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Organe de la cruauté

Nous ayons vu précédemment que Gall ne considère les muscles des membres, les parties génitales, les organes vocaux, etc., que comme des instruments accessoires ou secondaires, subordonnés à un principe plus relevé auquel ils obéissent comme des serviteurs à leur chef. Ici c'est la même chose. Tous les moyens de destruction départis par la nature aux animaux, sont, selon lui, les agents passifs d'une organisation cérébrale sans laquelle les animaux ne soupçonneraient pas même leur usage. Ce qui fit naître cette idée dans l'esprit de Gall, c'est qu'il s'aperçut, en faisant la révision attentive des crânes de sa nombreuse collection, que ceux des animaux carnivores

se distinguaient tous de ceux des herbivores par une conformation particulière. Voici en quoi consiste la différence dont la découverte a fait beaucoup de sensation parmi les naturalistes, qui ne peuvent la nier ni la révoquer aussi facilement en doute que plusieurs autres; car elle est visible et palpable, comme tous les auditeurs de Gall ont pu s'en convaincre par l'examen des différents crânes que ce physiologiste a toujours soin de soumettre à leurs yeux.

En abaissant derrière le trou auditif une ligne perpendiculaire à la base du cerveau et du crâne, la division est telle que, chez les herbivores, toute la cervelle, à l'exception de ce qui appartient aux organes de l'énergie générative et de la philogénésie, se trouve au-devant de cette ligne verticale; tandis que chez les carnivores, il se trouve, en sus de ces deux organes, encore une portion considérable de cervelle derrière la même ligne : et c'est principalement de cette portion qu'est formé, selon Gall, l'organe de la cruauté. Chez l'homme et chez le singe, la ligne verticale partage la cervelle en deux parties à peu près de même grandeur; ce qui indique qu'ils sont également destinés à être carnivores et frugivores. Une autre différence que Gall fait remarquer dans ses démonstrations anatomiques, et dont les professeurs Cuvier, Dumér il ', etc., font aussi mention dans la comparaison anatomique des animaux, c'est que les tubercules quadrijumeaux antérieurs (testes) sont plus développés que les pos-

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