OB U MORT
avons esquissé au livre 1V% De l'unité et des relaiicns dam Vhanme* Nous avons vu que les^ facultés végétatives sont liées aux faoultés animales, et œlles-ci aux facultés intellectuellaâ ) de sorte qu'il y a réciprocité d'influence entre elles , qu'elles s'excitent les unes les autres et sont dépendantes mutuellement ; mais de sorte aussi que les facultés végétatives forment la base et le soutien de Tédifioe, lea facultés animales le milieu et le lien, et les facultés intelleGtuelleii le sommet et le couronnement
L'ensemble et l*unité de ces trois .facultés sont absolument nécessaires pour constituer l'homme parfait, qui sans ses facultés.intel-^ lectuelles ne serait qu'un animal, et qui avec, les seules facultés végétatives ne serait qu'une plante, qui ne peut avoir son. intelli-^ gence sans son animalité, ni son animalité sans sa végélabilitéi Toutefois on accepte que l'enfant au berceau, l'idiot et la décrépitude manquent d'intelligence : si cela est (ce dont je ne saurais absolument répondre, et sur quoi il faut faire d'ailleurs une réserve, car la faculté qui ne se développe pas subsiste cependant), si cela est| dis-je, l'homme peut vivre sans ses facultés intellectuelles.
Il est également admissible que l'homme peut vivre sans la majeure partie de ses sens et de ses mouvements. 11 peut vivre étant privé de l'ouïe, de la vue, du goût, de l'odorat; peut-être même peut-il vivre sans le toucher, quoiqu'il soit impossible d'en donner d'exemple. 11 peut vivre également sans les mouvementé de ses mains, de ses bras, de ses jambes, de son corps i la privation des mouvements extérieurs n'entraîne pas la mort. Mais il ne peut vivre cependant s'il est tout à fait privé de ses facultés animales i le mouvement intérieur qu'elles prêtent aux facultés végétatives est absolument nécessaire à la respiration, à la circulationi aux sécnré* tions, à la digestion.
Les facultés végétatives, ayant pour but spécial la constitution du corps, il est évident que si on les supprime, la mort arrive inévita*blement: supprimez la végétalité d'une partie, c'est-à-dire son acte formateur et 6a caloricilé, elle meurt immédiatement. Dana leur ensemble, les facultés végétatives sont donc absolument néces* saires à la vie. Mais il est vrai qu'on peut les altérer sur un poini sans que pour cela l'économie tout entière soit immédiatement atteinte de mort. Plusieurs fonctions différentes accomplissent ces facultés, et, comme dans les facultés animales, quelques-unes d'entre elles peuvent être supprimées sans danger immédiat. Supprimez le» fonctions génératrices, la mort n'est pas pour cela nécessaire. On peut enlever la rate, les capsules surrénales, sans que la mort
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arrive. On peut enlever également l'estomac et l'intestin , ou mieux supprimer la digestion par l'abstinence. Le corps en souflTre, h nutrition de toutes les parties est an^oindrie, mais comme il y a dans l'économie des matières qui peuvent être assimilées pendant un certain temps, la mort n'est pas immédiate, quoiqu'elle arrive forcément après un temps plus ou moins long. Le foie et les reins ne peuvent être supprimés ou mis en état d'inaction complète sans amener la mort plus ou moins rapidement. La peau, comme organe d'excrétion, est non moins nécessaire; et un chien dont on enduit tout le corps d'une couche de poix , meurt rapidement, selon M. Cl. Bernard. La fonction du poumon qui reconstitue le sang veineux en sang artériel est également nécessaire d*une manière absolue ; la suppression de l'hématose dans l'asphyxie amène rapidement la mort.
L'existence est, comme nous l'avons vu, le résultat de rassociaiion de l'àme avec le corps : or, si cette association devient impossible, la^mort arrive , et elle ne peut devenir impossible que par le fait du corps. L'âme a, par sa nature même, soit' d'être unie à la matière, nous l'avons vu : elle s'unit au corps et Tétreint dans l'amour de son union, et accomplit les actes avec lui. Mais si le corps ne peut suffire à cette union, ou lui résiste, ce n'est pas l'âme qui le quitte, c'est lui qui quitte l'âme. Ainsi dans cette union, l'acte principal, c'est l'union, et par cela même la constitution, la formation du corps. Par la pensée, supprimez l'acte formateur essentiel, Vocif nutritifs dans toutes les parties du corps, et immédiatement la mort arrive. De sorte que l'acte essentiel de la vie, la fonction vraiment vitale, c'est la nutrition de toutes les parties du corps. C'est avec le corps et par lui que l'âme vit de l'existence de ce monde, et son acte vraiment vital, c'est de constituer son corps.
Cela est si vi'aî, que les divers organes de l'économie ne sont plus ou moins immédiatement utiles à la vie qu'autant qu'ils subviennent plus ou moins immédiatement à la nutrition générale. La cessation des fonctions du cœur amène la mort presque tout de suite, parce que le sang n'est plus envoyé aux diverses parties pour subvenir à leur nutrition. La cessation de la respiration empêche le sang d'éire hématose, el en peu de temps la mort arrive parce que le sang n'est plus apte à la nutrition et est chargé de gaz acide carbonique qui empoisonne. La section du bulbe rachidien entraîne immédiatement la mort, parce qu'elle arrête subitement la conlractilité du poumon el des vaisseaux. Et les autres organes dont l'ablation ou la cessation de fonctions entraînent la mort après un temps plus ou moins longi