‹ Physiologie intellectuelleChapitre 127 sur 298 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

pereur Joseph un front haut et presque carré, et par la seconde qu'il donne à Yiotti un visage large. Cet organe, qui se développe de très-bonne heure dans les enfants, est très-prononcé chez tous les grands musiciens, tels que Mozart, Gluck, Haydn, Viotti, etc.

Ce sens se rencontre dans beaucoup d'animaux , surtout parmi les oiseaux, tels que les perroquets, même les pies et les corbeaux, les bouvreuils, les alouettes, les fauvettes, les rossignols, les moqueurs, et en général chez le mâle de toutes les espèces chantantes, quoiqu'il s'y présente aussi, comme dans l'espèce humaine, des individus qui paraissent faire exception : les femelles ne l'ont pas ou l'ont moins marqué que les mâles.

Ce qui prouve que l'ouïe seule n'est pas l'organe de la musique, c'est qu'il manque absolument à beaucoup d'animaux qui ont l'ouïe très-fine, tels que le singe, le. chien, le paon et d'autres; alors l'os frontal forme, par le rapprochement de sa partie supérieure avec sa base, un angle si aigu qu'il ne laisse aucun interstice pour loger le moindre prolongement du cerveau.

C'est au même organe qu'il faut rapporter le sentiment du tact et du rhythme ou de la cadence dont les sourds-muets de naissance sont susceptibles, comme leprouvent plusieurs exemples assez connus. Les Actes des curieux de ta nature (Acta naturas curiosorum) parlent d'un jeune aliéné qui, dans le fort de ses attaques d'épilepsie, chantait des vaudevilles avec la plus grande précision. Gall présume, sans en être suffi-

sain ment sûr, que l'on peut aussi déduire du même

sens la faculté de construire et de cadencer les vers.

Voici des exemples qui prouvent que ce talent se réveille accidentellement, ou, si l'on veut, que c'est souvent le hasard qui en révèle l'existence , et que l'activité ou l'exercice en gradue la puissance.

Un simple ouvrier passementier de Saint-Étienne, M. Fray, devenu professeur de chant, rue Désirée à la Badoulière, tourmentait,, dit-il gaiement, sa barre du matin au soir pour gagner le pain de ses enfants, en chantant les chansons de Béranger, auxquelles il composait des airs que ses amis trouvaient passables, ne connaissant pas ceux du vaudeville, parce qu'il ne fréquentait pas les théâtres. Ses jours s'écoulèrent ainsi jusqu'au moment où l'on ferma les ateliers, faute d'ouvrage. 11 lisait pour s'étourdir sur son désœuvrement, et le hasard lui mit entre les mains le Dictionnaire de J.-J. Rousseau, que la longueur de la morte lui laissa le temps de lire et relire; il s'aperçut qu'il était aussi lui-même né musicien. Recueillant alors ses souvenirs d'atelier et les inspirations qu'il devait au génie poétique de Béranger, il a envoyé par reconnaissance, en réclamant son indulgence, au poète dont le talent a fait éclore le sien, les neuf chansons qu'il a mises en musique, qui sont : 1° le Vieux Vagabond, 2° le Bonheur, 3° Denis, maître d'école, 4° le Cardinal et le Chansonnier, 5° mon Tombeau , 6° le Feu du prisonnier , 7° la Nostalgie, 8° Pauvre Jacques, 9° ma Nourrice. Voici la réponse de M. Béranger, telle que la rap-*

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