‹ Physiologie intellectuelleChapitre 109 sur 298 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ne peut avoir lieu sans des mouvements souvent trèsvariés et parfois assez difficiles pour quelques animaux qui, cependant, les exécutent avec une grande précision, il me paraît très-raisonnable d'en rattacher la possibilité et l'exécution au même organe qui en donne l'instinct. La danse me paraît même être sous l'influence du même organe.

La critique des différentes opinions émises sur la doctrine de Gall , mènerait trop loin et au delà de mon but qui consiste à resserrer ma physiologie dans un seul volume. Cependant je ferai exception pour une thèse sur Y Exposition et Y appréciation des sources des connaissances physiologiques, soutenue publiquement devant le jury de concours à Strasbourg, le 18 juin 1836, par Ernest- Alexandre Laulh, dont plusieurs passages et entre autres les suivants, m'ont paru mériter aussi une appréciation.

« L'observation a fait voir qu'en général un grand développement du cerveau coïncide avec une forte intelligence; quelques exemples du contraire nous font voir toutefois que la grande masse du cerveau n'est pas la seule condition à considérer. Les rapports entre le développement d'une partie donnée du cerveau et une faculté intellectuelle particulière sont encore infiniment plus inconstants ; ce qui nous fait voir la futilité de la doctrine crâniologique de Gall. f

« Une jeune fille étant morte à la suite d'excès de masturbation, on trouva chez elle absence totale du

cervelet; celui-ci n'est donc pas l'organe de l'amour physique. »

« Le concours d'action des deux hémisphères cérébraux n'est pas indispensable à la production d'actes intellectuels ; ceux-ci ont persisté chez un individu chez lequel un des hémisphères a été trouvé dans un état complet d'atrophie. »

« Plusieurs faits tirés de l'anatomie comparée renversent l'opinion de Gall sur les fonctions du cervelet : cet organe n'est pas plus développé chez le cabiai domestique que chez le cabiai sauvage ; cependant le premier met bas plusieurs fois dans l'année, le second une seule fois seulement. »

"Voilà des passages qui peuvent paraître aux esprits superficiels bien concluants contre la doctrine de Gall, et c'est pour cela que je les ai choisis pour y appliquer les remarques suivantes. Je ne suspecte pas la bonne foi de M. Lauth , mais je révoque en doute l'exactitude de l'observation dune absence de cervelet chez une jeune fille morte à la suite d'excès de masturbation dont il n'a peut-être pas été témoin lui-môme; par la raison qu'une absence totale du cervelet dans l'espèce humaine est contraire aux lois constantes de la nature dans les adultes, et que, pour l'admettre comme exception dans un individu sorti de l'enfance , il faudrait des détails anatomiques et pathologiques que l'auteur laisse désirer. Il n'est d'ailleurs pas logique de conclure du particulier au général ( A parliculari ad générale non valet conclusio), ni d'arguer d'un état pathologique contre les

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