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CHAPITRE XXXVII

crate. Au moins ne peut-on nier qu'il n'y ait une tendance constante de la nature à revenir aux formes primitives, lorsqu'elle n'est plus contrariée; car l'on voit, par exemple, les oreilles des enfants se relever et affecter la forme la plus avantageuse pour recueillir les sons acoustiques, quand le même genre de coiffe, qui les a plaquées sur le crâne de leurs parents, ne s'y oppose pas : l'on sait aussi que la circoncision dos Juifs, qui se pratique depuis si longtemps, n'a point empêché la nature de reproduire constamment le prépuce chez leurs enfants. D'où il est assez raisonnable de conclure qu'il n'y a d'héréditaires dans les difformités artificielles que celles qui entraînent avec elles quelque altération de force et de santé.

IV. Variété nègre ou africaine. On la reconnaît à ces traits : taille moyenne, peau grenue, onctueuse et noire; cheveux noirs, courts, lanugineux et trèsentortillés; face étroite, allongée intérieurement ; pommettes renflées, yeux saillants et à Heur de tète, nez épaté se confondant presqu'avec les joues, lèvres tuméfiées , surtout la supérieure ; mâchoires allongées, menton retiré, dents très-blanches, rangées presqu'en droite ligne de chaque côté de la bouche ; front très-convexe et voûté, crâne aplati sur les cotés, renflé en arrière et petit. Le contraste de celle variété avec l'européenne, surtout pour la couleur et la forme du visage, l'a fait considérer par quelques personnes comme une espèce particulière que l'on a fait descendre d'une mésalliance de l'homme

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avec l'orang-outang, et que par cette raison l'on a aussi désignée sous le nom de nègre-sime. Blumenbach rappelle que Voltaire, aussi ignorant en physiologie qu'habile à manier le ridicule, partageait cette erreur. Le passage de cetle race à celle des Maures et des Arabes se fait par des nuances si multipliées et par des gradations si ménagées , qu'elles se fondent insensiblement l'une dans l'autre : d'ailleurs il n'y a pas un seul caractère des autres races qui ne se retrouve dans les Éthiopiens; et ceux-ci n'en ont pas un qui d'une part ne manque à beaucoup d'entre eux, et qui d'une autre ne se retrouve répandu çà et là dans les autres races.

V. Variété malaxe. Elle est répandue dans les terres baignées par la mer du Sud, les îles Mariannes, Philippines, Moluques, de la Sonde et la péninsule de Malacca. \oici ses traits : taille moyenne, couleur brune ou basanée, cheveux noirs, mous, épais, abondants et frisés; face légèrement arrondie et avancée inférieurement, traits plus saillants et mieux marqués de profil que chez les Nègres, pommettes plates, nez ample, large et gros; bouche grande, mâchoire forte, surtout l'inférieure; dents saillantes en dehors, front un peu bombé, sommet du crâne rétréci, bosses pariétales très-prononcées.

De toutes les races, la mongole est la plus nombreuse et paraît aussi être la plus ancienne; beaucoup plus répandue que l'européenne et surtout que la nègre, elle s'étend, selon la Géographie zoologique de Lacépède, du quarantième au soixantième

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