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CHAPITRE XXXVIII

Considérations sur les habitudes de l'homme.

L'on peut considérer les habitudes de l'homme sous trois rapports, qui sont la physionomie, la pathognomie, et la pantomime ou la gesticulation. L'a physionomie, que quelques modernes, plus savants que les Grecs et les Latins eux-mêmes dans leur propre langue, appellent aussi physiognomonie, par prédilection pour les cacophonies et les longueurs , est la science par laquelle on prétend expliquer les dispositions intellectuelles et morales de l'homme par les traits de son visage. Porta (De humana physionomia), Delachambre (F Art de connaître tes hommes) et Lavater (Traité sur tes différentes physionomies) sont les auteurs qui ont traité le plus amplement de cette science. Quelques personnes ont voulu leur associer le docteur Gall ; mais peu jaloux de l'honneur d'être compté parmi les physionomistes ou \csphysiognomonisles , il s'est au contraire appliqué dans chacun de ses cours à faire sentir en peu de mots la

futilité de leur doctrine telle qu'elle est jusqu'à présent» Selon lui et selon la vérité , les muscles de la lace sont, connue ceux des membres et de plusieurs autres parties du corps, les serviteurs de la volonté, dont le principe est le cerveau : d'où il résulte que la physionomie ne peut servir qu'à expliquer des habitudes ordinaires, et qu'en lui demandant davantage l'on sort de ses limites pour entrer dans celles de la physiologie cérébrale, de la patbognomie, ou de la pantomime. Qu'un homme ait l'habitude de se mettre en colère, de go ur mander les autres, etc., l'on s'en apercevra facilement à la contraction de ses traits et même par la difficulté et les grimaces qui caractériseront son rire, d'autant moins aisé qu'il est plus rare ; de môme que l'on conjecture par les bras d'un boulanger et d'un boucher l'habitude de s'en servir, et par les membres d'un piéton l'habitude de marcher. Mais inférer de Là que ces hommes avaient une disposition naturelle pour être colères, pour faire du pain, pour tuer des animaux , pour marcher, etc., c'est s'exposer grandement à se tromper et à tromper les autres; car souvent ce n'est que l'effet de l'éducation et des circonstances, qui en changeant peuvent aussi non-seulement modifier mais changer absolument les habitudes. Si l'on considère le nez, la bouche, les mâchoires, le menton, les pieds, les mains, etc., sans établir leur rapport avec le cerveau, l'on s'attache à des hypothèses qui n'ont aucun terme : de là l'incertitude et les nombreuses exceptions de tomes les règles des physiono-

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