences de Kellld, fondées sur l'abisence -de congestion cérébrale observée par lui cbez des penduç^sur Tabsence d'anémie cérébrale chez des animaux qu'il avait fait périr par hémorrhagie, sur la similitude de l'aspect du cerveau qu'il constate après la mort, chez des animaux suspendus les uns par les oreilles, les autres par les pattes postérieures?
'*'(!) La plupart. de ses partisans admirent cependant la possibilité de variations inverses de la quantité du sang artériel et veineux contenus dans le crâne, le sang veineux diminuant proportionnellement à l'augmentation du sang artériel, et réciproquement.
(2) Rochoux, Recherches sur l'apoplexie, Paris, 1838,
(S) Le cerveau fut trouvé anémié chez les animaux suspendue par les oreilles, tandis qu'il offrait de la congestion chez ceux qui avaient été suspendus la tête en bas. Il est vrai, qu'en appliquant à ces animaux, avant de les dépendre, une ligature serrée autour du cou, Burow se mit à Tabrî des causes d'erreur qui. avalent dû fausser les réauitatd obtenus par Kellie. En agissant de la* aorte, il évitait les modifications de réplétion sanguine des vaisseaux encéphaliques qui pouvaient se produire en position horizontale. Ces expéneoca» ont été repétées et variées par d^autres expérimentateurs, avec les mêma» résultats.
(4) Donders, Die Bewegungen des Gehîrns. Nederl, Lancet, 1850.
CIRCULATION^ OBPHALO-RAGHIDIENNS. '9bS
éncîéphaliqms, (fui ont été confirmées par les exp^îences classiques ' de Kussmauî et Tenner et par celles de J. Ehr- -^manh qui sont censignées dans son remarquable travail sur raBémie cérébrale (1).
Cependant, et ce résuUat parait de prime-abord contradictoire; si ces auteurs ont tous observé des changements de calibre des vaisseaux cérébraux, ils s'accordent tous également à noter TabsencG de mouvements du cerveau.
Sous ce dernier rapport, ces expériences venaient prêter en- ' cbre leur appui à celles de Bougougnon.
On n'ignone pas que, pour sa thèse inaugurale soutenue en 1839, cet autéùf fit des expériences devenues classiques, pour vérifier l'opinion émise a prio^ri par Pellelan, d'après lequel rinextensihîlité des parois crâniennes, après leur ossification complète, devait apporter un obstacle absolu à la production des mouvements cérébraux, dont l'existence chez l'adulte avait déjà été mise en doute par Hallér, Lorry, Deschamps, etc.
Bourgougnon, après avoir vissé un tube muni d'un robinet au crâne d'un chien, et après l'avoir rempli d'eâu purgééd'air, jusqu'à une certaine hauteur au-dessus du robinet, constata les oscillations du liquide et les mouvements de la grande branche d'un levier coudé qui se mouvait autour d'un àxe horizontal, et dont la courte branche était terminée par une petite plaque reposant sur la dure-mère ou le cerveau. Le robinet étant fermé, il n'observa plus les mouvements du liquide, chose très-naturelle, par suite de l'incompressibilité des parois et du liquide; qui ne pouvait s'abaisser au-dessous dû robinet que s'il se produisait un vide, ce qui n'est point admissible. . ^
Ce n'est toutefois que de l'absence de ces oscillations qu'ont parlé la plupart des auteurs qui ont discuté les expériences de Bourgougnon i Bien plus importante, cependant, était l'absence des mouvements communiqués au levier.
Si les conclusions que tire l'auteur de ces expériences sont exactes, on en comprend toute la gravité, car nier les mou-
(1) Ces résultats ont encore été confirmés par les expériences d'Ackerrnann et de Leyden.
991 A. SALhTflé*
vements cérébraux, c^est afllrmer, sous une autre forme, la proposition de Monro-Kellie, les variations du contenu vasculaire d'un organe devant fatalement amener des moàiSfist" lions de son volume, comme le prouvent avec évidence les expériences modernes sur les diangements de volume des organes, dans leurs rapports avec la double influence cardiaque, e| respiratoire.
Cependant, il n'est point douteux que les observations do Bourgougnon ne soient exactes ; il n'est pas moins vrai, comme nous l'avons vérifié nous-méme , qu'en vissant .ime fenétre^ aux parois, crâniennes, on n'observe pas de mouvements du cerveau. Comment comprendre alors des modifications du contenu vasculaire encéphalique?
Faut-il admettre uniquement avec Bourgougnon, dont l'opinion a été reprise il y a peu de temps par Navalichin (1), des modifications de la tension de l'encéphale, opinion qui est à rapprocher de celle de Longet, pour lequel le cerveau change, non de t)o/ume, mais de ma<«e, c'est-à-dire de densité, si nous comprenons bien cet auteur?
La manière de voir de cet éminent physiologiste nous étonne d'autant plus que, quelques pages auparavant (2), il admet des mouvements du liquide céphalo-rachidien refluant en expiration du rachis dans le crâne, pour rentrer en inspiration dans la cavité rachidienne, de telle sorte que, nonseulement le cerveau ne pourrait se dilater en expiration, mais qu'il serait encore comprimé, à ce moment, parle liquide cérébro-spinal affluant du rachis.
A l'exemple de Richet, de Béclard et de plusieurs auteurs , nous sommes bien plus porté , malgré les expériences en apparence contradictoires, à admettre chez l'adulte l'existence, de mouvements cérébraux, disons mieux,
(1) Nous avons reçu récemment, grâce à l'obligeance du professeur Dogiel, un mémoire pusse du D^ Navalichin, de Kazan, sur la « Tension du cerveau el ses rapports avec la circulation ». M. de Tarchanoff a bien voulu nous donner la substance de cet ouvrage et nous en traduire les conclusions. Nous regrettons que l'auteur qui avait fait communiquer la boîte crânienne avec uu manomètre inscripteur nVit pas reproduit les tracés des oscillations déterminées par la circulation et la respiration. Son travail conclut à une dépendance réciproque de la fréquence cardiaque et' de la tensrion cérébrale. Longet, Jùc. cit», t. III, p. 285.
d'une : expansion et d'un retrait; alteKKatifs de l'encéphale, plus bornés sans do^te que dans le cas où. le crâne est ouvert.
Quelcfues considérations aoiit ici nécessaires pour justifier notre dire et pour. permettre de comprendre les expériences que nous venons de citer .
La boîte crânienne ne pouvant s^e dilater, son contenu e^t par là même immuable. Envisagée delà sorte, la proposition de Monro-KelUe peut encore être soutenue aujourd'hui. Mais il ne faut pas perdre de vue que la cavité crânienne renferma, indépendamment du sang, un autre liquide dont on ne tenait point compte, ne le connaissant paa, â.r:époque où les expérimentateurs anglais émirent leur théorie, nous voulons parler du liquide céphalo-rachidien.. Or, tout en admettant la constance de la quantité du liquide contenu dans le crâne, il est permis d'admettre que la quantité de liquide sous-arachnoïdien diminue, à mesure que la quantité de sang augmente, et réciproquement.
A cet égard, le rôle du liquide cérébro-spinal est capital, son reflux du crâne vers le rachis permettant à une plus grande ijuantité de sang de pénétrer dans les vaisseaux intracrâniens, dans les vaisseaux encéphaliques en particulier. Mais ce flux et ce reflux du liquide céphalo*rachidim du crâne dans le rachis, et réciproquement, est-il possible? Les dimensions du trou occipital, comparées au diamètre des parties qui le traversent, tendent à le prouver.
Les preuves directes ne manquent pas du reste. Nous citerons les suivantes, qui nous paraissent irréfutable^ :
1 ® En pratiiquànt une trépanation, à la région lombaire d'un cadavre placé verticalement, et respectant les méninges, on voit celles-ci proéminer fortement, dès le moment où une ouverture faite à la voiite du crâne permet au cerveau de s'affaisser et à une partie du liquide contenu dans la boîte crânienne de refluer dans, le rachis. Ce passage du liquide n'a pu s'opérer que par le f rou occipital ;
2"* En comprimant la tumeur formée par un hydrorachis^ on provoque un reflux inverse de la cavité rachidienne vers le crâne, lequel est prouvé par la tension que présentent les fontanelles, qui bombent fortement à la. suite, de cette manœuvre:
t^t) A, SALATUB.
3* Après avoi^ trépané le crâne et le raehîs d-an animal^ mort ou en vie, nous adaptons aux orifices ainsi obteni|s deux tubes dé verre, dans lesquels nous versons du liquide ; nous faisons alors varier Tattitude de ranimai, amenant en haut, tantôt sa tête, tantôt son arriére-train. Dans les deux cas, nous voyons se produire un phénomène analogue, le liquide baissant notablement dans le tube le plus élevé, s'élevànt dans le tube situé plus bas : ce sont de vrais va$es communiquants;
4"" Laissant Tanimal en position horizontale, nous soufflons dans Fun des tubes : aussitôt, le liquide monte dans le tube opî)Osé. : . • » .
Ces diverses expériences nous semblent décisives, et nous en concluons que le trou occipital permet un libre passage au liquide céphalo-rachidien.
La quantité de sang reçue par le cerveau étant plus considérable à la suite de la systole cardiaque, une quantité de liquide cérébro-spinal correspondant à Texcès sanguin doit abandonner au même moment la boîte crânienne, pour se porter dans la cavité rachidienne.
De même, les vaisseaux intra-crâniens renfermant plus de sang, à la suite des fortes expirations, de Teffort, etc., le
. liquide sous-arachnoïdien reflue également , sous cette influence, dans la cavité rachidienne, pour revenir dans le
^crâne, à l'inspiration suivante.
Suivant Texpression du professeur Richet, « le canal rachidieh doit être regardé comme le tuyau d'échappement, au mqyeji duquel s'effectuent ceg oscillations antagonistes du sang et du liquide céphalo-rachidien, sans lequel elles eussent été impossibles. » Ces oscillations peuvent s'effectuer grâce à l'existence dés plexus rachidiens, éminemment compressibles, que Kùss, notre maître regretté, assimilait à une « soupape de sûreté », grâce aussi â l'existence du tissu cellulo-^dipeux existant dans le rachis autour de la dure-ftière, ' lequel peut refluer en dehors du canal, par les trous de conjugaison, sous l'influence de l'aftlux du liquide céphalo-rachidien, dans la cavité du rachis. , ; ,
Si l'on pratique au crâne une ouverture artificielle, on crée
CIRCULATION CÉPHALO-RACHIDIBNNE. 891
de la sorte un orifice qui montre aux yeux ce qui se passedans .un crâne fermé, au niveau du trou occipital. .
A chaque systole, à chaque expiration, le liquide s'élève . dans, le tube vissé à cet orifice, de même qu'il reflue normalement par le trou occipital, dans la cavité rachidienne, .
L'expérienjce de Bourgougnon ne nous parait pas contraire , à; cette théorie, et nous nous expliquons rimmobilité du levier daixs les conditions o^i elle a été. obtenue. ■ ^^ ,
^Dfitnsrétat normal, en effet, le oervçau appuie contre là votite crânienne, dont il est séparé par les méninges et une couche à peine appréciable du liquide céphalorfac]iidien,. dont la plus grande partie est située à la base de l'encéphale, aux endroits nommés confluents antérieur et postérieur de ce. liquide. L'encéphale, devenant plus turgescent, ne peut dès ipr3 offrir ià sa partie supérieure qu'un mouvement de glissement, une dilatation effective n'étant possible q^e dans les régions inférieures - de l'organe, régions baignées dans .un liquide qui. peut facilement s'échapper par le trou oçcipita]. qui touche le confluent postérieur.
Cette conception n'est pas seulement une vue de l'es- • prit. Nous l'avoué vérifiée à l'aide de. l'appareil sqhér . matique que représente la figure 192 et que nous ayonsdécrit page 385. En fermaiit le robinet qui surmonta le, tube fixé à la partie supérieure, de l'appareil, et imprimant, au cœur artificiel, une série de .contractions rhythmées, nous" voyons le ballon remplissant . le . rôle d'encéphale ar- • river au contact de l'orifice inférieur du lube assimilable ^ au tube d'exploration vissé au crâne des animaux. Dès ce moment,. la. petite portion de surface du ballon circonscrite par le rebord de ce tubedemeure immobile, et cependant le ballon lui-même se dilate et revient -sur lui'mémje successivement, ,suivant .que . nous comprimons ou que npus .abandon- . nons à elle-même la poire de caoutchouc qui. représenj^e le . cœur.; • . ' . .
Dans ces . conditions, où , reflue le liquide qui entoure le ballon à paroi& dépressîbles, liquide- renfermé lui->méme dans . le ballon en, verre, ..dont les parois sont inextensibles? Il sîéchappé dafxs le tube qui rempht l'pffîce de déversoir rachidien, ainsi qu'en témoignent Jes. pulsations de l!ampqule
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terminale, pulsations synchrones aux contractions ' de Tampoule ventriculaire et aux dilatations du ballon représentant le cerveau.
Ouvrons-nous le robinet, aussitôt les pulsations rachidiennes cessent , et les oscillations reprennent dans le tube d'exploration , où elles se produisent plus facilement, n'ayant p^ à vaincre l'élasticité du tube rachidien et de son ampoule terminale ; en même temps, la surface du ballon s'approcjbe et s*éIoi* gne alternativement un peu de l'orifice inférieur dil tube explorateur. C'est identiquement ce qui se passait dans les expériences de Bourgougnon .
L'absence des mouvements, constatée dans les expériences dans lesquelles on pratique une fenêtre aux parois crâniennes^ absence qui semble paradoxale, puisqu'elle coïncide avec de» wùSSkaÊÉsms visibles du calibre des vaisseaiix encéphaliques; s'explique de ■én&. D^SkS toutes ces expériences on voit le cerveau immédiatemwil mosàà au verre. C'est qu'en effet, dans le crâne, dont le» {Munoîs sont absolument rigides, la surface des hémisphères vient «i. eaàtact de la voûte crânienne sur laquelle l'organe prend en qo^epu» sorte son point d'appui, son augmentation de volume se tradlaisàM au sein du liquide qui baigne sa base, c'est-à-dire terégfioii qui présente les vaisseaux les plus considérables, ceux dont la pulsation est la plus active.
Ces expériences, qui d'abord semblent absolument incom* patîbles avec la production de mouvements d'expansion et de retrait de l'encéphale, par conséquent aussi avec la possibilité de variations dé contenu valsculaire de cet organe, n'infirment cependant nullement la réalité de ces phénomènes qui, ainsi compris, replacent dans des conditions moins opposées la circulation encéphalique chez le nouveau-né et chez l'adulte, les trous de conjugaison remplissant l' office de fontanelles chez ce dernier.
Concluons en disant que les phénomènes que nous avons analysés dans la première partie de ce travail se rencontrent également, atténués peut-être, chez l'homme et les animaux dont lés parois crâniennes sont complètement ossifiées.
Les vaisseaux contenus dans le crâne, ceux de l'encéphale en particulier, peiévent donc être le siège de modifications de calibre
GIRCULiLTION CBPHALO-RACRIDEENNE. 3^
entrainànt^ grâce à rextensibilité des parois du rachis, des changements de volume de l'organe lu^méme, qui ne se sépare point,, à cet égard, des autres organes de l'économie.
CONCLUSIONS
1. Les modifications de calibre des vaisseaux encéphalique^ sont la cause du phénomène auquel on a donné le nom de mouvements du cerveau. Ces variations du calibre vasculaire sont liées à Tinfluence cardiaque et respiratoire; ettftif entraînent des changements rhy thmés du volume de Tencéphale, dont la turgescence augmente et dinuime tour à touf.
2. Les mouvements du cerveau peuvent être directement observés dans le cas où la rigidMé des parois crànienijes n'est pas absolue, c'est-à-dire dbez le nouveau-né, dont les fontanelles ne sont pas &aeere ossifiées, dans de nombreux cas morbides amenant vta ramollissement ou une perte de sub-
^ stance de la vo€Ke crânienne; enfin, à la suite de la trépanation pratiquée ter Fhomme ou sur les animaux.
3., Diatls ces diverses circonstances, on peut obtenir, au moyen de procédés graphiques, les tracéç décos mouvements. C'est sur eux que s'appuient les conclusions suivantes.
4. La systole cardiaque traduit seule son influence sur les battements de la fontanelle antérieure de l'enfant, pendant l'état de calme parfait et pendant le sommeil. L'enfant étant agité, et la respiration plus prononcée, celle-ci influe à son tour sur les battements de la fontanelle, d'autant plus qu'elle s'accentue davantage.
5. Quand la respiration est profondément modifiée par d^s actes tels que l'effort, les cris, la toux, le bâillement, l'éternuement, la succion, les battements de la fontanelle con^cordent avec lés modifications, respiratoires dont les effets sont parfois
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exagérés, au point de dissimuler absolument. Finfluence car—» diaque, .j
6. La tension de la fontanelle varie avec l'attitude de Teiir fant : elle est d'autant plus prononcée que la tète se trouve portée plus bas.
7. Chez Tadulte, dont la rigidité normale des parois crâniennes a disparu, on constate que ce n'est que lorsque la respiration est exagérée, ainsi qu'il arrive lore des efforts, qu'elle exerce une influence sur les mouvements cérébraux, qui dépendent uniquement de l'influence cardiaque, quand la respiration est calme.
8. Quand on adapte au crâne d'un animal trépané un tube contenant un liquide, on voit celui-ci présenter des oscilla-
lions qui traduisent lés mouvements d'expansion et de retrait de l'ericéphale. Leur inscription montre qu'elles sont de ria- ture double, et qu'elles se râttàchetit, les unes à la respiration qui déterminé dès modifications de réplétion artérielle et veineuse, les autres' à l'augmentation du calibre artériel liée"' à la systole cardiaque. Ces dernières donnent un tracé àssi-. milable à celui du pouls.
9. Les oscillations d'origine respiratoire, d'autant plus accusées que Tanimal est moins calme, peuvent arriver jusqu'à voiler les oscillatiotis d'origine cardiaque, qui paraissent en • général d'autant mieux que les oscillations se rattachant à la ' respiration sont moins prononcées.
10. Les oscillations dépendant de la respiration peuvent: s'éteindre complètement dans la période d'insensibilité amenée par les anèsthésiques. ■ -
H. Les anèsthésiques administrés brusquement à un animal peuvent provoquer leur disparition momentanée, par suite d'un arrêt respiratoire.
t 42. La respiration artificielle renverse le mode de production des oscillations du liquide, qui, normalement, s'élève en expiration et s'abaisse en inspiration. - .,.;.'-
13. Les changements du niveau du liquide, sous l'influencedes variations d'attitude, permettent de constater J'augmentation notable du volume encéphalique, quand on abaisse la tète de l'animal, sa, diminution, quand on l'élève. • /^ -
14. Le crâne étant <)ii vert, les oscillations ^font parfois dé- .
CIRCULATION CKPHALO-RACHIDIENNE. 401
faut, le cerveau faisant hernie et bouchant T orifice de trépa-» nation, auquel cas le liquide céphalo-rachidien retlue dans Iq rachis.
15. On peut vérifier ce phénomène au moyen d'un appareil schématique approprié, lequel permet également de reproduire les deux sortes d'oscillations signalées.
16. Ces oscillations peuvent encore être déterminées sur le cadavre, par la respiration artificielle et Tinjection de liquide dans les carotides.
17. En pratiquant une trépanation au rachis, on observe des oscillations de même ordre qu'au crâne.
18. Les oscillations d'origine cardiaque et respiratoire, observées simultanément au crâne et au rachis, sont synchrones.
19. La quantité des liquides contenus dans un crâne complètement ossifié est toujours la même; des variations inverses se produisent toutefois entre la quantité du sang et la quantité du liquide céphalo-rachidien, qui, grâce à l'extensibilité partielle des parois de la cavité rachidienne, peut refluer dans celle-ci quand le volume encéphalique augmente, pour rentrer dans la boîte crânienne, quand il diminue.
20. La rigidité de la boîte crânienne n'empêche pas la production de changements de volume de V encéphale, auquel s'appliquent par conséquent aussi les résultats observés dans le cas où les parois crâniennes ne sont pas inextensibles.