‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. MareyChapitre 63 sur 93 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

NERFS LARYNGÉS SUPÉRIEURS.

{ l^r. Ligature du laryngé supérieur : brusque inspiration suivie d'un court arrêt respiratoire ; arrêt réflexe du cœur ; resserrement vosculaire.

{ 2. Excitations du bout central du laryngé supérieur : effets respiratoires communs ailx excitations des autres nerfs sensibles ; arrêt du cœur quand les deux pneumogastriques sont intacts ; ralentissement plus ou moins notable quand un pneumogastrique est coupé ; Teffel cardiaque est plus accuse quand le pneumogastrique correspondant au laryngé excité est intact ; variations de l'effet cardiaque suivant que l'animal est aneslhésié, curarisé, etc. — Resserrement vasculaire réflexe très énergique produit par Texcitation cen* tripète du laryngé supérieur. — Combinaisons du réflexe vaso-moteur et du réflexe cardiaque. — Modifications difféi'entes de la pression artérielle suivant la prédominance de l'effet vasculaire ou de l'effet cardiaque.

{ I. — Effets réflexes prodalts sur la respIraClon, lé cœvr et les vaisseavx |Mir 1« ll^ture brasqne do laryni^é svpériear.

EffeU respiratoires. — La ligature brusque d'un nerf laryngé supérieur, faite avec ou sans section préalable des nerfs pneumogastriques à la partie moyenne du cou, produit un arrêt subit de la respiration.

C'est le plus souvent, comme dans le cas de ligature du pneumogastrique lui-même, une inspiration brusque qu^on

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observe : Texcitation traumatique instantanée produite par la ligature ou par un coup de ciseaux agit sur le nerf laryngé supérieur comme sur les autres nerfs sensibles, et la réaction inspiratoire n'a rien de spécial au laryngé.

Cet effet respiratoire se traduit par une augmentation de l'aspiration thoracique quand on explore la pression pleurale^ ou par une dilatation brusque des parois quand un pneumographe est appliqué autour de la poitrine.

A la suite de cet effet immédiat, qui se produit quelle que soit la phase de la respiration à laquelle correspond la ligature, la respiration reste suspendue un temps variable, toujours assez court, pendant lequel la poitrine revient graduellement à l'état expiratoire; de telle sorte que le premier mouvement qui se produit à la suite de cet arrêt est une inspiration (fig. 107).

Fig. 107. — Effets respiratoires immédiats et consécutifs de la ligature brusque du laryo;;^

supérieur.

(Pa. Respiration tboracique explorée avec le pneumogra|.he ; en L ligature du laryngé ; une inspiration t se produit aussitôt et la respiration reste arrêtée an instant ; puis survient une petite inspir ation, et les respirations reparaissent en augmentant gradaellement d'amplitude. (Chat.)

Effets cardiaques de la ligature du laryngé supérieur, — 1** Quand on fait la ligature du nerf laryngé supérieur d'un côté, le pneumogastrique correspondant ou celui du côté opposé étant intact, on observe, dans les conditions ordinaires de l'expérience, soit un ralentissement, soit, le plus souvent, un arrêt passager mais complet des battements du cœur.

2** L'effet cardiaque réflexe de la ligature du laryngé supérieur est, chez un même animal, plus intense que celui qui Qe produit par la ligature du tronc du pneumogastrique d'un .QQtQ, celui du côté opposé étant intact (fig, 108).

La raison de cette différence, que nous retrouverons dans le( comparaison des effets produits sur le cœur par les excitations du bout centrai du laryngé supérieur et du pneumo-

MCLBXBS DU BOUT CKMTUI,. DD PNIDHOCABTRIQCB. 3K

venons de voir que, chez les chais qui présentent une chute de pression sous l'influence de l'excitation d'un pneumogastrique, il n'y a pas de différence entre cet effet vaso-dilar tateur et celui qui résulte de la même excitation appliquée au bout central du dépresseur.

J'ai de même comparé les effets vasculaires de chaque pneumogastrique, et, pas plus que dans l'essai comparatif précédent, je n'ai observé de différence dans la valeur de la chute de pression, à la condition que le bout central de chacun des deux pneumogastriques fût également préservé des causes d'altération parle froid, la dessiccation, le tiraillement, etc.

Voici deux courbes (fig. 104) correspondant, l'une à l'excitation centripète du pneumogastrique droit, l'autre à l'excitation centripète du pneumogastrique gauche, qui montrent bien l'identité des effets vaso-dilatateurs de l'un et l'autre nerfs. Je n'ai reproduit ici que la partie initiale de chaque courbe, parce que toutes deux présentaient dans le reste de leur parcours les caractères montrés toutà l'heure (fig. 102et 103), dans le tracé des effets vasculaires réflexes du pneumogastrique.

fig. 10*.— ComparalEon d«a ttttit viio-dilitalcnri prodails par l'euIiillDn do boul ccnutl ta pneamogaitrlque droit (ligne sapéricnre) et du boni cemraidu pucnmo^abiriqje giuclic (ligna InKrIeire] cïei an chu ilropinltè. Ll cbete de !i preiiioi eat l> mfine (3 C. H}.).

Cette comparaison entre les effets vasculaires réflexes de chaque pneumogastrique était intéressante, parce que la provenance abdominale de chacun de ces nerfs est différente :

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le pneumogastrique gauche distribue surtout ses branchesà l'estomac et au foie, le pneumogastrique droit entre spécialelement dans la constitution du plexus solaire. Si une difTérehce de sens ou même d'intensité se fût présentée dans les phénomènes vasculaires réflexes produits par ces deux nerfs, on aurait pu rapporter au point de départ abdominal, gastrique, hépatique, intestinal, Torigine de la différence observée.

J*ai été amené par le résultat de l'expérience précédente à interroger, dans l'abdomen, le bout central d'un certain nombre de branches du pneumogastrique droit et du pneumogastrique gauche. Ces expériences ont été jusqu'ici faites exclusivement sur le chat. Je les exposerai avec détail en étudiant plus tard les effets spéciaux des nerfs sensibles de l'appareil digestif ; je ne veux pour le moment indiquer que quelques points de ces recherches relatifs au sujet actuel.

1** L'excitation centripète des filets du pneumogastrique gauche j qui rampent à la surface de l'estomac et le long de sa petite courbure, ne produisent pas de réflexe vaso-dilatateur à beaucoup près aussi notable que celui que détermine l'excitation centripète du pneumogastrique correspondant pris à la partie moyenne du cou.

Parmi ces filets, il en est un, plus volumineux que les autres, presque isolé parmi eux, et qui se dirige du côté du foie : sur le chat à demi anesthésié par l'éther, ayant les deux pneumogastriques intacts, l'excitation du bout central de ce filet hépatique a provoqué des troubles cardiaques réflexes très remarquables et une chute profonde de la pression. Je me contente de signaler le fait sans y insister autrement. Quand on eut administré de l'atropine à cet animal pour supprimer les troubles cardiaques réflexes, la même excitation appliquée au bout central du même filet hépatique a produit seulement une chute de pression. Le peu d'importance de cette chute (2 c. Hg.) comparativement a celle que produit l'excitation centripète du pneumogastrique au cou, peut s'expliquer par le fait même de l'ouverture de l'abdomen.

2^ En passant à l'excitation centripète du pneumogastrique droit, pris immédiatement au-dessus du plexus solaire, j'ai observé chez l'animal, dontles deux pneumogastriques étaient

RÉPLBXBS DV BOUT CBNTBAL DO PNBUMOGAIITBIQUB. 347

intacts à la région cervicale, des troubles cardiaques réflexes caractérisés par un ralentissement régulier et une chute notable de la pression. En supprimant par l'atropine Teffet cardiaque modérateur, on n'a plus obtenu que le réflexe vasculaire se manifestant par une chute de pression. Dans cette excitation du bout central du pneumogastrique droit audessus du plexus solaire, la chute de pression n'a pas été plus profonde que dans l'excitation du filet gastro-hépatique du pneumogastrique gauche.

Cette similitude des effets vaso-dilatateurs produits par l'irritation centripète des branches abdominales des pneumogastriques, doit être rapprochée de l'identité des effets vasculaires réflexes notés plus haut, quand on excitait comparativement le bout central de chaque pneumogastrique à la partie moyenne du cou .

4'' Excitation simultanée du bout central des deux pneumogastriques et des deux dépresseurs. — Quand on a obtenu un effet vaso-dilatateur maximum, se caractérisant par exemple par une chute de pression de 7 cent. Hgr, en excitant avec des courants induits assez intenses le bout central du pneumogastrique d'un côté, on peut se demander si l'eicilation simultanée des deux pneumogastriques produira une chute de pression plus considérable. Rien ne prouve en effet à priori que l'irritation centripète d'un seul de ces deux nerfs provoque l'effet vaso-dilatateur total qu'il est possible d'obtenir chez le chat. L'expérience montre que l'irritation du bout central du second pneumogastrique surajoutée à celle du premier ne provoque pas un effet vaso-dilatateur plus accusé.

En ajoutant encore à l'irritation centripète des deux pneumogastriques réunis, celle du bout central de l'un des deux nerfs dépresseurs ou des deux nerfs, on n'obtient pas plus que tout à l'heure d'exagération de l'effet dilatateur réflexe.

On paraît autorisé à conclure que l'excitation centripète d'un seul de ces quatre nerfs, qui jouent, chez le chat, le rôle de dépresseur, suffit à produire le maximum d'etîet, pourvu qu'elle soit assez intense.

5<> Excitations simultanées d*un nerf sensible qui produit le resserrement réflexe des vaisseaux^ et du bout central du pneu-

mogastrique qui en provoque la dilatation. — Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, les excitations du bout central du laryngé supérieur sur le chat, comme sur le chien et le lapin, produisent invariablement le resserrement réflexe des vaisseaux. On pouvait donc utiliser cette propriété du laryngé supérieur, pour chercher de quelle façon se combineraient les effets constricteurs produits par l'excitation centripète d'un nerf sensible, et les effets vaso-dilatateurs provoqués par l'excitation d'un autre nerf sensible, soit du pneumogastrique chez le chat, soit du dépresseur.

Après avoir inscrit les courbes de la chute de pression produites chez un chat par l'irritation centripète du pneumogastrique, .on cherche sur le même animal quel degré d'irritation du bout central du laryngé supérieur est nécessaire pour provoquer une élévation réflexe de la pression ayant, en valeur positive, ce que l'abaissement réflexe avait en valeur négative, par rapport au niveau normal.

La recherche de deux effets vasculaires inverses l'un de l'autre et présentant, chacun dans son sens, la même valeur paraît en effet importante au premier abord: il s'agit d'opposer ces deux effets en les produisant simultanément et d'obtenir leur annulation réciproque.

Quand on a produit, en excitant le bout central du pneumogastrique, une chute dépression équivalente comme valeur manométrique à l'élévation de pression produite par l'excitation du bout central du laryngé, on procède à l'excitation simultanée des deux nerfs, en conservant à chacun sa valeur d'excitation respective. Dans ces conditions, l'effet vasodilatateur du bout central du pneumogastrique est complètement annulé par l'effet vaso-constricteur du bout central du laryngé supérieur; non seulement la pression ne tombe pas, mais elle subit une élévation notable (fig. 105).

Par conséquent l'effet vaso-constricteur prédomine dans le cas indiqué. En poursuivant l'expérience, on constate que, même en diminuant beaucoup l'intensité des excitations appliquées au bout central du laryngé, de façon à ne plus obtenir qu'une élévation faible de pression, la prédominance de l'effet vaso-constricteur se maintient dans l'excitation simultanée des deux nerfs.

BÉrtlXBS DU BOUT CRNTBAL DV PXRUIIOGA3TRI0DB' 3t9

. 11 résulte de ces expériences comparatives qu'un réflexe vaso-constricteur modéré sutllt pour supprimer l'efTet d'un réflexe vaso-dilatateur beaucoup plus intense qui tend à se produire simultanément; mais le fait le plus remarquable, c'est que l'eilet vaso-constricteur s'accuse encore dans ces conditions par une élévation de pression presque aussi considérable que s'il était provoqué seul.

Ces faits, et quelques autres du môme ordre, impliquent non seulement la prédominance des effets vasoKMOtricteurs sur les en'ets vaso-dilatateurs, quand les uns et les autres tendent à se produire simultanément, mais ils peuvent amener à comprendre que la production d'une dilatation vasculâire, directe ou réflexe, n'est possible qu'à la condition que t'influence vaso-contrictive ne soit pas simultanément mise en jeu. Peut-être ces considérations devront-elles être invoquées pour interpréter les variations des résultats observés quand on excite lin tronc nerveux qui, comme le sciatique, contient à la fois des fllets vaso-constricteurs et des Olets vaso-dila-

Flf- iw. — Kecbcrelis des efTcit viacnlairu produit» ebei le chtt par reieluilon sinoliaiii'c dit bouteeairiL du pncDuiDKiiiriqDe (nso-itiliuieur) el du linnté mpéclenr (tiso-codstrfcWor).

L'cicllallon ccnIripilB du lirjn(« guptriCDr seul <A);éItTe It pression de T^ i 10 ccdI. Bs

Les mânei eieilalioin ippliqu^i in boul eenlriil du pnemoeiitrliiuc (B) ibiliscnt li prêt'

tiDn de IO.S i 1 Ut: en coBbiuni «s deni tIMi (C) on n'observe que l'tffel >tsa-

eonstrltiieur du boul eentril do Urjngé suptHeur (nerf faiigut].

35A rtuMoou-nàKOL.

Pour revenir au point spéciid qui nous occupe, l'efTet vasculaire des excitations du bout central du pneumogastrique, nous avons à tirer immédiatement parti du résultat fourni par l'excitation simultanée du bout central du pneumogastrique et du bout central du laryngé chez le chat.

6° Excitation dtt bout central du pnemnogaatrique au-dessus du laryngé supérieur chez le chat. — L'effet dépresseur qui a été reconnu à l'irritation centripète du pneumogastrique ne se produit que quand on irrite ce nerf au-dessous de l'origine du laryngé supérienr. Si, au contraire, l'excitation est transportée au bout central du nerf pneumogastrique au-dessus de l'origine du laryngé, c'est un effet vaso-contricteur énergique qui s'observe.

Cette différence s'explique facile ment, si on tient compte de la présence dans le nerf pneumogastrique, au-dessus du laryngé supérieur, des filets sensibles (LS.(V.C.), iig. 106), du laryngé supérieur et de ceux du récurrent (R. V. C.) : ces deux ordres de filets provoquent, comme nous le verrons dans les chapitres suivants, des réflexes vaso-contricteurs énergiques. Ils se rencontrent dans la partie supérieure du pneumogastrique avec les filets sensibles {Png V. D.) du tronc lui-même, qui produisent des effets vaso-dilatateurs : c'est donc leur excitation simultanée qu'on fait en excitant le pneumogastrique audessus du laryngé supérieur. Or, nous venons de voir que l'excitation simultanée du laryngé supérieur et du pneumogastrique à la partie moyenne du cou provoque une élévation réflexe de la pression, à cause de l'action prédominante de l'effet vaso-constricteur des filets laryngés.

On fait exactement la même expé-

Fl|. 106.— Scbèni uoalraal It jODïllan, diDs le pncuinogis- Ixlqoe, ui-dciiBi ta ittjett ■upfriBiir {L.S.I, dcsRIcUMD- ^Ici dont l'ncluuUau |>rodait dra rélsici tmohUIiii-

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