CHAPITRE X
observations de l'état naturel et normal, comme fait l'auteur en disant : Celui-ci (le cervelet) n'est donc pas r organe de l'amour physique, sans considération pour les phénomènes ? quelquefois si inattendus et si extraordinaires de l'irritation nerveuse dans la nymphomanie, le délire critique, le satyriasis, etc., sans qu'on en puisse chercher la cause dans une nouvelle création d'organe. Le fait fût-il démontré vrai, la conclusion serait encore fausse, parce que seul il ne peut annuler la valeur d'un grand nombre d'autres faits contraires cités par Gall , même en l'appuyant sur les vivisections de MM. Magendie , Flourens et autres , qui , en désignant le cervelet comme le régulateur de la locomotion, n'ont pas prouvé par là qu'il n'eût pas aussi la destination que Gall lui a assignée par des observations nombreuses.
Gall savait bien que le cerveau de l'éléphant est plus grand que celui de l'homme, et il n'a pas mesuré l'intelligence sur son développement général ni sur son développement relatif au reste du corps de l'animal, mais sur les développements particuliers des organes dont il se compose, en accordant, par exemple, à l'aigle une vue proportionnée à son nerf optique et beaucoup plus perçante et plus étendue que celle de la taupe.
N'en déplaise à M. Lauth, l'observalion ne prouve pas que les rapports entre le développement d'une partie donnée du cerveau et une faculté intellectuelle particulière soient inconstants, quand on sait
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faire la part des circonstances qui maîtrisent les rapports, telles, chez l'homme, que l'éducation, l'honneur, la religion, les convenances sociales et surtout la nécessité de l'exercice électif de certaines facultés préférablement à d'autres pour satisfaire aux besoins matériels de la vie, de l'ambition, etc.
La prétendue futilité de la doctrine crâniologique est moindre que celle de l'argument tiré de la différence de fécondité du cabiai domestique et du cabiai sauvage; car, sans être aussi savant que M. Lauth, l'on sait pourtant qu'une nourrilure abondante et régulière rend aussi les pigeons de colombier plus féconds que les sauvages. Les paralogismes de M. Lauth proviennent d'une légèreté d'esprit qui l'empêche de faire la part des circonstances. Gall ne laisse cependant pas ignorer dans ses ouvrages, si M. Lauth lésa lus, qu'une nourriture abondante et succulente rend les désirs erotiques plus fréquents et plus impérieux, et donne en général plus de force et d'aptitude pour l'exercice des fonctions intellectuelles et corporelles. Si M. Lauth en doute, je lui conseille de se procurer un cheval ; il verra, en le nourrissant alternativement de paille seule, puis de bon foin avec avoine, que sa vigueur variera comme la fécondité des cabiais. S'il n'en veut pas faire l'expérience, pour lui faire apprécier la part et l'empire des circonstances sur l'exercice des fonctions organiques je lui ferai observer que le castor, par exemple, ne bâtit plus sur les bords du Rhône, faute de tranquillité, et bâtit encore en Russie et en Améri-