Organe de la douceur ou de la bonhomie
Les organes qui nous restent à expliquer occupent la région la plus élevée du cerveau et paraissent, à l'exception de celui de la théosophie, être le partage de plusieurs espèces d'animaux. C'est même parce que la bonhomie et la débonnaireté auraient pu réveiller une idée trop exclusive ou choquer l'usage reçu que j'ai cru devoir employer le terme de douceur pour spécifier cet organe dont l'effet étant, non-seulement de disposer à des actes officieux et utiles, mais aussi à supporter patiemment et sans vindication les mauvais traitements, ne pouvait guère trou ver un équivalent de sa signification dans ies termes de bonté, bénignité, bienveillance, longanimité, etc. L'organe dont il s'agit s'exprime par un renflement oblong , placé au-dessus de l'organe de la sagacité dans la direction et presqu'à l'extrémité supérieure
de la suture frontale. Gall l'a trouvé fortement exprimé chez toutes les personnes douées de beaucoup de bonhomie, et chez les animaux bonasses et caressants qui ne manifestent aucune méchanceté, même lorsqu'on les maltraite, tels que les brebis, les che« vreuils, quelques chiens, etc. Au contraire, il y a aplatissement ou même dépression chez les hommes durs et cruels qui sont sans compassion pour les autres, comme cela s'observe chez les Caraïbes, et comme Gall doit aussi l'avoir observé chez quelques révolutionnaires trop fameux par leurs cruautés. On trouve aussi l'absence du même renflement ou une dépression à sa place dans les animaux les plus féroces qui paraissent jouir et se repaître des souffrances des autres, tels que le chat, qui se joue des rats et se plaît à prolonger leurs tourments; l'hyène, le crocodile, l'aigle, le vautour, les chiens hargneux, etc. Au rapport de plusieurs Allemands, les marchands de chevaux, surtout les Français, ne manquent guère de porter la main sur la tête des chevaux qu'ils veulent acheter, pour la palper environ trois doigts au-dessus des yeux, et ils rebutent tous ceux qui n'ont point de renflement en cet endroit, en disant de chacun qu'il est plat. Le docteur Gall ne doute point de la- réalité de l'organe dont il s'agit, et dit qu'il n'a jamais été embarrassé en visitant les fermes de distinguer les chevaux , les vaches et les bœufs les plus doux et les plus traitables d'avec les plus revèches et les plus malicieux. Il produit aux yeux de ses auditeurs plusieurs çj?(uies $ l'appui