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CHAPITRE III

MODIFICATIONS DE l'ÉLASTICITÉ MUSCULAIRE SOUS l'iNFLUENCE DES SECTIONS NERVEUSES ET DES EXCITATIONS ÉLECTRIQUES.

1* Influence de lu section du nerf et d'une excitation

unique.

On sait que la section est un moyen d'excitation pour les nerfs, et que la section d'un nerf moteur ou mixte s'accompagne toujours d'une secousse musculaire. Ce fait est connu de tous les physiologistes et nous n'avons pas à y insister ici. Seulement, dans un certain nombre d'expériences, nous avions remarqué que le muscle, après s'être contracté sous l'influence de la section nerveuse, ne revenait pas ensuite à sa forme primitive, à moins qu'il ne fût tendu par un poids supérieur à 10 grammes en moyenne. ^ ,

Nous nous étions demandé si cette sorte de rétraction du muscle consécutive à la secousse provoquée par la section du nerf, était due à la suppression de l'influence nerveuse, ou à la secousse elle-même.

Déjà Carlet, dans une note présentée à l'Académie des sciences le 19 mars 1877, avait signalé que les muscles d'une patte de grenouille dont le nerf vient d'être sectionné présentent une sorte de contracture plus ou moins durable. Selon lui, ce phénomène t serait dû à la mise en jeu, par la section, de l'excitabilité du nerf. » Pour Carlet, par conséquent, le raccourcissement auquel nous faisons allusion est l'effet d'une force active et non d'une paralysie.

Il nous a semblé que la question pourrait être définitivement jugée par la comparaison des phénomènes consécutifs à la section nerveuse avec ceux que l'on obtient en portant une

BXCITABILITB BT BLASTICITt MUSCULAIEBS. 169

excitation directement sur le nerf. Si, sous rinfluence de cette excitation, le muscle reste raccourci après avoir donné une secousse, il est logique d*en conclure que, lors de la section du nerf, le raccourcissement musculaire est Teffet direct de Texcitation provoquée par cette section.

Or, Texpérience donne raison à cette opinion. Non seule* ment, après une excitation électrique, le muscle reste raccourci, mais il existe même un rapport direct entre ce rac-^ courcissement et le degré d'intensité de Texcitation.

D*un autre côté, si on répète Texpérience sur une grenouille curarisée, la section du nerf ne s'accompagne plus de secousse musculaire et le muscle conserve sa même longueur. Mais alors, une excitation électrique portée sur le muscle curarisé détermine une secousse, plus faible, il est vrai, et suivie de raccourcissement.

Enfln, si, par le tâtonnement, on arrive à provoquer sur un muscle sain une secousse exactement de la même intensité que celle causée par la section du nerf, le raccourcissement consécutif aux secousses est identiquement le même dans les deux cas.

Ainsi, pour nous résumer, un muscle, sous faible charge et soumis à une excitation (induit de rupture — section dû nerfjy ne revient pas complètement à la forme dont il a été écarté par cette excitation; et ce raccourcissement est dû uniquement à l'effet de cette excitation.

Ce résultat, croyons-nous, doit être attribué à une modification de l'élasticité musculaire.

Pour nous en assurer, nous avons étudié les allongements que des charges égales font subir au muscle, avant et après son excitation.

Voici les résultats d'une première expérience :

Une charge de 10 grammes, appliquée au muscle sain, produit un allongement de 10°"", 5 (1). Le nerf est ensuite sectionné. Après la secousse causée par cette section, le muscle chargé de 10 grammes, s'allonge de 18"°; il semble donc être devenu plus extensible (plus faiblement élastique). Mais

(1) Tous les chiffres que nous donnons ici étant ceux relevés sur les tracés doivent être réduits au dixième pour avoir les allongemenls réels.

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