CHAPITRE XXXVII
aux accidents ou aux circonstances pour des caractères généraux. C'est là qu'il faudra envoyer butiner les phrénologistes prétentieux pour légitimer leur acquis encore litigieux.
On peut aussi leur offrir un sujet d'étude plus rapproché, car nous avons peut-être en France, dans les aborigènes du Querci, une race d'hommes que son type physiologique peut faire distinguer du reste de leurs compatriotes. En effet, des recherches sur l'origine des peuples du nord et de l'occident de l'Europe par M. Dartley, appuyées sur les écrits d'Hérodote, d'Etienne de Byzance, de Strabon, de Denys Périégète, de Justin , d'Hipparque, tendent à prouver, contre l'opinion d'un grand nombre d'historiens qui nous ont présenté l'Europe comme exclusivement couverte par des peuplades celtiques, l'existence sur le sol méridional de notre continent d'une race qu'il désigne sous le nom générique d'Ibères, peuple antérieur aux Celtes, auxquels il s'est mêlé, comme l'indiquent d'ailleurs le nom de Celtibériens et le pas sage suivant de M. A. Lecamus : Cellœ miscentes nomen Iberis... C'est surtout en Bretagne que l'on s'est accordé à reconnaître les descendants des Celtes que les anciens ont toujours représentés sous le type invariable d'hommes grands et blonds, et dont le nom a été changé dans les derniers temps en celui de Kymri. Si nous écoutons M. Darttey, membre de plusieurs académies, voici en peu de mots les caractères physiologiques qu'il donne comparativement des Celtes et de la race des Ibères, laquelle il consi-
m PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE.
dère comme un rameau brisé de l'arbre sémitique:
« Rien ne peut exprimer, dit-il, l'élonnement que nous éprouvâmes lorsque, dans nos investigations en Bretagne pour rechercher dans les grands rassemblements, à l'église et ailleurs, ce type celtique, dont on a tant parlé, nous trouvâmes une population à taille médiocre, aux cheveux noirs, au teint basané, à la physionomie presque israélite. Il fallut reconnaître que c'était la déception d'un homme d'esprit que celle qui avait fait soutenir à La tourd'Auvergne que ses compatriotes étaient les descendants des Gaulois à la taille élevée, aux yeux bleus, aux cheveux blonds. C'est cette anomalie qui a fait dire avec raison à M. Moke, en discutant l'hypothèse surlesKymri, de M. Amédée Thierry : Voici à quoi conduit ce système : il aurait existé une nation blonde, grande et svelte, mais dont la postérité la plus certaine serait le Breton et le Gallois, bruns, petits et trapus. »
Les descendants de la race ibérienne, appelés successivement Armoricains, Yascons, Aquitains, sont encore marqués, après un mélange d'au moins trois mille ans, du sceau de leur origine dans la famille basque. La philologie vient d'ailleurs ici à l'appui de la physiologie, car il se trouve à l'extrémité opposée de la France une peuplade ibérienne aussi isolée, aussi pure de tout mélange étranger sur les montagnes, que la peuplade bretonne dans ses landes: ce sont les Quercinois. Eh bien , les dialectes de ces peuplades sans rapports entre elles depuis plus de