CHAPITRE XXXVII
» M. Prichard a supprimé, comme vous venez de voir, le type malais; ce type manquait, en effet, même dans Blumenbach, qui l'a établi, de caractères précis.
» Je trouve ces caractères sur ces deux tètes : l'une de Javanais, l'autre de Madurais; deux têtes dont le type est tout à fait semblable, et qui toutes deux se distinguent par la proéminence que font en arrière les bosses pariétales très-larges, et surtout par la manière dont l'occipital s'aplatit au-dessous de ces bosses.
» Le crâne des Hotlentots forme évidemment un type particulier, à côté du type général des nègres; ce crâne est long et étroit ; mais il est aussi proportionnellement, très-élevé; et par là même, il se distingue d'une manière tranchée du crâne des Boschismans, lequel est, au contraire, singulièrement aplati, et comme écrasé de haut en bas.
» Les Papous, décrits avec soin par MM. Quoy et Gaimard, et les Alfourous, décrits avec non moins de soin par M. Lesson, sont deux types distincts. Les Papous sont remarquables par l'aplatissement, par la dépression du front et de la face ; les Alfourous ont le crâne long et étroit. J'ajoute que, si l'enfoncement que présentent les pariétaux (de chaque côté de la suture sagittale) sur ces deux têtes, venues de la Terre de Van-Diemen, se trouvait constant, il suffirait pour indiquer une variété dans le type des Papous.
» Enfin, le dernier des types que je propose, le
m PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE,
type zélandais est marqué par la hauteur et l'étroitesse du crâne, surtout en avant; par l'étendue de la fosse temporale, par la saillie antérieure de l'apophyse du menton, etc.
» Tous ces types ne sont fondés que sur des caractères secondaires, et par conséquent n'ont pas l'importance des trois races primitives , fondées, comme nous avons vu, sur des caractères de structure. Il suit même, de ce que les caractères qui les constituent ne sont que secondaires , que plusieurs de ces types doivent rentrer, comme sous-races, soit dans l'une des trois races primitives déjà établies, soit dans quelque autre de ces races qu'il peut rester à établir encore.
» Quoi qu'il en soit, nous nous servirons de ces types provisoirement admis pour rapporter à des groupes fixes et déterminés les observations qui ont été recueillies sur les différents peuples par les naturalistes voyageurs, tels que les Forster, les Bougainville, les Péron, etc., et, plus récemment, les Lesson, les Quoy, les Garnot, etc. »
Ces variétés de races, décrites par M. Flourens d'après les modifications du cerveau qu'elles indiquent, doivent conduire à une détermination plus précise et plus certaine de la spécialité des facultés intellectuelles et de la localisation de leurs organes cérébraux ; mais pour y arriver il faudra pouvoir étudier chez chaque race ses mœurs et son industrie particulière sur une grande échelle, afin de ne pas prendre des exceptions ou des modifications dues