CHAPITRE X
chaleur du cervelet qui feraient naître les désirs vénériens lorsqu'on est couché sur le dos? N'estce point à la sympathie du même viscère qu'il faut rapporter la salacité de tous les sujets nerveux, puisqu'après leur mort l'on trouve toujours la cervelle plus ou moins phlogosée?
Quoi qu'il en soit, Galî a observé, avec plusieurs autres médecins, que dans le gonflement des glandes du cou les malades sont sujets à de fréquentes érections, lesquelles paraissent aussi plus fortement provoquées par l'application des vésicatoires à la nuque que par leur emploi sur d'autres parties du corps. Gall a connu , à Vienne, un aliéné dont les appétits vénériens étaient insatiables, et croyait avoir six femmes à servir tous les jours. Après sa mort, on lui trouva un cervelet énorme. Gall cite un princeévêque d'Allemagne, dont les médecins, au nombre desquels s'est trouvé le célèbre J. P. Franck, ne purent guérir le délire erotique que par la castration. Il s'en rapporte d'ailleurs au témoignage des plus habiles praticiens, qui, pour guérir le satyriasis et la nymphomanie , ont dû renoncer au traitement purement local pour agir sur le système nerveux ep général , en dirigeant l'effet des médicaments vers la nuque et la tête. La maladie dorsale et la dégradation intellectuelle après les excès vénériens, le mouvement du cou en arrière chez tous les animaux après l'acte du coït, l'habitude qu'ont les filles de porter leurs mains sous la tête durant l'éréthisme, par un mouvement automatique; l'inflammation
sympathique des parties sexuelles dans les plaies de la nuque, l'impuissance même qui résulte des blessures du cervelet, tout cela sert à confirmer l'opinion de Gall sur l'organe du rapprochement des sexes. Hippocrate lui-même , sous le titre De Geni* lura, s'exprime ainsi : Qui rétro aures seclionem experli sunt, ii venerem quidem exercent, verum semen paucum, imbecitle et infœcundnm emittunt. Maxima siquidem seminis pars e cap île secundum aures in spinalem medullam fertur ; c'est-à-dire : Ceux qui ont été blessés derrière les oreilles, ne donnent plus , dans le coït qu'ils peuvent encore exercer, qu'un sperme peu abondant, faible et infécond ; parce que sa source principale dérive de la partie postérieure de la tête, en suivant la moelle épinière.
Lorsque Gall eut parlé de l'organe en question dans son premier cours de physiologie du cerveau à Paris, le docteur Larrey lui amena un militaire imberbe, dont l'âge fut deviné par les assistants être au plus de vingt ans, quoiqu'il en eût trente-deux. Lorsqu'il fut sorti, M. Larrey dit qu'il avait été à l'expédition d'Egypte, et y avait reçu, à l'âge de dixsept ans qu'il paraissait encore avoir, un coup d'obus à la nuque ; que, depuis cette époque, la barbe avait cessé de lui venir, et qu'il n'avait montré aucun penchant pour le sexe.
Gall n'admet point, d'après les expériences de M. Flourens, qu'il dit ne connaître que par le rapport qui en a été fait à l'Institut par Cuvier,que le