‹ Physiologie generale de l'education physiqueChapitre 33 sur 47 · C«H'»0^ 4- 60^ = 6C0'- 4- SH^O · texte numérisé non relu

C«H'»0^ 4- 60^ = 6C0'- 4- SH^O

fL;lyccgène) (oxyg.) (ac. carb.) (eau)

Le muscle, séparé d'un membre et que le sang n'irrigue plus, se contractera tant que sa. provision inirinsèqxte de glycogène ne sera pas épuisée. Lorsqu'il ne renfermera plus de glycogène, les excitations normales resteront sur lui sans effet. // aura atteint un état d'iyiexcitabilité qui répond à la fatigue absolue.

Le muscle en place sur le vivant et irrigué par le sang se contractera de même tant que sa provision de glycogène pourra fournir au travail demandé, mais si ce travail dépasse une certaine limite, le taux du glycogène intramusculaire baissera et la fatigue apparaîtra. Dans ce cas, elle joue le rôle d'avertisseur, que la nature nous a donné pour nous signaler qu'un temps de repos est devenu nécessaire en vue du ravitaillement du muscle en combustible, c'est-à-dire en glycogène, source de son énergie contractile. Sur le vivant, on n'observe jamais la fatigue absolue. Le muscle s'arrête bien avant d'être totalement spolié de son glj'-cogène. Mais, pour qu'il se contracte à nouveau, il faut qu'il ait recomplété son approvisionnement en combustible. Cette recharge n'est possible que si la subtance même du muscle n'est pas altérée par la mise en liberté de ses propres toxines ou déchets, — ce qui arrive dans des cas exceptionnels — chez l'animal forcé à la course, par exemple.

Ces conditions doivent-elles nous inciter à absorber beaucoup de sucre pour obtenir une plus grande énergie musculaire ? On serait tenté de le faire en songeant qu'ainsi le sang en serait mieux approvisionné par les voies dige'stives et mettrait plus de glycose (ou sucre du sang) à la disposition de nos muscles. 11 n'en est rien. Le taux du glycose dans le sang est constant, il oscille

jg6 NOTIONS FONDAMENTALES

aux environs de i gr. 5 par litre ; notre sang est comparable à un sirop, un peu clair, en vérité, mais dont la teneur en matière sucrée est immuable chez un sujet normal dont la régulation hépatique se fait bien, quel que soit le genre de son alimentation, pourvu toutefois qu'elle soit suffisante.

Cependant, lors d'une grande dépense d'énergie prochaine, il est bon de mettre à la disposition des athlètes des sirops de sucres, chauds autant que possible, parce qu'ils s'assimilent bien plus vite que ceux qui sont absorbés froids.

Mais en dehors de ce cas spécial, dans les conditions ordinaires de la vie, un excès de sucre alimentaire ne doit pas être conseillé aux personnes suffisamment nourries, surtout si elles mènent une vie sédentaire. L'absorption de cet aliment, pris en quantité trop grande, peut aboutir à un surmenage du foie et à la dyspepsie. Son emploi doit être extrêmement réservé chez les sujets tuberculeux ou en imminence de tuberculose.

Guinard a constaté que les animaux inoculés à l'aide du virus tuberculeux et nourris avec du sucre, succombaient plus vite que les animaux témoins, même mal nourris. Ce résultat cadre bien avec la remarque intéressante faite par Tourtalis-Bey qui attribue, en partie, l'extension effrayante de la tuberculose et sa gravité particulière chez les Egyptiens, à la grande quantité de sucre consommée par eux.

Les deux seules indications d'une alimentation sucrée intensive sont le cas de maladie et de fièvre et le cas d'un effort musculaire longtemps prolongé et violent.

Ragot a montré que loo grammes de sucre, régulièrement administrés à un fébricitant, abrègent la durée de sa maladie. D'autre part, Drouineau, Steinitzer et Grandeau ont apporté des démonstrations diverses et concordantes de l'utilité du sucre pour les hommes de sport et les soldats. La ration quotidienne d'entraînement doit être de 5o à lOo grammes de sucre supplémentaire^ pas davantage.

A la suite d'un exercice intense ou même d'un exercice modéré, mais exécuté par un sujet non entraîné, il n'est pas rare de voir survenir une courbature douloureuse siégeant dans les membres, dans la région lombaire, dans les épaules. La soif est vive, la langue sale, l'appétit nul, le sommeil agité et coupé de rêves ou de réveils brusques. On note même parfois une élévation de température qui peut atteindre 1° ou 2° et persister pendant trois ou quatre jours. Les muscles sont le siège de raideurs que les mouvements rendent particulièrement pénibles.

On admet que, sous l'influence des combustions organiques qui accompagnent le travail musculaire, il se produit, au sein même du muscle, divers déchets et notamment de l'acide lactique en excès. Ce produit, en imprégnant la fibre musculaire, lui fait perdre momentanément une partie de sa propriété contractile. Chez un sujet bien entraîné, le sang qui est légèrement alcalin irrigue abondamment les muscles en passant incessamment dans leur substance; il neutralise l'acide lactique formé. On comprendra sans peine que la raideur n'apparaisse souvent que pendant le repos qui suit l'exercice. Le sang ne lave plus aussi activement la fibre musculaire lorsque le muscle est inactif et ne neutralise qu'incomplètement l'acide lactique qui s'y est formé. Les douleurs ressenties dans un muscle qui a travaillé sont également imputables, en partie, à de petites lésions interstitielles semblables à celles que produit une contusion. Elles disparaissent très promptement.

Lorsque la courbature s'accompagne de fièvre et de malaises généraux, il faut incriminer :

I** L'auto intoxication de l'organisme par les déchets provenant directement de l'usure musculaire (acide lactique, acide carbonique, ptomaïnes, leucomaïnes, urée, créatine, hypoxanthine, acide inosique).

2* L'action intoxicante des bactéries pathogènes qui;,

vivant en commensaux habituels dans noîre organisme, ne provoquent habituellement aucun accident. Mais elles acquièrent très rapidement de la virulence dans un organisme fatigué qui se défend mal contre leur invasion. Un sujet, sjirmené d'une manière aiguë, se trouve en état de 0 moindre résistance » ; en quelques heures il offre aux germes morbides un terrain d'ensemencement bien préparé. Ceux-ci s'y développent et provoquent l'apparition de la fièvre.

Chez les personnes grasses ou non entraînées, qui ont une grande abondance de tissus de réserves disponibles, le mouvement de désassiii:ilation qui accompagne l'exercice libère de grandes quantités de déchets uratiques. Ces derniers troublent la limpidité des urines et les sujets qui les émettent ressentent souvent, après l'exercice, de violents malaises et une courbature douloureuse.

Chez les personnes entraînées, au contraire, les matériaux de réserve sont peu abondants. Les déchets uratiques sont rares. Les urines ne se tronblent pas à la suite de l'exercice et la courbature est inconnue.

La supériorité des sujets adonnés à la pratique des exercices physiques réside, en grande partie, dans la stabilité remarquable de leur nutrition. Leur mouvement d'assimilation n'est plus troublé par un exercice, même violent. Les déchets, étant peu abondants, sont éliminés au fur et à mesure de leur formation. On ne voit pas survenir chez de tels sujets de formidables décharges d'acide urique, de phosphates ou d'autres produits qui témoignent d'une perturbation profonde dans le chimisme normal des différents tissus.

Grâce à cet équilibre nutritif que le jeu normal des organes suffit à maintenir, même pendant les périodes de suractivité, les personnes entraînées peuvent, sans dommages pour leur santé, et sans éprouver de malaises, accomplir des performances interdites à celles qui sont surchargées de tissus de réserve et qui s'abandonnent à la sédentarité.

Le surmenage est l'exagération de la fatigue. Le tableau d'un organisme surmené nous est offert par une bête chassée à courre. L'acide carbonique produit en grande abondance dans les tissus est, pendant longtemps, éliminé par les poumons. Mais les déchets, qui ne peuvent sortir de son corps que par l'urine, ne sont expulsés qu'avec une lenteur relative. Ceux-ci, peu à peu, encombrent les muscles et empoisonnent le sang. L'organisme est bientôt le siège d'une infection massive. Les mouvements de l'animal chassé deviennent difficiles. Sa course se ralentit ; une certaine raideur apparaît dans ses muscles ; les sucs musculaires se coagulent sous l'action de l'acide sarcolatique, terme des combustions qui se passent au sein de la fibre musculaire ; celle-ci est le théâtre d'un commencement de décomposition-chimique. D'autre part, l'animal effrayé est, depuis longtemps, sorti de ses allures; son essoufflement est extrême parce que la puissance éliminatrice de ses poumons, à l'égard de l'acide carbonique, est devenue insuffisante. Un moment arrive oii il s'arrête, incapable d'avancer et de prolonger sa fuite. 11 est encore vivant, mais déjà insensible aux morsures, quand les chiens l'atteignent. S'il leur échappe, après avoir été ainsi chassé, il peut succomber après quelques heures, mourir de fatigue à l'abri d'un fourré oii on le retrouvera quelque jour.

Dès l'instant de la more, survenant pendant la chasse, le corps de l'animal forcé présente une rigidité cadavérique immédiate. De plus, sa chair se putréfie avec une grande rapidité.

Chez l'homme, le surmenage aigu ne s'observe pas. Toutefois, pendant la guerre, on a vu, en maints endroits, des combattants morts en pleine lutte et en plein effort, dont les corps figés par une raideur cadavérique instantanée avaient conservé leur dernière attitude. Les muscles du visage eux-mêmes, fixés dans une contrac-

tion suprême, exprimaient les dernières sensations que les soldats avaient éprouvées avant de mourir.

Le surmenage aigu prend généralement chez l'homme l'apparence, d'accidents cardiaques à développement rapide, et qui surviennent parfois instantanément.

Potain avait constaté chez les élèves de l'Ecole de Joinville que, sous l'influence des exercices, la zone de matité du cœur augmentait un peu. La surface du cœur, qui était, en moyenne, chez les sujets examinés par Potain, de 91 centimètres carrés, atteignait chez eux, après quelques mois d'exercices, 99 centimètres carrés. Cet auteur admettait que la dilatation passagère du cœur qui se produit à la suite d'exercices violents pouvait aboutir, si ces exercices étaient répétés sans mesure, à une dilatation permanente.

Il n'est pas douteux qu'à la suite d'une longue course, par exemple, le cœur se dilate ; mais il s'agit presque toujours d'un trouble passager qui disparaît rapidement par le repos. La dilatation permanente du cœur est extrêmement rare chez les sujets adultes qui ne présentent aucune tare du côté du cœur ni du côté des gros vaisseaux. Mais chez les enfants et chez les sujets qui ont une lésion, si minime soit-elle, les exercices violents peuvent déterminer rapidement des accidents graves. Bien des jeunes gens ont des affections du cœur latentes qui ne donnent lieu à aucune gêne, pendant des exercices modérés, mais elles sont mises en évidence dès que l'entraînement devient un peu intensif. Ces sujets ne tardent pas à se plaindre de palpitations et, à l'examen du cœur, on trouve tantôt un peu d'hypertrophie, tantôt un bruit de souffle, tantôt des irrégularités dans les pulsations de l'organe qui s'accélère au moindre effort.

L'accident type du surmenage aigu survenant chez l'homme est la syncope. Deux cas se présentent. Tantôt celui qui en est victime interrompt; brusquement son travail, s'arrête et tombe sans connaissance. La respiration est généralement superficielle, mais régulière. Le cœur bat faiblement. La position étendue, les affusions froides sur la poitrine et le visage suffisent d'habitude

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à ranimer le syncopé. Plus souvent, le sujet qui se trouve en état de surmenage aigu transpire abondamment. Il ressent une douleur de tête plus ou moins vive, de l'oppression et une grande lassitude. La respiration est rapide, les battements du cœur très accélérés. Le sujet vacille sur ses jambes comme un homme ivre, la face est tantôt pâle et tantôt rouge et injectée. Lorsque, dans cet état, il poursuit son effort, il ne tarde pas à perdre connaissance. 11 s'affaisse et, s'il n'est pas secouru, la respiration se ralentit, le pouls devient faible et irrégulier et la mort peut survenir.

Les physiologistes ne sont pas d'accord sur le mécanisme intime des accidents du surmenage aigu chez l'homme. Pour les uns, il faut incriminer la chaleur développée par le travail ; elle déterminerait la syncope et la mort en agissant sur les muscles, en coagulant les fibres musculaires, celles du cœur, en particulier, lorsqu'elle atteindrait les environs de 46°. Pour d'autres, la S3mcope proviendrait d'une inexcitabilité générale du système nerveux, sous l'influence de la chaleur. Certains metteflt en cause la rétention des principes toxiques élaborés dans les tissus et les muscles.

Il est indubitable que l'exercice violent ou prolongé peut élever considérablement la température du corps humain. Il faut que les champions soient, au moins pendant l'é^é, aussi légèrement vêtus que possible et, de préférence, de toile, qui rayonne beaucoup plus activement le calorique que la laine. La privation de boissons est une cause adjuvante de surmenage aigu. Beaucoup croient qu'il est dangereux de boire quand on a chaud. Lorsque le corps est en sueur, il faut se garder, il est vrai,, d'absorber une grande quantité d'eau glacée, surtout si on interrompt l'exercice ou le match commencé ; on a vu des accidents graves se produire dans ces conditions. Mais les boissons chaudes, surtout si elles sont sucrées et prises en quantité modérée, loin d'être nuisibles pendant les épreuves athlétiques et sportives, sont d'une grande utilité. Il importe que l'organisme paisse réparer les pertes en eau qu'il fait par la transpiration cuta-

née et par l'exhalation pulmonaire, car c'est là son moyen principal de défense contre la chaleur.

Les excès alcooliques favorisent puissamment la production de la syncope et, en général, de tous les accidents observés dans le surmenage aigu.

he^ surmenage chronique se traduit par la prédominance des actes de désassimilation. Le poids du corps diminue, un amaigrissement progressif survient. Il ne s'agit plus ici, comme dans la fatigue aiguë, d'une intoxication par des produits nuisibles ou d'une infection par les toxines microbiennes lancées dans l'organismeà la faveur du surmenage. Il s'agit d'un abandon continu par l'organisme de matériaux utiles et de réserves nécessaires à la vie.

Une alimentation défectueuse ou insuffisante, jointe au travail, est pour beaucoup dans l'apparition du surmenage chronique. Il se produit un défaut d'équilibre entre les recettes et les dépenses, celles-ci étant supérieures à celles-là. Il faut aussi, dans beaucoup de cas, joindre à ces causes l'insuffisance du sommeil et les préoccupations d'ordre moral.

Lorsque les aliments absorbés en trop faible quantité ou mal assimilés par suite de maladies du système digestif ne réparent plus les pertes d'un organisme qui travaille, ce sont les tissus de réserve qui fournissent à cette réparation. Si ces réserves sont elles-mêmes épuisées, ce sont les organes essentiels à la vie qui font ks frais des combustions contemporaines du travail.

Soumis à un tel régime de nutrition, l'organisme se consume peu à peu, et la soustraction continue des matériaux qui en font partie intégrante amène un état général de faiblesse relative et prédispose aux maladies.

Nous savons que la permanence du poid» est le signe d'une bonne nutrition. Toutes les fois qu'un homme est dans des conditions normales de structure, l'amaigrissement témoigne d'un surmsnage chronique ou d'une maladie en évolution.

LA FATIGUE 2o3

« Il faut à l'organisme, a dit Lagrange, pour être réellement fort et résistant, une certaine masse d'éléments ; si on les lui prend d'un côté, il faut les lui rendre de l'autre, et ce qu'on ôte de graisse à un homme ou à un cheval à l'entraînement, il faut le lui restituer sous forme de muscles, sous peine de le jeter dans un état d'affaiblissement qui diminue sa résistance. »

L'épuisement peut se localiser sur un organe, le cœur, le cerveau, par exemple, ou sur un système organique tout entier : le système musculaire, la fonction digestive.

Beaucoup de névropathes ne sont que des épuisés. Le changement de milieu, du repos et de bons aliments les guérissent. Mais on leur donne de l'eau, on les met au régime triste des nouilles et on les isole !

Dans le surmenage chronique, la fatigue ne se traduit ni par un empoisonnement de l'organisme, ni par de la fièvre, ni par de la courbature, mais par un état de dépression dont l'intensité et les formes peuvent varier beaucoup et dans lequel les manifestations nerveuses, entre autres la neurasthénie, tiennent toujours une grande place. Les névropathes sont légion. Ces malades sont précisément ceux que l'éducation physique bien conduite, associée à l'hygiène, peut radicalement guérir. Le nombre des hommes et des femmes qui mènent, aussi bien à la ville qu'à la campagne, une vie d'épuisement continuel est immense. Les maladies nerveuses qui en résultent sont d'observation courante.

Cependant, ces malades se plaignent peu. Leur entourage ne paraît pas s'apercevoir de leurs souffrances et ne les plaint pas. Aujourd'hui, les névralgies, les gastralgies et les névroses, à tous les degrés, représentent le fonds de la pathologie moderne.

L'exercice physique etlemouvement bien administrés, bien dosés, pourraient, si nous le voulions, nous délivrer promptement de ces maladies qui traduisent les effets de l'épuisement nerveux, aboutissant ordinaire du surmenage physique aussi bien que du surmenage intellectuel et des préoccupations morales.

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