‹ Physiologie intellectuelleChapitre 114 sur 298 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

le chien, lo coq et autres, la saillie occipitale n'existe pas; tandis qu'elle se trouve aussi dans les mâles qui partagent la tendresse et les soins des femelles pour les leurs. Au contraire, on ne* la trouve ni chez le mâle ni chez la femelle des espèces qui n'ont aucun soin ni sentiment pour leur race; telles que les coucous ? qui laissent couver leurs œufs, nourrir leurs petits par d'autres oiseaux, et les crocodiles, qui déposent leurs œufs dans le sable où le soleil les fait éclore, sans qu'ils en prennent aucun soin ultérieur. Il paraît que les animaux sans philogénésie sont les plus voraces, les plus cruels et les plus féroces, quoiqu'elle ne donne qu'une bonté souvent peu avantageuse à la société et à l'espèce en général. Mais si dans l'espèce humaine l'on ne peut rattacher la philanthropie au même organe, il y a quelque raison d'y ramener comme à leur source primitive la philautie et la vanité; puisqu'après la perte d'un enfant chéri que l'on se plaisait à parer et à présenter à l'admiration de chacun, l'on se substitue volontiers à sa place avec une concentration d'amour-propre qui contraste singulièrement avec les convenances sociales.

Une femme dont la manie était de se croire enceinte de six enfants, avait, au rapport de Gall, une protubérance occipitale extrêmement développée.

Une autre, nommée Catherine Ziegierin, fut arrêtée à Vienne comme prévenue de vol, et ensuite remise en liberté faute de preuves, Au sortir de prison, elle rendit ses juges responsables du premier inlaii

licide qu'elle commettrait; arrêtée quelque temps après pour ce crime, elle avoua qu'un penchant irrésistible à l'infanticide lui avait uniquement donné l'envie de devenir grosse en retournant chez elle. Gall, ayant examiné son crâne, y trouva un tel aplatissement en arrière que toute la saillie de l'organe de la philogénésie semblait en avoir été retranchée, tandis que celui de la cruauté était très-développé, M. Blœde, dans son exposition du système de Gall, dit que la même chose a été observée sur deux autres infanticides l'une de Leipsig, et l'autre de Torgau. Gall paraît convaincu de la vérité de sa doctrine sur cet organe.

Ceux qui s'attachent à l'erreur de croire qu'un organe ne peut être sans la coexistence des fonctions qui en dépendent nieront peut-être celui de la philogénésie, qui quelquefois ne se manifeste qu'après l'accouchement. Mais ils doivent nier également, s'ils sont conséquents, que la matrice soit un organe de la génération, puisqu'elle est inepte à cette fonction avant l'âge de puberté; que les mamelles soient l'organe de la sécrétion du lait, puicque la galactose n'a lieu qu'après l'accouchement, etc. C'est une grande absurdité de supposer qu'un organe ne puisse être sans activité; car c'est exiger que toutes les fonctions dont on est capable s'exécutent à la fois, ce qui est impossible sans mettre le désordre du chaos dans l'économie animale. Personne ne s'avise de nier l'existence de la vue, de l'ouïe, et autres, quoique la vision et les autres fonctions n'aient pas

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