CHAPITRE XXXVII. M
belle que l'on connaisse, ne se trouve nulle part sous des formes plus agréables et dans dos proportions plus avantageuses que proche du mont Caucase, dans la Géorgie, où Blumenbach se plaît à placer le prototype de toutes les races et le berceau du genre humain.
II. Variété mongole. Elle comprend la plus grande partie des Asiatiques, les Lapons et les Finois en Europe, de même que les Esquimaux répandus en Amérique depuis le détroit de Behring jusqu'au Groenland 5 mais non les Tarlares, qui appartiennent à la première race, quoiqu'ils n'y soient pas rapportés par Buffon, dont l'erreur est celle des anciens, qui avaient adopté leur nom pour désigner vaguement les Mongols. On reconnaît cette race par les caractères suivants : taille variable depuis la moyenne jusqu'à la plus petite, couleur jaune, cheveux noirs, roides, droits et peu fournis ; face large unie et déprimée, traits légèrement prononcés et se confondant entre eux, yeux souvent bleus ou noirs et séparés par un espace large et plat, ouverture des paupières étroite et linéaire qui leur bride les yeux, nez camus avec des narines étroites, joues bouffantes et presque globuleuses , pommettes très-proéminentes en dehors, fosse maxillaire peu marquée, arcades sourcilières presque nulles, bord alvéolaire obscurément arrondi en devant, menton peu saillant, visage très-large ayant plutôt l'ovale en travers d'une pommette à l'autre que verticalement, front aplati et peu saillant, crâne presque quadrangulaire.
III. Varlélé américaine ou caraïbe. On la reconnaît à ces caractères : stature moyenne , même chez les Patagons ; peau sans poils, de couleur bronzée, mais ordinairement altérée par un rouge artificiel; cheveux noirs, droits, roides et rares; face large sans être unie ni déprimée, menton imberbe dans la race pure, pommettes proéminentes, traits saillants et profondément sculptés en profil, nez camus mais prononcé, orbites profondes, yeux enfoncés ordinairement noirs, front bas et petit sur lequel les cheveux semblent sortir immédiatement au-dessus des sourcils, crâne mince, renflé sur les côtés et aplati en arrière. Pauw, dans ses Recherches philosophiques sur les Américains, attribue la difformité qui Yient de l'aplatissement postérieur du crâne, à la structure grossière des berceaux que la mère, toujours en voyage ou en course, emporte sur ses épaules, et où la tête de l'enfant est continuellement cahotée contre des planches. Blumenbach croit, avec d'autres savants, que la forme du front et du \ertex est artificielle; et il observe que l'usage de ramener les têtes à des formes nationales, en les pétrissant ou en exerçant sur elles une compression long-temps continuée parles coiffes ou par d'autres moyens, a existé chez toutes les nations anciennes et modernes : il s'étonne que Haller, Camper et Sabatier aient élevé des doutes sur une pratique aussi générale et aussi avérée. Reste à savoir si un pareil usage a pu, avec le temps, amener des différences héréditaires, comme on le croyait du temps d'Hippo-