‹ Physiologie intellectuelleChapitre 188 sur 298 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

de progrès dans les sciences exactes et profondes, telles que l'histoire naturelle, la philosophie, la médecine, la civilisation et la politique; tandis qu'ils montrent au contraire du goût et de l'aptitude pour les arts d'agrément qui demandent plus d'adresse que d'entendement et de réflexion, comme la danse, l'escrime, les ouvrages des mains, et tous les amusements frivoles.

Voici comment M. Isidore Bourdon parle des communications faites par M. Dumorlier de Bruxelles à l'Académie des sciences dans sa séance du 17 décembre 1838 :

« On professait, il y a quelques années, que les singes de Bornéo et quelques orang-outangs étaient une sorte d'hommes dégénérés , ou plutôt encore imparfaits, comme le disait Lamarck. M. Dumorlier de Bruxelles, qui a pu comparer jusqu'à seize tètes de ces animaux, vient de détruire ces superbes vues d'une perfectibilité injurieuse pour l'espèce humaine. Le savant belge a commencé par s'assurer que différents singes, regardés jusqu'alors comme des espèces distinctes, appartenaient pourtant à la même espèce, l'âge seul apportant dans le pelage de l'animal et dans la forme de sa tête des différences presque incroyables, tant elles sont énormes. La tète du pongo finit par prendre en vieillissant des proéminences si saillantes et si nouvelles, et cela même en change tellement la forme et le volume qu'un disciple de Gall serait fort exposé à reconnaître dans un pongo adulte des facultés transcendantes tout à

fait en désaccord avec la stupidité du personnage. On ne trouverait dans aucun autre animal des ossifications aussi hautaines pour une cervelle si parfaitement humble; il est vrai que cet animal, dans le temps même où il acquiert ces crêtes osseuses, perd le caractère essentiel qui le rapproche de l'espèce humaine. L'horizontalité du trou occipital, que d'Aubenton regardait comme un des traits distinctifs de l'homme, parce qu'il donne à l'homme, ainsi que la saillie du talon, la faculté de marcher sur deux pieds, la tête relevée vers le ciel; cette ouverture du crâne, s'adaptant au canal vertébral, finit par devenir fort oblique et postérieure, ce qui force l'animal à marcher à quatre pattes comme les autres animaux , lui si fièrement organisé dans sa jeunesse. »

Le docleur Gall n'a jamais rattaché le développement des facultés intellectuelles à des proéminences plus ou moins grandes des os de la tête, et c'est au cerveau qu'il rattache uniquement ces facultés. Quoiqu'il admette, d'après l'observation anatomique de tous les temps, des renflements du crâne qui correspondent à de pareils renflements du cerveau qui les a produits, comme des signes extérieurs propres à indiquer les développements de celui-ci sur le vivant en santé, il a eu soin de prévenir que l'idiotisme, l'hydrocéphale, les maladies mentales et l'âge, qui épaissit la boîte osseuse à l'intérieur et eii produit souvent l'usure à l'extérieur, font des exceptions qui ne permettent plus de prendre en considération la forme ni les renflements osseux pour

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