Organe de la théosophie
M s'exprime au-devanl de la suture sagittale et relève le sommet de l'os frontal , ainsi que les angles supérieurs des pariétaux, c'est-à-dire qu'il fait renfler toute la partie désignée sous le nom de grandes fontanelles chez les enfants. Cet organe, en élevant insensiblement le haut du front, donne une pente légère aux plans latéraux sur lesquels les cheveux tombent de chaque côté, en laissant apercevoir une ligne de séparation qui règne de haut en bas dans la direction de la suture frontale, comme cela se voit dans toutes les belles têtes de Jésus- Christ, dont les peintres ont saisi l'idéal avec précision en considérant les hommes de la plus pure dévotion. Cette conformai ion de la tête se rencontre souvent avec des cheveux rares et même avec la calvitie, ce qui a fait prêter au docteur Gai! la ridicule absurdité d'indiquer l'organe de la théosophie par ces deux phénomènes accidentels. Quelques personnes ont aussi fait un crime à Gall de fonder le sentiment de la religion sur l'organisation humaine, en prétendant que c'était attaquer la révélation, dont il ne parle aucunement. Mais d'après ce raisonnement, Cicéron l'aurait déjà attaquée avant qu'elle existât et que ni lui ni personne en eût la moindre idée; car il dit que le sentiment de la religion est naturel à l'homme, n'y ayant aucun peuple,
quel qu'il soit, qui ne reconnaisse un Dieu à sa manière : Nulla est gens tant fera , tam barbara quœ, etsi ignoret qualem Deum habere debeat, habendwn lamen non sciât. Plutarque dit la même chose par ces mots : Nusquam stat urbs aut oppidum quibus nullus sit Deus; c'est-à-dire : Il n'est ni ville ni bourg au monde qui soit sans Dieu. Plu laïque et Gicéron n'avaient pu prendre ces vérités que dans la connaissance de la nature humaine, ou bien il faudrait supposer que, pour leur donner une telle généralité , ils étaient parvenus à visiter toutes les nations et tous les coins du globe. Aristote , Platon, et tous les philosophes anciens et modernes, ont tenu le môme langage, et sont par conséquent aussi coupables que Gall. Mais ce qu'il y a de plus scandaleux encore, c'est que tous les saints Pères et tous les auteurs ecclésiastiques ont à se reprocher le même crime que Gall et ces philosophes, car ils ont tous abondé dans le sens de ces derniers; et ils n'ont pas craint de les citer et de les commenter avec beaucoup de complaisance, pour prouver que le sentiment de l'existence de Dieu était inné, c'est-à-dire attaché à l'organisation de l'homme. Nos rigoristes modernes doivent donc faire le procès à tous les peuples et à Dieu lui-même, qui a osé attacher à l'organisation humaine un sentiment qui , selon eux, est contraire à la révélation , en le faisant connaître indépendamment d'elle. Il y a plus; il faut exterminer tous les animaux, qui, par l'eifet d'une organisation toute différente, ne montrent aucune sus-