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Fig. 36. — Montrant les allongenicnts dn mnsele avant, pendant et après le tétanos.
I. — fl. Allongement produit par une charge de 10 grammes. — t. Le poids est enlevé. -^ S. Tctanos. — 4. Réapplication de la charge. — tt. Ealëvement de la charge. — 0. Cessation dtt tétanos. — 7. Réapplication de la charge. — 8. Enlèvement de la charge.
II. — I. Allongement produit par nne eharge de 10 grammes. —9. Tétanos. — s. Cessation dn tétanos. — 4. Enlèvement de la charge.
Chargeons d'abord (fig. 36,1) un muscle au repos d'un certain poids, 10 grammes, par exemple (1), et notons l'allongement produit par cette charge; nous enlevons ensuite le poids (2), nous tétanisons le muscle (3) et nous réappliquons la charge (4). L'allongement subit produit par cette charge est beaucoup moindre que celui du muscle au repos; mais si, dans les deux cas, on laisse la charge appliquée le même espace de temps, une minute par exemple, on voit bientôt l'allongement du muscle actif augmenter sous l'influence de
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la fatigue; toutefois, cet allongement n'arrive pas à rendre au muscle sa forme primitive ; Bien plus, si, après la cessation du tétanos (6), nous réappliquons encore une fois la charge (7), rallongement produit cette fois sera beaucoup plus considérable, mais il ne permettra pas encore au muscle resté raccourci à la suite do tétanos de revenir à sa (orme. Enfin, lorsque nous enlèverons cette charge (8), le muscle se raccourcira et prendra une longueur déflnittve beaucoup moindre que celle qu*il avait avant sa tétanisation.
Dans une autre expérience (fig. 36, II) nous chargeons d*abord le muscle au repos d*un poids de 10 grammes (1) ; puis, cette charge restant toujours appliquée, nous faisons passer le courant tétanisant (2). Le muscle se raccourcit, malgré le poids qu'il supporte; lorsque nous cessons le tétanos (3), il s'allonge, sans toutefois revenir à sa forme primitive. Enfin, si nous enlevons la charge (4), nouveau raccourcissement qui récarte encore de sa longueur normale.
Ainsi, que l'application de la charge ait lieu pendant ou après le tétanos, nous voyons que le muscle, sous l'influence d'une excitation tétanisante, actuelle ou déjà passée, ne peut être ramené par cette charge à la longueur qu'il avait avant l'excitation.
En présence de ces faits^ pouvons-nous admettre que son élasticité soit devenue plus faible ? Il nous semble, au contraire, que le tétanos auquel il est ou a été soumis lui a communiqué une force élastique nouvelle, plus forte que celle qu'il avait au repos. Les allongements, il est vrai, paraissent plus grands d'une manière relative, mais ils sont tous produits aux dépens du raccourcissement musculaire préalable (pour une charge de 10 grammes).
On voit, en somme, qu'un muscle tétanisé réagit, au point de vue de son élasticité, comme un muscle qui a subi une seule excitation, et même avec plus de force, tant que la ' fatigue n'a pas lieu.
Nous pouvons résumer tout ce qui précède en disant qu'un muscle excité, soit par la section de son nerf y soit par rélectricité (excitation unique ou tétanos), devient plus fortement et plus parfaitement élastique.
NOTE SUR LES YAtUATIONS DE U FORGE ET DU TRAVAIL DU CŒUR
Par E.-J. MAREY.
Les auteurs qui ont cherché à évaluer la force du cœur Tout déduite de la pression artérielle et, prenant au manomètre la mesure de cette pression dans une carotide, ont multiplié la valeur observée par la surface intérieure des ventricules du cœur.
Une première difficulté se présente dans cette évaluation.
Comment estimer cette surface intérieure du cœur ? Gonsidérera-t-on cet organe dans un état moyen de plénitude entre sa distension extrême et son resserrement maximum? Et même, en prenant le cœur à cet état de réplétion moyenne, comment mesurera-t-on cette surface ?
Dans l'impossibilité de déterminer la véritable surface intérieure des ventricules à travers les anfractuosités sans nombre qu'elle présente, les colonnes et trabécules charnues qui la cloisonnent, le moyen qui semble devoir donner l'approximation la plus exacte serait d'évahier la capacité intérieure du cœur et de rapporter le volume du sang contenu dans cet organe, à la forme d'une sphère dont la surface extérieure exprimerait la surface intérieure des ventricules (1),
(1) n y aurait encore là une légère cause d'erreur. En effet, la pression du
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Cette manière de mesurer la force du cœur donne des résultats qui varient beaucoup d*un animal a un autre de même espèce, et même d'un instant à un autre, quand on opère sur le même animal. En effet, la pression du sang dans les artères change à tout instant, soit sous Tinfiuence des attitudes du corps, soit par l'effet du relâchementou du resserrement des petits vaisseaux par lesquels le sang passe des artères aux veines. Cette pression artérielle qui charge les valvules de Taorte à. la façon d'une soupape de sûreté, règle à tout instant le maximum, auquel s'élèvera la pression dans le ventricule, l'effort du cœur ne pouvant guère excéder la résistance que lui oppose la pression artérielle. De même, si notre main soulève un poids d'un kilogramme; l'effort qu'elle développe se mesure par le poids soulevé, sauf un léger excès dans le cas où le soulèvement se fait avec vitesse. Dans l'un et l'autre cas, la résistance règle l'effort actuel du cœur, mais ne donne pas une idée de l'efifort possible^ celui qui se produirait si la résistance était insurmontable.
Pour mesurer l'effort maximum possible du cœur, il faut fermer l'issue au sang en comprimant l'aorte à son origine et ne laisser agir l'effort du cœur que sur un manomètre de petit caUbre adapté à l'oriPice aortique. Ces conditions sont faciles à réaUser sur un cœur détaché de l'animal et soumis à la circulation artificielle par un procédé analogue à celui que Ludwig a imaginé.
La figure 37 montre la disposition de l'expérience. Un cœur de tortue est muni à l'une de ses veines d'un tube de caoutchouc V qui, plongeant dans un réservoir R plein de sang, joue le rôle de veine cave et remplit le cœur à la manière d'un siphon. Un autre tube de caoutchouc A représente les artères ; il se bifurque et envoie une branche à un ma-
sang dan9 une artère, et surtout dans une artère un peu éloignée du cœur, est plus basse que dans le cœur lui-même. J'ai pu m'en assurer au moyen d'une sonde manomélrique introduite par les artères jusque dans le ventricule gauche. En enfonçant ou retirant la sonde, on la faisait passer tour à tour du cœur dans les artères ou des artères dans le cœur. Or, il y avait toujours, ainsi qu'on pouvait le prévoir, un excès de pression à l'intérieur du ventricule. C'est l'excès de la pression cardiaque sur la pression artérielle qui représente la force avec laquelle le cœur lance le sang dans les artères ; plus celte différence est grande, plus l'ondée sanguine s*élance avec vitesse dans le système artériel.
VAEIATIONS DE LA PORCB ET DU TRAVAIL DU CQEDR. i69
nomètre à mercure m, tandis que le tronc principal continue son trjget jusqu'à Foriflce d'écoulement e qui verse le sang artériel dans le réservoir. Une circulation continue se trouve ainsi établie. Dans ses alternatives de dilatation et de resserrement, le ventricule G éprouve des changements de volume très marqués ; la ligne ponctuée exprime son minimum de volume au moment de la systole.
Fig. 37. — Disposition de l'expérience destinée fc mesurer l*errort que le cœar peut exercer
aux dirrérentes phases de sa systole.
Si on laisse le sang s'échapper par l'orifice ^, le manomètre accuse des élévations de pression à chaque systole du ventricule, mais si le tube aortique est comprimé en aval de la bifurcation qui se rend au manomètre, on voit que, dans ces circonstances, la force du cœur, réduite â un effort statique, est plus du double de celle qu'il déploie dans les conditions ordinaires de sa fonction, c'est-à-dire avec liberté du passage du sang dans les artères.
Mais ce n'est pas tout; cet effort maximum n'est pas le même lorsqu'on explore la force du cœur aux différents instants de son action, c'est-à-dire si on comprime l'aorte, pour concentrer leffort du cœur sur le manomètre au moment où les ventricules, bien remplis, vont commencer leur resserrement, ou quand les ventricules se seront à demi-vidés de leur contenu, ou enfin quand ils auront presque entièrement terminé leur phase systolique.
LAB. MARBY. IV.
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Si Ton cherche à prévoir ce qui doit se passer dans les trois circonstances qui viennent d'être indiquées, on éprouve un grand embarras. En effet, à mesure que le cœur se vide, deux influences contraires se produisent, dont l'une tend à accroître la pression que développera cet organe et l'autre a la diminuer.
Si l'on ne considérait que les conditions géométriques du phénomène, il est clair qu'avec un même effort développé par ses parois musculeuses, le cœur produira sur le sang qu'il renferme une pression d'autant plus grande que sa cavité sera devenue plus petite. Pour une sphère creuse, par exemple, la pression croîtrait en raison de la diminution du rayon de cette sphère.
Mais, d'autre part, le caractère physiologique de tout muscle est de se raccoucir avec d'autant moins de force qu'il s'est déjà raccourci davantage ; de sorte que le cœur rempli au maximum se trouvera dans les conditions où ses fibres musculaires auront le plus de force; inversement, cette force musculaire décroîtrera à mesure que l'organe sera plus rapproché de son resserrement complet. Ces deux influences contraires se compensent-elles pour uniformiser la force du cœur aux différentes phases de son action? L'expérience montre qu'il est loin d'en être ainsi. Voici les chiffres que j'ai obtenus sur le cœur d'une tortue. Au début de la période de resserrement des ventricules 0",H de mercure ; plus tard, vers le milieu de l'évacuation, O^.OS; plus tard encore 0",05; la force possible du cœur tendant à devenir nulle.
Ces mesures prises sur le cœur de la tortue permettent d'évaluer l'effort total dont l'organe serait capable à des instants déterminés de sa phase de resserrement ou systole.
Le meilleur moyen d'étudier le travail du cœur consiste à placer cet organe dans les conditions d'une pompe; c'est-àdire à le munir de deux tubes dont l'un, veineux, lui apporte du sang d'un réservoir plus ou moins élevé, l'autre, artériel, reçoit le sang que chassent les ventricules et Télève à une hauteur plus ou moins grande suivant le niveau où l'on a placé l'orifice d'écoulement Cette disposition a cela de particulier qu'elle permet de mesurer exactement 4e débit du cœur en un temps donné et la charge sous laquelle il a versé le sang
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dans les artères. Le produit du débit par la hauteur de soulèvement exprime le travail. Pour mesurer le volume de sang versé un en temps donné, on peut se servir d'une éprouvette graduée, ou bien on inscrit les changements de niveau du sang dans un vase cylindrique qui le reçoit. Veul-on savoir le débit du cœur à chaque systole, on divise le débit total par le nombre des systoles.
Voici les résultats d'une série d'expériences faites sur le débit du cœur pendant des temps égaux et sous charges croissantes. Le débit a été mesuré, dans tous les cas, pendant une minute. La mesure du travail aurait pour unité 1 gramme élevé à 1 centimètre de hauteur.