‹ Physiologie intellectuelleChapitre 186 sur 298 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

de la terre, ou renfermées dans des castes servîtes dont elles n'ont jamais pu franchir les limites, que l'on trouve des caractères distinctifs aussi prononcés que ceux qui établissent la démarcation des diverses races des autres animaux. La science qui a pour objet l'étude de l'homme en général dans son organisation physique et morale, sans exception d'aucune race, est désignée sous le nom à' anthropologie en Allemagne, où elle paraît avoir pris naissance, et où elle fait un objet essentiel de l'éducation médicale dans les universités. Les médecins qui connaissent l'influence qu'ont l'un sur l'autre le physique etje moral de l'homme, influence qu'il n'est plus permis d'ignorer en France depuis que M. Cabanis a publié son excellent ouvrage, sentiront de quelle importance doit être l'étude de l'anthropologie, qui présente l'homme dans toutes les conditions de la vie, sous tous les climats et sous tous les gouvernements, avec des aliments, des vêtements, des dispositions, des facultés, des mœurs et des forces très -variés, dont le médecin ne peut apprécier convenablement les effets qu'en les considérant dans tous les lieux et sur tous les individus. Cette science qui doit couronner toutes les études médicales et en faire le complément, ayant pour objet la physiologie et l'hygiène dans leur rapport mutuel, comme !a pathologie et la thérapeutique ont pour objet la diététique dans le leur, n'est enseignée ni peut-être bien connue dans plus d'une école de France, où les connaissances utiles et les découvertes

ont toujours d'autant plus de peine à pénétrer, qu'elles n'y sont guère admises que par le canal de certains hommes en place, dont la plupart, pour conserver une influence sans partage, n'admettent à leurs côtés et à leur suite que les fidèles et bénévoles dépositaires de leur propre doctrine. Il ne faut point chercher la cause de la prévention et des préjugés ailleurs que dans cette sorte de suffisance nationale, nourrie par l'intérêt personnel qui retient servilement le disciple sur les pas du maître qui peut devenir son soutien , et l'empêche même de sentir combien il serait important d'aller puiser dans les écoles étrangères, comme l'a fait si avantageusement M. Guvier pour l'avancement de l'histoire naturelle. La grandeur politique de la France et le génie de ses habitants, ne lui permettent plus d'occuper le second rang dans aucun genre de gloire. Tous les grands hommes de l'antiquité sachant qu'une nation n'excelle point également dans toutes les sciences et dans tous les arts, qu'au contraire la diversité de son organisation ou des circonstances fait qu'elle est presque toujours surpassée sous quelque rapport par une nation voisine, fût-elle même barbare, allaient dans les voyages mûrir leur expérience et leurs idées, pour en consacrer ensuite le fruit à leurs concitoyens. C'est ainsi que Moïse, Lycurgue, Solon, Hippocrate et tant d'autres sont devenus les bienfaiteurs de leurs contemporains et des générations qui leur ont succédé. La science de l'homme, la plus importante et la première de toutes, ne peut être

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