‹ Physiologie intellectuelleChapitre 212 sur 298 · CHAPITRE XXXVIII. Z · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII. Z

mistes. C'est en sortant de sa sphère et par hasard que Lavater a découvert l'expression de la théosophie et de la persévérance. Cependant la physionomie, circonscrite dans ses justes limites, ne serait point sans utilité ; elle pourrait même marcher à côté ou à la suite de l'organologie pour en faire ressortir les principes : il faudrait alors qu'elle embrassât tous les caractères que la volonté imprime naturellement sur le corps : car il y en a quelquefois de bien prononcés et de très-réels, et ce sont ceux-là qui font deviner l'homme futur d'après l'homme passé. Si l'on envisage un état extraordinaire dans la couleur, la contraction ou Je relâchement de certains muscles , alors l'on ne peut conclure à aucune disposition ni habitude, puisque l'état est passager ; dans tous les cas, cet état tient à une affection désagréable ou agréable : et alors il rentre dans le domaine de la pathologie, qui juge de sa durée par la nature de la maladie ou des autres causes qui l'occasionnent. Veut-on s'attacher à la vivacité ou à la lenteur des mouvements, tels que ceux des yeux, des bras, des jambes, etc., ce sont encore des effets du pathos individuel, s'ils sont extraordinaires ; sinon, ils rentrent dans le domaine de la pantomime automatique. Il y a donc trois sortes d'habitudes principales, que l'on peutappeler actives ou physiques dam la physionomie, passives ou morbifiques dans la pathognomie, et automatiques owmimiques dans la pantomime. Je ne pourrais me livrer à quelques détails sur chacune de ces trois parties sans sortir de mon sujet; je me contenterai de noter quelques gestes ou quel-

ques tics, qui, pour être la plupart automatiques,

peuvent néanmoins rentrer dans le domaine de la

pathognomie.

Il est certain que l'on ne peut encore rien dire de bien satisfaisant sur les mouvements automatiques, parce qu'ils n'ont point encore été assez étudiés. Cependant il y en a qui dépendent tellement de l'activité de certains organes, qu'ils se reproduisent de la même manière chez tous les peuples et dans toutes les circonstances analogues, au point qu'il en est résulté une sorte de langage de gestes que comprennent tous les hommes, et dont on tire parti pour la première instruction des sourds-muets. Dans une maladie, les mouvements se dirigent vers le siège du mal ; mais dans tous les cas , c'est-à-dire en santé comme en maladie, la gesticulation est commandée par l'activité prédominante de quelque organe : et en conséquence le docteur Gall pense que plusieurs de ces mouvements qui se font sans préméditation et comme à l'insu de la volonté, quoiqu'ils n'en soient pas absolument indépendants, peuvent aussi servir à indiquer le siège des organes, et donner un nouveau jour et un nouvel appui à sa doctrine.

Yoici quelques exemples qu'il rapporte lui-même.

« 1. Lorsque l'on cherche le nom d'une personne dont on ne se souvient pas, l'on ne manque guère de se frotter ou de se frapper la région du front correspondante à l'organe de la prosopognose ; et les Anglais disent même alors proverbialement : Frappez bien^ personne ne paraîtra.

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