CHAPITRE XXXVIL
Considération sur la crâniologie nationale et sur d'autres rapports d'organisation.
Plusieurs savants se sont appliqués à trouver dans les crânes des diverses nations , des caractères par lesquels on pût les distinguer les unes des autres; et le professeur Blumenbach, de Goettingue, est un de ceux qui ont rassemblé le plus de faits sur ce sujet : mais diverses influences, telles que celles du gouvernement, de la religion, du climat, de l'éduca-
lion, des aliments, des vêtements, des professions, des mœurs et des alliances matrimoniales, empêcheront toujours, en effaçant ou en multipliant les différences, d'obtenir des résultats satisfaisants. Cependant, Gall ne prétend pas nier qu'il n'y ait des différences réelles dont la recherche peut devenir très-utile : mais pour les saisir, il faut d'abord ne les considérer qu'à de très-grandes distances; autrement , les règles se trouveraient perdues dans les exceptions. Des peuples autrefois très-dissemblables, ont ensuite pris les caractères organiques les uns des autres, par l'effet des conquêtes et des émigrations qui les ont soumis aux mêmes lois, aux mêmes habitudes et à des alliances réciproques. Comment retrouver aujourd'hui les caractères des diverses peuplades de la Germanie ou des Gaules? Comment discerner, par exemple, un Saxon d'un Prussien, d'un Franconien, d'un Autrichien ou d'un Bohème, par la seule forme du crâne, après toutes les vicissitudes et les révolutions qui , en transplantant plusieurs fois ces peuples les uns au milieu des autres, ont nécessairement dû établir la confusion des races par celle des allianees et des mœurs? Cependant ces peuples ne se ressemblent pas à beaucoup d'égards. Il faudrait avoir bien étudié le type original de sa nation; et pour plus de sûreté, l'avoir pris peutêtre dans les montagnes ou dans d'autres coins isolés où le mélange des aborigènes eût été plus difficile. En effet, c'est dans les peuplades sauvages, isolées dans quelque coin presqu' inabordable