‹ Physiologie intellectuelleChapitre 119 sur 298 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

à aucun signe artificiel. Mais il n'a été convaincu de la réalité de son existence qu'après avoir vu coïcinder la même faculté avec la môme conformation chez beaucoup d'individus, entre autres : chez l'auteur du livre Dya-nasore; chez le professeur Stein, qui s'oriente dans une ville étrangère en la voyant d'un lieu élevé; chez le conseiller de la cour Hoser, médecin du prince Charles; chez le célèbre paysagiste Schœnfelder, de Vienne; chez le général Laudon, connu par la justesse de son coup d'œil sur le champ de bataille et par son adresse à tirer parti des localités pour ses dispositions militaires, etc. Il a retrouvé la même conformation dans les portraits et les bustes des voyageurs, des géographes et des cosmographes les plus célèbres, particulièrement dans ceux de Cook et de Christophe Colomb, ainsi que dans ceux des grands astronomes tels que Newton, Boden, le père Ile II, etc.

Tous les animaux sont pourvus de cet organe, sans lequel ils ne pourraient retrouver leurs petits ni les lieux de leur séjour accoutumé : mais il est extraordinairement prononcé chez les oiseaux de passage tels que la cigogne et l'hirondelle, qui reviennent toujours aux mêmes cheminées et aux mêmes nids ; de même que dans tous les animaux qui aiment à voyager ou qui ont une plus grande adresse que les autres à se retrouver, comme le lièvre qui, après des courses de plusieurs lieues dans les forêts pour voir sa femelle ou pour d'autres besoins, revient à son gîte ordinaire, et comme le

chien, auquel les chasseurs aiment à trouver l'are des sourcils très-gros. Gali rapporte qu'un chien, qui de Vienne était allé presque toujours en voiture jusqu'à Londres, trouva le moyen de revenir seul en caressant, pour obtenir son passage, les voyageurs d'un paquebot, dont l'un le ramena jusqu'à Mayence. ïci le chien se perdit ; mais ayant quelque temps après revu son officieux voyageur à Vienne, il lui témoigna encore toute sa gratitude dans cette dernière ville. Un autre chien, emmené à peu près de même à Pétersbourg, retrouva également la route de Vienne. De pareils faits prouvent, contre l'opinion de plusieurs naturalistes, que ce n'est point par l'organe de l'odorat, dont la voiture et la mer avaient interrompu les indices terrestres chez ces deux chiens, que les animaux savent retrouver les lieux par où ils ont passé. D'ailleurs ils ne reviennent pas toujours à leur gîte par le même chemin qu'ils en sont sortis; surtout lorsqu'ils rencontrent, dans leurs courses vagabondes , des chasseurs qui les en détournent. Les oiseaux, si adroits à retrouver leurs nids dans l'obscurité et l'épaisseur des bois et des massifs, seraient plutôt égarés que guidés par l'odorat, qu'ils ont d'ailleurs assez borné, à cause de l'agitation et du renouvellement continuel des régions aériennes qu'ils ont à traverser.

C'est aussi à tort que les naturalistes ont attribué l'impulsion qui fait voyager les animaux au défaut de nourriture dans une contrée et à son abondance dans une autre. Si c'était là l'unique cause de leurs

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