CHAPITRE IL
débités devant elle, mais elle aime mieux les écrire que les répéter; il semble que le temps que la plume met à tracer une phrase revenue à l'esprit, donne à la phrase suivante le temps d'y arriver plus facilement et plus complètement. »
Ajoutons à ces exemples celui dont parle le Journal de Paris du 48 mars 1807, où se trouvait ce qui suit :
« Il est arrivé ici depuis quelques jours un enfant étranger, dont les talents précoces ont étonné tous ceux qui en ont vu les essais. Cet enfant, âgé de six ans, nommé Pio Cianchettini, né d'un père italien et d'une mère allemande, parle très-bien l'italien, l'allemand, le français el l'anglais, joue du pianoforte, non-seulement avec une grande force d'exécution , mais , ce qui est plus extraordinaire , avec àme et goût. Cet enfant rappelle le fameux Mozart , qui , au même âge, parcourut l'Europe, et s'y fit admirer par les preuves qu'il donnait déjà de ce génie musical qu'il déploya par la suite avec tant de supériorité. »
En rendant compte d'un concert donné au théâtre de l'Impératrice, au bénéfice de Pio Cianchettini , où cet enfant s'est fait admirer, non-seulement par la précision avec laquelle il a joué , mais aussi par la facilité avec laquelle il a improvisé sur des thèmes qui lui ont été donnés par plusieurs personnes, le Journal de l'Empire, du 19 mai suivant, observe que ces thèmes pourraient bien n'avoir pas été tout à fait neufs pour le jeune compositeur, auquel on ne peut
toutefois refuser le talent d'une exécution pure et vraiment touchante; puis il ajoute : « Un autre prodige, peut-être plus étonnant encore, c'est le jeune Desales , enfant de douze à treize ans , élève de Kreutzer, qui a joué un concerto de violon hérissé de difficultés avec une vigueur et une adresse tout à fait extraordinaires. Cet enfanta l'air de sentir vivement ce qu'il exécute; son style est large et plein de verve. Il manie son violon .comme les plus grands maîtres, et peut déjà tenir un rang parmi les virtuoses qui possèdent le mieux cet instrument ; il ne peut y avoir là aucun soupçon de supercherie et de charlatanisme. »
Le Journal de l'Empire, du 4 avril 1813, cite encore Zeroh Colburn comme un enfant extraordinaire pour le calcul.
On lit encore ce qui suit dans le Journal des Connaissances médico-chirurgicales d'août 1837 :
« Le hasard a fait découvrir qu'un enfant de dix ans et quatre mois, Vito Mangiamele, (ils d'un berger des environs de Syracuse, qui ne lui a pu donner aucune instruction, résout, par des méthodes à lui, des problèmes qui, au premier coup d'œil, sembleraient exiger des connaissances mathématiques assez étendues. »
Ce journal rapporte ensuite une série de questions de calcul très-diiïiciles qui lui ont été adressées devant l'Institut par M. Arago, et que l'enfanta résolues, etc.
Selon le Diario di Roma du 13 juin 1837, et le