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CHAPITRE XL

des qualités qui le distinguent, telles que la mémoire, la docilité, l'amitié ou l'attachement, la reconnaissance, l'antipathie, la routine, des habitudes d'apprentissage, des idées de localité, des prévisions de danger et de besoins éventuels , des cachettes et des constructions artificielles admirables, dans le cheval, le chien, l'éléphant, le singe, le castor et plusieurs autres proportionnellement au plus ou moins d'analogie de leur cerveau avec le sien. L'homme, si vous l 'étudiez, vous présente lui même des différences d'intelligence, de moralité, de sociabilité et d'industrie, concordantes avec le développement relatif du cerveau. Ce considéré, comment voudriez-vous connaître la valeur et le mérite de l'homme sans avoir la clef du trésor de ses facuhés, c'est-à-dire, sans la connaissance des fonctions de son cerveau? Mais si vous ne connaissez pas l'homme, vous ne vous connaissez pas vous-même, et vous restez au-dessous de votre dignité , et presque confondu avec les animaux inférieurs à l'espèce dont vous devez vous honorer. -

Voulez-vous faire à l'âme seule l'honneur des facultés de l'homme? Mais pourquoi sont-elles nulles dans l'enfant qui vient de naî(re, dont le cerveau n'est encore qu'ébauché, et annulées en partie ou en totalité dans les sujets dont le cerveau est malade ou totalement paralysé, comme dans l'apoplexie? Ainsi vous admettriez donc que l'âme de l'enfant ou celle de l'homme en délire, ivre, aliéné ou apoplectique a pris la fuite, ou n'est pas la même

que celle de l'homme en santé, ou qu'elle s'enivre, s'enflamme et se paralyse! Absurdité, s'il en esl! Vous voilà donc forcé d'admettre que l'âme n'agit pas sans cerveau ni organes physiques; autrement, vous la matérialisez en lui faisant subir les conditions de la matière.

Est-ce une prétendue orthodoxie qui vous met en arrêt et vous tient immobile dans l'erreur, sans oser faire un pas en avant? Mais des hommes reconnus depuis des siècles par l'Église pour de vrais orthodoxes, condamnent votre prévention; car saint Augustin dit, livre IX delà Cité de Dieu : L'âme même la plus mauvaise , s'améliore dans un corps très-bien organisé; et plus loin : La trop grande faiblesse du corps brise les forces de l'âme (i). Saint Chrysostome dit aussi : Quand le corps est devenu faible et délicat, il en résulte nécessairement que l'âme participe de son étal (2). Juvénal exprime la même idée à la fin de la dixième satire, en disant : Il faut prier pour qu'une âme saine réside dans un corps sain (3).

Puisque l'étude des propriétés ou des fonctions physiologiques du cerveau se concilie très-bien avec la doctrine des Pères de l'Église et des anciens philosophes, il n'y a donc que l'ignorance ou la pré-

(i) Anima, ctiam pessima, melior in optimo corpore... Corpo;is débilitas nimia vires animœ frangit.

(2) Corpore molli reddito et delicato, necesse est animam paiticipare excorporis morbo.

(5) Orandum est ut sit mens sana in corpore sano. Sat. X howi num vota.

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