‹ Physiologie intellectuelleChapitre 189 sur 298 · CHAPITRE XXXVir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVir

juger des facultés de l'entendement; voilà pourquoi il a repoussé avec désapprobation dans ses écrits la dénomination de crânologie, que des esprits peu instruits avaient appliquée à sa doctrine, quelques-uns peut-être par prévention pour la rendre ridicule, ce à quoipretelasignificationdecranedansnotrelangue.il faut donc croire que M. Isidore Bourdon ne connaît pas la doctrine de Gall, ou qu'il a voulu faire de l'esprit aux dépens de la vérité et de la logique, pour conclure que des ossifications hautaines ou des crêtes osseuses, qui n'ont point de correspondance avec le cerveau, dénoteraient des facultés transcendantes. » (V. Constitutionnel du 24 décembre 4838.)

Pour montrer combien quelques animaux de l'espèce des singes se rapprochent de l'homme par leur intelligence , je vais joindre aux observations de M. Du mortier celles de l'Anglais John Griffiths, qui a séjourné quatre ans dans l'île de Cevlan. Il y a observé un singe de l'espèce des pongos, d'une taille d'environ quatre pieds deux ou trois pouces, à tête presque ronde avec nez petit et court, nullement épaté, deux lèvres vermeilles, deux rangées de dents blanches comme du lait et tous les traits d'une ligure presque agréable. L'auteur anglais, qui a baptisé du nom de Pétersce singe dont il avait gagné la confiance et l'amitié en lui donnant du pain, des biscuits, du vin et d'autres comestibles, en rapporte des traits d'intelligence et de prévenance que bien des hommes non idiots, vivant comme lui dans l'état sauvage au milieu des forêts et privés des enseignements du lan-

gage, ne donneraient probablement pas. Péters avait construit une jolie petite butte avec des branchages au milieu d'un groupe de cocotiers, par conséquent propre à le garantir de l'extrême chaleur. Un jour il prit par la main l'Anglais, essayant de l'entraîner au milieu de la forêt; lui, après quelques hésitations, se hasarda à le suivre à travers le taillis et les buissons, et arriva après environ un quart de mille de marche à la hutte au milieu des plus grandes démonstrations de joie de Péters, qui , en ayant proportionné l'entrée à sa petite stature et voyant que son hôte ne pouvait y passer sans se baisser , fut tout décontenancé, et, comme s'il eût été poussé par une espèce de rage par ce désappointement, saisit violemment la branche qui fixait la hauteur de la porte et renversa tout, puis conduisit son hôte à quelques pas de là auprès d'un amas de matériaux, lui en mit sous le bras, en prit lui-même ce qu'il pouvait porter et lui fit signe de le suivre. Poussé par la curiosité, l'Anglais consentit à devenir le manœuvre du singe, auquel un coup d'œil suffit pour proportionner l'entrée à la haute taille de son compagnon, qui trouva, dans la hutte bientôt achevée, deux bancs de mousse et dans l'un des coins une provision de cocos, fruit dont il lui avait déjà offert plusieurs fois auparavant. Toutes ces preuves de sagacité et d'intelligence intéressaient tant M. Griffiths qu'il se décida à porter à son ami quadrumane une boîte remplie de plusieurs ustensiles dont un briquet et un peu d'amadou, sachant que les singes font du feu, mais ne le

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