‹ Physiologie intellectuelleChapitre 179 sur 298 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

saisir les objets. Il savait très-bien, quand il voyait du sucre au fond d'un verre d'eau et qu'il ne voulait pas boire le liquide, renverser doucement le verre et prendre le sucre qu'il avait empêché de sortir et de fondre.

» Jack avait conservé un souvenir vif de ceux qui l'avaient ramené de Sumatra et avaient eu soin de lui. On l'avait pris avec sa mère en lui faisant une blessure dont elle mourut. Le capitaine du navire voulant ramener le petit en Europe, en eut le plus grand soin, le nourrissant avec du lait, le réchauffant contre sa poitrine; il lui avait laissé prendre l'habitude, quand il était déjà grand, de lui ouvrir son gilet pour se mettre sur sa poitrine. Acheté par le Muséum d'histoire naturelle, Jack fut séparé de son maître, qui ne revint le voir qu'au bout de sept mois, peu de temps avant sa mort. En entrant dans sa chambré, il voit le singe se chauffant auprès du feu 5 il appelle Jack qui , occupé à manger un morceau friand, ne répond pas. Le capitaine appelant une seconde fois avec plus de force, Jack détourne la tête, fixe le capitaine, le reconnaît, jette ce qu'il tenait dans ses mains , se précipite dans les bras de son ancien maître, lui témoigne sa joie de le revoir par de tendres grognements, reprend son habitude d'ouvrir son gilet pour se chauffer, et donne au moment du départ les signes du plus vif chagrin , que lui causait cette nouvelle séparation, en se roulant à terre et poussant de longs cris plaintifs. »

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