‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. MareyChapitre 41 sur 93 · EXCITABILITÉ BT ÉLASTICITÉ MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

EXCITABILITÉ BT ÉLASTICITÉ MUSCULAIRES

vemetit plus grand qui est obtenu sur le muscle excité est formé, dans sa plus grande partie, aux dépens du raccourcissement. En effet, la pointe du levier étant sur Tabscisse, si nous Ty maintenons au moyen d'une petite cheville placée a côté, sur le myographe, le raccourcissement du muscle ne pourra avoir lieu lors de la section du nerf. Chargeons maintenant le muscle après qu'il a subi Texcitation; nous voyons qu'il s'allonge d'une quantité moindre, pour une même charge, que le muscle non excité.

On peut encore obtenir le même résultat en opérant d'une autre façon. Supposons qu*après la secousse, le muscle reste raccourci de 10 millimètres. Nous ferons disparaître ce raccourcissement avec une certaine charge, 5 ou 6 grammes par exemple, qui ramènera le muscle à sa longueur normale. Une fois ce point atteint, si nous chargeons le muscle de 10 grammes, son allongement sera encore moindre que celui produit par la même charge sur le muscle au repos.

Il est donc évident que l'excitation du muscle le rend moins extensible (plus fortement élastique), puisque dans la dernière expérience que nous venons de citer, il faut plus de 1 5 grammes pour produire, après la section du nerf, un allongement égal À celui obtenu avec 10 grammes avant cette même excitation.

La figure 35 montre comment se comporte l'élasticité musculaire pour des charges régulièrement croissantes avant et après la section du nerf. Nous venons de dire comment il fallait com« prendre l'effet produit par le premier poids de dix grammes. Nous voyons ensuite que chacun des allongements partiels est moindre pour le muscle excité que pour le muscle au repos ; de sorte que l'allongement définitif provoqué par 70 grammes, est de 36 millimètres (allongement réel 0^,0036) pour le muscle non excité, tandis qu'il n'est que de 32""*,5 (allongement réel 0" ,00325) pour le muscle excité; ce qui confirme encore le fait avancé par nous tout à l'heure.

La même différence se remarque dans le retour du muscle sur luirmême, c'est-à-dire quand on enlève les charges par fractions de 10 grammes. Dans les deux cas, l'élasticité est imparfaite j parce que sa limite a été dépassée; mais l'élasticité du muscle excité est moins imparfaite que celle du muscle au repos.

'"^S BOVOBT M P^IBIS*

Donc, en même temps que le muscle excité devient plus fortement élastique , il devient aussi ' plus parfaitement élastique,

2* Influence du Tétanos.

Ce que nous venons de dire a propos de l*excitation provoquée par la section du nerf nous amène naturellement à parler de Télasticilé du muscle en tétanos.

En 1859, Weber émit l'opinion que le muscle à Télat d'activité (tétanos) est moins élastique que le muscle au repos, et il arriva à celte conclusion que la force élastique est identique à la force de contraction.

Volkman n'admit pas d'abord les idées de Weber. Il reprochait â cet auteur de ne pas avoir fait une assez grande part à Tinfluence de la fatigue.

Donders et Van Mansveldt, expérimentant sur les muscles fléchisseurs de Tavant bras de Thomme sain, conclurent que l'élasticité du muscle actif a le même coefficient que celle du muscle au repos, mais qu'elle est diminuée par la fatigue. Plus tard, Blix et Kùss confirmèrent l'opinion de Weber. Enfin, Wundt reprit ces mêmes expériences et admit comme Donders que la force élastique n'est pas identique à la force de contraction et que, si l'élasticité du muscle actif paraît plus faible, cette diminution doit être considérée comme un effet, non de l'activité, mais du raccourcissement môme du muscle. 11 démontre d ailleurs, que si le muscle actif était moins élastique, on devrait, lorsque par une surcharge on l'empêche de se raccourcir, le voir s'allonger. Or ceci n'a jamais lieu, bien que l'expérience ait été citée par plusieurs physiologistes.

Nous avons, de notre côlé, repris cette étude, et bien loin de trouver une diminution dans l'élasticilé du muscle actif, nous avons toujours vu, au contraire, que l'état d'activité correspond à une force élastique plus grande.

Les divergences d'opinion des physiologistes nous semblent dues à ce que dans les expériences, on considère seulement les allongements sans tenir compte du raccourcissement préalable produit par le tétanos. En effet, si un muscle téta-

EXCITABILITE ET ÉLAgTIClTB MUSCULAIRES. i73

nisé se raccourcit de 20""*, par exemple, et qu'une certaine chargé provoqiie alors un allongement de 16""^, il ne faudra pas en conclure que ce muscle est moins élastique que le muscle au repos, qui pour une même charge ne s'allonge que de 10"". Si, dans ce cas, nous faisons la part du raccourcissement, nous voyons que non seulement cette charge ne produit pas un allongement réel plus grand, mais qu'elle est même insuffisante à ramener le muscle à sa longueur primitive.

Il est d'ailleurs facile de prouver expérimentalement que l'élasticité du muscle actif n'est pas diminuée.

Page 1