TÉMOIGNAGES HISTORIQUES
Les sciences se doivent aider réciproquement, et quand dans l'une d'elles une question difficile ou tout au moins fort débattue peut recevoir quelque éclaircissement d'une science voisine, c'est un devoir d'aller chercher cette lumière. Nous sommes parfaitement persuadé, sans doute, que la physiologie peut se suffire dans la démonstration de l'unité de l'espèce humaine, et toutes les preuves que nous avons fournies dans les chapitres précédents , donnent à la solution irouvée toute certitude. Rien ne nous oblige donc réellement à faire appel à une autre science. Mais'l'excès de lumière dans les sciences n'est jamais un défaut, et quoique Tunité de l'espèce humaine soit physiologiquement une vérité toute certaine, il ne nous parait pas superflu d'ajouter encore à cette vérité l'éclat que les renseignements historiques lui donnent. D'ailleurs, nos adversaires nous appellent eux-mêmes sur ce terrain, en attaquant sa solidité.
Deux témoignages historiques sont donnés en faveur de l'unité de l'espèce humaine : l'un, tiré du seul livre qui donne les origines de l'humanité, la Genèse mosaïque, fait voir toute l'humanité descendant des trois fils de Noé, et indique les grands mouvements de leur dispersion ; l'autre, plaçant en regard la conformité des traditions de tous les peuples, aussi bien que la conformité des sentiments moraux, à quelque époque et sous quelque latitude qu'ils aient vécu, montre qu'ils appartiennent à la même famille.
Cependant, que ne nie-t-on pas? Écoutons Tune de ces négations émanées d'un physiologiste professeur. Si] elle n'était partie de si •haut, nous l'eussions négligée ; mais pour l'honneur même de l'école de Paris, nous devons la signaler et la relever.
a La plupart ()es auteurs qui ont médité ou écrit sor l'ethnologie