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CHAPITRE XL

celui de la femme. Il chercha alors plus particulièrement la ressemblance qui pouvait rapprocher le singe de la femme. Un organe de l'imitation ne lui parut point assez plausible. Il voulut en faire l'organe de la sensibilité, qui est également grande dans la femme, dans l'enfant et dans le singe ; mais, réfléchissant ensuite qu'un attribut général de tous les organes ne pouvait être l'attribut exclusif d'un seul, il revint sur ses pas, et reconnut enfin que cette saillie exprimait l'amour des siens ou de sa race, lequel n'est nulle part plus prononcé que dans les singes. Voici ses raisons.

Cet organe est en général très-prononcé chez la femme, et l'on sait, à commencer par les poupées de l'enfance, que les femmes s'attachent plus à leurs enfants et soignent mieux ceux des autres que ne feraient les hommes; elles désirent même d'être mères au péril de leur vie : ce qui est conforme au vœu et au but de la nature, qui devait établir un lien assez fort pour que la mère nourrît et défendît ses petits. Afin de renforcer ce lien, il fallait aussi donner à l'enfant le principe d'une inclination et d'un attachement réciproque qui établit la sympathie et le retint avec ses parents aussi long-temps qu'il en aurait un besoin indispensable. Voilà pourquoi la même saillie est plus prononcée chez les garçons dans l'enfance que dans l'âge adulte ; quoique cependant elle ne le soit pas autant que dans les filles, dont l'attachement pour leurs parents est aussi plus fort. Cette différence est telle que Ton peut déjà reconnaître le

sexe par l'inspection du crâne des enfants. Il faut observer que les exceptions ne détruisent pas la règle, mais qu'elles la confirment; car le crâne des hommes très-atlachés à leurs enfants ressemble beaucoup à celui des femmes, tandis que celui des mauvaises mères s'éloigne du type ordinaire. Cet organe devait être rapproché de celui de la force générative dont il est le complément , puisque l'un serait inutile sans l'autre. Cependant l'un n'est point une modification ni une extension de l'autre; puisque l'on trouve souvent une aversion extrême pour ses enfants à côté de la plus grande propension pour le sexe, et réciproquement : d'ailleurs le mâle de plusieurs espèces d'animaux détruit les fruits de son amour. 11 y a aussi beaucoup de femmes qui, avec beaucoup de tempérament, craignent d'avoir des enfants, ou qui les détestent avant leur accouchement, tandis qu'après elles les aiment à la folie. L'on ne peut non plus attribuer la philogénésie au sentiment du besoin réciproque ou au raisonnement; puisqu'elle est d'autant plus marquée que la prévoyance du besoin et le raisonnement le sont moins, et qu'elle existe aussi parmi les animaux. Cependant la reconnaissance et le raisonnement peuvent y ajouter, y suppléer ou en prendre les dehors, quoique les plus grandes preuves d'attachement aux siens se trouvent parmi les peuples les plus pauvres et les plus près de la nature.

Dans les espèces d'animaux où le mâle ne montre aucun sentiment pour ses petits, telles que le taureau,

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