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CHAPITRE X

les moineaux, les coqs, les lapins, les singes, ont le cervelet proportionnellement plus gros que les autres. Les oiseaux en général n'ont jamais une plus grande disposition à chanter que dans le temps de leur accouplement, parce qu'alors l'affluence des humeurs vers le cervelet excité se communique aux parties voisines, qui s'accroissent, se gonflent et se lubrifient davantage, comme on le remarque aussi par la mue de la voix et par les autres phénomènes de la puberté chez les hommes.

Après les chaleurs de l'amour, tous les animaux éprouvent une faiblesse et une diminution de chaleur d'où résulte un état de langueur plus ou moins long, auquel l'intelligence elle-même participe tellement chez l'homme, que l'abus des plaisirs vénériens peut non seulement l'hébéter, mais même en causer la perte totale, tandis que le corps ne souffre pas autant à proportion; ce qui prouve évidemment qu'il y a une grande sympathie entre les parties contenues clans le crâne et celles qui exécutent l'acte de la génération. Dans les oiseaux, la chute des plumes, le flétrissement de la crête, la tristesse et tous les phénomènes de la mue qui succèdent aux époques de leurs chaleurs, tiennent à ce que les humeurs n'étant plus portées avec autant de force et d'abondance vers la tète, dont la chaleur et la réaction se trouvent épuisées, ne suffisent plus à l'exubérance des plumes ni au luxe des autres parties.

Les mulets, que l'on sait ne pouvoir engendrer que dans les pays chauds, ont le cervelet très-petit,

comme on peut en juger par le rapprochement de leurs oreilles. Plusieurs insectes ont, à l'époque de l'accouplement, des excroissances correspondantes au cervelet, lesquelles s'évanouissent ensuite et manquent chez ceux qui ne s'accouplent pas.

Le cervelet des femmes est plus resserré vers le trou occipital et en général plus petit que celui des hommes, aussi cessent-elles plutôt que les derniers d'être fécondes; d'ailleurs leur état passif, leurs époques menstruelles , les pauses de leurs grossesses, s'accorderaient mal avec une énergie plus grande. Gall croit que non-seulement la femme a moins de vigueur, mais aussi moins d'impulsion et de plaisir que l'homme pour l'acte de la génération; ce qui s'accorde avec la doctrine d'Hippocrate, qui, sous le titre De genitura, s'exprime ainsi : In venere exercenda longe minorent quant vir voluptatem mulier percipit, vir ver à etiam diuturniorem ; ce qui veut dire que les plaisirs vénériens sont moins voluptueux et moins durables pour la femme que pour l'homme. Il faut que Gall et Hippocrate, pour juger de la sorte, aient su déduire de la balance l'influence de la mollesse et du désœuvrement qui semblent arguer leur doctrine de faux pour les grandes villes, où l'ennui, l'imagination désœuvrée et l'exaltation perpétuelle du genre nerveux relèvent et stimulent constamment le goût des plaisirs chez les femmes; ce qui, en effet, les rend trèsdifférentes des campagnardes et des femmes du peuple, qui, après leurs travaux fatigants, sont plus

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