‹ Physiologie généraleChapitre 93 sur 107 · DB LA MORT · texte numérisé non relu

DB LA MORT

Enfin l'homme meurt. Comme tout ce qui vit, son existence n'est qu'un passage plus ou moins prolongé, et qui arrive h un terme

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inévitable. Qu'est-oe donc qao ce terme? Qu'est-ee que la mort el comment arrive -t-el le? Voilà ce qu'on se demande avec anxiété, è quelque école que Ton appartienne, et quelle que aoit la fernieté d'esprit. Les médecins, comme les théologiens et lès pliilosophes; ont élé appelés à s'expliquer sur ce redoutable sujet.

Tbut ce que nous devons examiner dans ce chapitre se renferme dans les six points suivants : !• Ce qu'eti la mort ; 2* des genres de mort; 8** les signes de la mort; 4* du cadavre et de la putréfaction ; S" de la génération putride, dite spontanée; 6* de l'âme séparée.

C'est une vérité antique et reconnue que la mort est une dissolu* tion : dissolution du composé naturel, de l'union de Fàme avec le corps; dissolution du corps lui-même et des combinaisons matérielles qui le constituent. C'est comme un dogme de l'humanité qui s'est conservé dans la tradition hébraïque et dans celle de tous les autres peuples; les voyageurs Tont retrouvé cbea toutes les nattions, dans les tribus les plus sauvages, dans tous les temps, chee les sauvages de l'Amérique ou de l'Océanie, comme chez les nègres de l'Afrique, comme dans leis religions de Textréme Orient. Sons le paganisme, cette vérité avait enfanté U métempsycose, qui la retraçait d^nsle passage des âmes sur TAchéron et sur le lacMœris, et dan& ces ombres revenant plaintives demander une sépulture pour leur corps abandonné. De là, dans tous les pays, un respect religieux pour les morts.

Socrate, épurant les fables grecques, en avait extrait et résumé le fond de vérité dans la plus grande précision; il en avait donné, comme Platon le rapporte dans le Phédon, la solution philosophique la plus belle qui ait été présentée. C'est dans cet admirable dialogue, le chef-d'œuvre le plus parfait de la philosophie grecque, que l'on rencontre pour la première fois l'exposition de ces deux principes : Ce qui est composé est mortel^ ce qui est simple est immortel ,

Mais malgré l'immense autorité de cet enseijgnement et l'admirable dialectique qui a servi à l'établir, la solution n'est pas sans ombre qui l'obscurcisse. En effet, tout ce qui est simple est-il bien îmnior* tel ? Les philosophes chrétiens ne l'ont pas admis en attestant que l'âme humaine l'est seule, que celle des animaux et des végétaux ne Test pas. Il ne suffit pas qu'une chose soit simple, il faut encore qu'elle puisse subsister indépendante dans son activité ; et Tàme humaine ayant seule l'intelligenoe, c'est-à-dire possédant seule

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l'aetivité qui peut être en acte en dehors de la matière est seule immortellâ.

D*un autre c6té, ce qui est composé est-il inévitablement mortel ? C'est encore ce qu'ont récusé les mômes philosophes en objectant que l'homme n'était pas créé pour mourir, non plus que la nature de ce monde ; que la mort est un fait contre nature auquel tout répugne, dont tout gémit; qu'elle est un fait surnaturel, c'est-àdire sans cause naturelle admissible, et qu'une dégradation de la nature seule l'explique. Ils rappellent alors ces paroles delà Genèse : a Adae verô dixit Deus : Quia audisti vocem uxoris tuse, et comedisti » de ligno ex quo prœceperam tibi, ne comederes, maledicta terra » in opère tuo.... In sudore vultus tui vesceris pane, donec rêver- » taris in terraro de qua sumptus es ; quia pulvis es et in pubre^m » rêver teris. » (m, 17, 19.)

Non, la mort n'est pas un fait naturel, et il est bien vrai que tout y répugne, tout en gémit, le riche et le pauvre, l'homme heureux comme le malheureux, et même l'animal et la plante comme l'homme^ Cette béte qui se traîne languissante du coup mortel qui vient de l'atteindre, ou chargée des infirmités d'une longue vieil* lesse ; cet arbre tombé sous la cernée du bûcheron ou sous la serpe du jardinier, ou dégradé par les misères de son grand âge, tout aussi bien que l'homme, quoique à un moiudre degré, attristent le regard du spectateur le plus indifférent : tout ce qui périt de ce qui nous touche, fait naître en notre cœur la tristesse et la pitié, et comme un soupir de regrets et de remords. Il semble que l'homme se sente coupable de toute cette nature qui gémit et succombe !

Certes, la solution de Socrate et de Platon renferme un fond saisissant de vérité. On vojt bien que les substances matérielles seules subsistent indéfiniment dans leur simplicité; que l'oxygène, l'hy* drogène, le carbone, l'azote, l'or, l'argent et les autres, se retrouvent les mômes en sortant de toutes les combinaisons où ils sont entrés ; que les mixtes seuls périssait, la combinaison elle-même seule succombe; que dans les êtres animés tous les éléments se retrouvent sans jamais disparaître, et que leur composition seule se détruit pendant que leur principe d'activité s'évapore. Hais la loi de persistance est plus naturelle que la loi de destruction : tout atteste que ce qui est produit est fait pour durer, et tout prouve, dans le monde physique comme dans le monde moral, que la mort n'est pas le fait de la caase d*acâvitè« mais de causes étrangères qui viennent détruire ou enrayer Tacte et détruire le mouvement.

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Qui, tout assure que la persistance de l'être est la loi, et la destruction une contre- loi; et que Tune est un bien, l'autre un mal. L'une un bien, parce que le bien seul subsiste, et que tout ee qui est créé est fait pour le bien, même dans les œuvres des créatures. L'autre un mal, parce que le mal ne subsiste pas par lui-même, qu'il n'est qu'une négation, une destruction, une mort; que rien de mal n'a pu être créé, parce que le mai ne peut être lui-même; que même dans les œuvres humaines le mal ne peut exister sans un substratum qui le fait être. Et dès lors la mort n'est dans la nature qu'une négation attachée à une vérité, ne subsiste que par elle, et ne s'y trouve que pour la détruire, comme le ver ronge lé fruit qui le nourrit. Elle est contre nature, puisque, ne pouvant être sans la vie, elle détruit l'être qui lui donne l'existence.

Attachée à notre nature comme une disposition anormale mauvaise qui la ronge, elle ne peut être née que comme une erreur, une faute, ainsi que nous l'expliquions au livre 11% chap. iv, § 3 (voyee aussi Stahl, Theoria medica vera : Patfioi,, roemb. il ; Pc^hoi, gen,^ memb. i). Disposition qui dès le berceau tend à pervertir notre nature, que nous avons apportée en naissant, qui nous fait sentir les misères de la vie et les pesanteurs de l'âge, et qui triomphe à notre destruction on ce monde, sans pouvoir atteindre le principe spirituel et immortel dans lequel nous survivons.

La mort est donc bien un mal^ fruit d'une disposition mauvaise, ou comme la suite d'une erreur, d'une faute, et comme la solde d'une chute. Mais les philosophes chrétiens nous apprennent que ce mal trouve en lui-même sa réparation, et que pour la créature frappée. de misères et d'infirmités par suite d'une faute originelle, la mort est un bien⁢ vérité cimsolante sans doute, mais qui cependant ne tarit pas les regrets. « Dieu, dit saint Irénée, a eu » pitié de l'homme ; il l'a éloigné du paradis et de l'arbre de vie, » non par jalousie, comme quelques-uns le disent, mais par pitié et, 0 pour que son péché ne fût incurable ni éternel .. . 11 l'a condamné à » mourir pour mettre fin au péché, afin que par la dissolution de la s> chair l'homme mourût au péché pour commencer de vivre à Dieu. » [Adv. hœr., liv. 111, cap. 3.) Bergier, auquel nous empruntons ce texte [Dict, de théoL, art. Hort)^ ajoute : a Saint Théophile d'Anj» tioche, saint Méthode de Tyr, saint Hilaire de Poitiers, saint » Grille de Jérusalem, saint Basile, saint Ephrem, saint Epiphane, » saint Ambroise, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Jean Chrysos^ » tome, etc., enseignent la même doctrine. » Ils ont été suivis par saint Augustin : ce père l'a soutenue ainsi, non*seulement contre

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las manichéens, mais contre les pél&ëgiensi « Dieu, dit-il, a donné à n rhomme un moyen de récupérer le salui par la mortalité da la » chair. » (Liv. III, De lib. arb^i o. 10i n" 29 et M.) « Qu'après le » péché le corps de l'homme aoit devenu faible et sujet à la mort» » c'est un juste châtiment, mais qui démonire de la pari du Set- » gneur plus de clémence que de sévérité. «> {De vem relifi^ c 15, n° 29.) 0 Par la miséricorde de Dieu^ la peine du péché tourne à » l'avantage de Thomme. » {Contra dan» Spist. pelag., lir. IV, c. Ui n» 6.) « Ce que nous souffrons est un remède et non une ven- » geance, une correction et non uned(imnation. »{Enehy. ad. Lmar.^ c. 27, n° 8 ; />e pecç. meritis etremiê$., liv, II, c. 33, n** 5^.)

La mort est donc la séparation de Tàme et du corps, et sa eause est une disposition transmise par génération* Mais la noort peut arriver de bien des manières et pour des causes bien différentes : quels sont ces modes, et comment agissent ces différentes causes? Nous renfermerons ce qui s'y rapporte sous ces trois titres : i" de ia mort naturelle ; T de la mort accidentelle ; 3* des fonctions vitales et du nçBud vital.

L De te nMMrn vAtwrelle* — Depuis longtemps on distingue deux genres principaux de mort : dans l'un, la mort arrive à la période ultime de la vie, et elle en est comme le terme naturel ; dans l'autre, elle vient couper le fil de la vie au milieu de son coars, comme un accident ou une violence dans la nature. Cette division, encore admise dans les plus récents traités de physiologie, était déjà admise par Aristote : « Nam mors altéra violenta est, altéra nata- » ralis : violenta, cum principium extrinsecùs advenit; naturalis* » cum idem in ipso aniniali est. » {De vita et morte ^ cap. xii.)

Aristote a raisonné, et avec lui tous ceux qui l'ont suivi jnsqu^à DOS jours, en dehors des doctrines que nous venons d'exposer chdessus. 11 admet une mort naturelle qui arrive comme le résnltat « d'un principe intérieur » qui termine naturellement la vie, et one iDort accidentelle comme le fait k d'un principe extérieur » qai vient arrêter la vie. C'est là une double erreur. La mort est le fait d'ane disposition qui est en nous, nous l'avons montré ; et en ddiors de cette disposition, le fait même de la mort est inexplicable. Donc, qu'elle arrive au début de la vie, dans le milieu de son cours, on I un âge avancé, elle est toujours le résultat inévitable de oelte dis-

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position. Reste la question des circonstances suivant lesquelles cette dispgsitioD se réalise dans un temps ou dans un autrci d'une manière ou d'une autra En réalité, la mort est toujours uft fait surnaturel en lui*mème, et un accident.

Ne confondons pas loi trois choses qui doivent être distinguées : la disposition à la mort, qui est la raison d'être du fait; la cause occasionnelle, qui lui donne occasion de se produire ; enfin, he fait lui-même, qui est la consommation de Tacte. Pour que Thomme puisse mourir, il faut qu'il y soit disposé, qu'il ait une disposition à cet événement. Hais de ce qu'il y est disposé, il ne s'ensuit pas qu'il doive mourir tout de suite ; l'enfant qui vient de nsHre est disposé à la mort, et le jeune homme, l'homme adulte^ le vieillard même, sont comme l'en&nt disposés à la mort ; mais, pour qu'ils meurent^ il faut une circonstance, une occasion qui détermine l'événement. En réalité, la mort est donc toujours le fait d'un accident.

On s'imagine que la mort sénile est comme une conclusion naturelle de la vieillesse : on peint le vieillard s'afTaiblissanl peu à peu, perdant ses facultés les unes après les autres, mourant pour ainsi dire petit à petit, jusqu'au moment où la vie n'est plus possible. II y a du vrai dans ce tableau, mais il y a aussi du faux. Le vieillard s'affaiblit, il est vrai, se dégrade même, et ressemble, comme on l'a dit, à un monument qui tombe en ruine, et dont une pierre se détache chaque jour ; c'est même la disposition h la mort qui le dégrade, qu mieux c'est par elle que les causes extérieures le détruisent peu à peu. Cependant ce vieillard, tant qu'il vit, possède la vie; c'est une banalité qu'il faut répéter; il n'a plus toutes ses facultés, mais il ressemble à l'enfant qui ne les a pas toutes^ et aussi bien que loi il vit» Pour qu'il meure, il faut un accident : peu de chose, sans doute, presque rien, un grain de sable qui brise cette statue d'argile ; mais enfin il faut cet accident, ce pen de chose, ce presque rien, cette petite pierre !

Aristote émettait l'avis ({ue la mort sénile n'est qu'une extinction de la chaleur vitale par reiroidissement {loc, ciV.), et beaucoup d'auteurs ont partagé cette opinion. Le refroidissement facile chez le vieillard comme chez l'enfant est un fait vrai. Mais un feu qui se refroidit n'est pas un feu éteint ,: la puissance d'engendrer la cIuh leur est moins forte, mais elle existe. Supposez-la si faible que vous voudrez, elle existe. encore. Pour qu'elle disparaisse, il faut qu'elle soit éteinte à un moment douné, et c'est à ce moment, à cet acei«« dent qu'il faut une cause. La chaleur était moindre, mais elle était ; elle n'est plus, c'est un autre fait.

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J. P. Tessier a écrit sur ce sujet oetl«^ M\e p^e :

a On aime à se représenter celle-ci (la mort) comfne la conclusion naturelle du mouvement vital , comme le dernier tour d'une machine dont les rouages se sont usés à force de servir ; mais rien n'est plus faux que ce roman. La mort surprend tout homme dont elle arrête la vie, comme un cavalier arrête son cheval en tirant la bride.

» Les anciens, pour exprimer cette vérité, avaient imaginé la fable des Parques occupées à dérouler sur leurs fuseàUx le fil dé notre vie, coupant ce fil avec leurs ciseaux à des longtteum diflé* rentes, suivant Varrêt du destin. La sagesse inspirée com|;>aré la mort à un voleur. Voilà la vérité, et les tables mortuaires publiées ehacpie matin nous montrent des vies tranchées, les ttnes au moment de la naissance, les autres au commencement ou au milieu de eea périodes qu'on appelle les âges. Les gouvernements demandent des statistiques sur les causes des décès ; à quoi cela s'applîquerait-il, si la mort n'était que l'épuisement de la vie, le repos d'une machine dont le ressort n'a que tant ou tant de longueur, la dis|)ariUon d'un astre par suite d'un mouvement de rotation qui doit durer un certain nombre d'heures, sans une minute de plus ni une seconde de moins? Du reste, à propos de quiconque descend dans la tombe, on entend répéter : « Il est mort avant le temps. » A peine fait-on une exception pour les vieillards caducs.

« Le bon sens public, le bon sens génélral, reconnaît donc parfaitement que la mort est l'interruption, la section de la vie, puisque tout le monde meurt avant le temps, » {L'Art médical^ 1858, t. VU, p. 11.)

Ce mot est souverainement vrai : la mort est Vinterruption^ la section de la vie ; par conséquent, c'est un accident qui arrive sons le coup de causes accidentelles, occasionnelles, et les genres de mort ne sont que les genres de causes accidentelles qui la produisent.

II. Iles «•«•«• aceldeiiielleB. —Lee théories phjwàmêo^/àqimmm»

--^ Les causes accidentelles qui amènent la mort sont extrêmement nombreuses : les maladies diverses, les accidents chirurgicaux, les empoisonnements, les chagrins, les événements inconnus qui déterminent une mort subite. Quelquefois c'est après quelques joors^ des mois, des années de souffrances, que la cruelle arrive ; d'autres foiis c'est subitement^ en quelques instants. Les médecins ont cherché à se rendre compte de ces accidents,

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et ils* se sont demandé quels sont les organes qui, étant atteints, annènent la mort. Bichat, dans ses Recherches sur la vie et la mort (II* partie), établit que la mort arrive par là cessation des fonctions du cerveau, du poumon et du cœur. Il ne fit en cela que. suivre une doctrine toute semblable émise un siècle avant lui par Lancisî {De subitaneis mortihm libri duo, Rome, 1707, in-4'']; et ce serait justice pour nos modernes de reporter au médecin romain un peu de la gloire d'une doctrine pour laquelle Bichat a beaucoup fait sans doute, mais dont il eut le tort, tort grave, de ne, pas indiquer l'origine. Quoi qu'il en soit, cette doctrine est généralement adoptéq.

Bichat, comme Lancisi, n'a eu en vue que d'expliquer les morts subites, et il veut négliger la mort quilirrive par suite de maladies. Les morts subites sont, pour lui, faciles à analyser, par la nature même, et parce que d'ailleurs on peut les imiter sur les animaux. « 11 est, au contraire, rarement en noire pouvoir de produire artificiellement, dans les espèces différentes de la nôtre, des maladies semblables à celles qui nous affligent. Nous aurions cette faculté, que la science y gagnerait peu ; les lois vitales sont, en effet, tellement modifiées, changées, je dirais presque dénaturées par les affections morbifiques, que nous ne pouvons plus alors partir des phénomènes coonas de l'animal vivant, pour rechercher ceux de l'animal qui meurt. Il serait nécessaire pour cela de savoir ce qu'est cet état intermédiaire à la santé et à la mort, où toutes les fonctions éprouvent un changement 6i remarquable, changement qui, varié à l'infini, produit les innombrablBs variétés de maladies. Or, quel médecin peut, d'après les données adaelles de son art, percer le voile épais qui cache ici les opérations de la nature ? quel esprit judicieux osera dépasser sur ce point les limites de la stricte observation? » (II* part., art. 1.)

Il n'en est pas moins vrai que, généralement, toute mort est expliquée dans l'école par la cessation de fonctions de l'un des trois organes, dont Bichat dit fort justement d'ailleurs, que « l'action de l'un de ces trois organes est cgagnlîeliement nécessaire à celle des deux autres. Quand l'un cesse d'agir, les autres ne sauraient continuer à être en activité ; et comme ils sont les trois centres où viennefit aboutir tous les phénomènes secondaires des deux vies, ces phénomènes s'interrompent inévitablement aussi, et la mort générale arrive. > {Ibid.) De là cette conséquence généralement tirée, que la mort arrive toujours par la cessation de fonction de l'un de ces trois organes.

Gemment cette cessation de fonction peut-elle arriver dans les

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accidents divers et les maladies ? C'est ce que doit enseigner la pathologie ; car, en définitive, la mort n'est que le résultat final des accidents et des maladies.

Pour nous, il y a ici une grande question à peine posée. Nous voudrions la voir élever au-dessus du point de vue organicien. La vie, nous paratt-il, et tout le monde l'accorde, peut durer parfaitement après l'abolition des facultés intellectuelles; elle peut durer encore après la perte de presque toutes les facultés animales, les sens, le mouvement volontaire ; mais elle cesse dès qu'on supprime la contractilité organique qui sert aux actes végétatifs, et dès que les actes végétatifs s'arrêtent. C'est donc de l'ordre végétatif que dépend l'existence, et G*est en lui qu'il me paraîtrait nécessaire de re* cherclier l'action des causes de la mort. Pour me rendre plus clair: la mort arrive, me paratt-il, lorsqu'un trouble quelconque est assez grand pour arrêter cet ordre végétatif. C'est là ce qu'il faudrait rechercher dans le détail, etcequi serait le sujet d'un magnifique travail

Nous n'en dirons que quelques mots, à propos du sujet suivant, si préoccupant depuis Bichat.

m. Des ffonettona vitales. — Dn nœud vital. — Bichat reconnaît lui-même que sa doctrine sur la mort n'est qu'une application de la doctrine ancienne des fonctions vitales. Dans lé même article cité plus haut, il ajoute : c Les physiologistes ont connu de tout temps l'importance de ce triple foyei^ : presque tous nomment fonctions vitales celles qui y ont leur siège, parce que la vie leur est immédiatement enclialtiée, tandis qu'elle n'a que des rapports plus éloignés avec ed qu'ils appellent fonctions naturelles et animales. »

1^ On appelle donc fonctions vituies, les fonctions du cœur, da cerveau et du poumon, parce que c'est d'elles que la viB dépend plus immédiatement. i

J'ai déjà dit combien était équivoque cette expression : fonctions vitales. Je dois encore insister. 11 n'existe pas de fonctions ni de facultés qui aient pour but d'entiiôtëfrtr la vie, qui aient la vie pour objet ; mais il en est qui', an^lées subitement, déterminent la mort: enlevez le cerveau et la muelle allongée, arrêtez la respiration, 6tez le cœur, et la mort arrive peu après. En réalité donc, on n'appelle fonctions vitales que celles qui, étant supprimées, amènent la mort presque immédiatement ; mais la digestion, les sécrétions, la nutrition, sont tout aussi vitales dans le fait, parce que sans elles la vie n'est pas possible, quoique la mort n'arrive pas aussi subitement-

Pour bien examiner cette question, reprenons le sujet que nous

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