‹ Physiologie intellectuelleChapitre 241 sur 298 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

vention qui aient pu la repousser comme un objet de curiosité vaine, stérile bu dangereuse; car elle a aussi son importance pathologique et thérapeutique dans la pratique de la médecine, et c'est le couronnement de toutes les études les plus utiles et les plus intéressantes.

Il est vrai que l'homme se fait aussi connaître par ses œuvres et ses actions , que le voile du secret , rintérêt; la dissimulation ou l'hypocrisie n'ont pas dérobées à la lumière de la vérité; et c'est en cela que l'histoire acquiert aussi une grande importance et un véritable intérêt. Cependant les faits historiques vous laissent en défaut pour l'éducation, ne donnant qu'une connaissance a posteriori; car ils ne font connaître que l'homme individualisé, c'est-à-dire, présenté hors de la foule sur laquelle ou pour laquelle il a agi, et seulement dans le cours de sa carrière sociale ou lorsqu'il l'a fournie. Mais alors les préjugés, les hypothèses, la flatterie ou la haine dénaturent souvent le caractère moral de ses actions, outre que l'admiration peut leur donner un prix qu'elles n'ont pas et en rendre limitation séduisante et dangereuse. Ce n'est pas seulement d'après ce que fait l'homme qu'il faut juger de sa probité ou de son improbité et, pour apprécier son mérite, il faut scruter son intention , selon ce proverbe latin : Quidquid agant homines, inlentio judicat omnes; c'est-à-dire : Quoi que fassent les hommes, il faut les juger d'après leur intention. Eh bien! sans la connaissance des facultés de l'homme, l'historien peut-il

tàU PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE.

être assez éclairé pour faire la part de la volonté et des intentions qui ont présidé aux laits qu'il rapporte? Comment, en effet, prévenir les erreurs de l'histoire et parer aux fascinations du merveilleux, dont la tendance est de substituer des causes occultes ou surnaturelles à des causes purement physiques, ou celles-ci aux résultats de circonstances fortuites ou du hasard, si ce n'est de se familiariser avec la connaissance des possibilités naturelles, connaissance sans laquelle on est incapable de classer les phénomènes extraordinaires qui nous frappent dans la catégorie qui leur appartient?

Mais, si , imbu de préjugés qui vous éloignent de l'étude et de la connaissance de la part que l'organisation a dans la production des actions et des œuvres de l'homme, vous ne les attribuez qu'à l'âme, indépendamment du corps , vous ne restez plus dans la vérité, car vous la désertez pour errer dans la sphère des suppositions gratuites où votre imagination se plaît à promener l'âme. D'ailleurs, séparer le physique de l'homme de son moral ; n'est-ce pas risquer de perdre le dernier par des doctrines fantastiques seulement propres à faire divaguer l'intelligence dans le domaine des chimères, et à produire par le fanatisme et les illusions d'une vocation contre nature des maux incalculables? au lieu qu'une éducation basée sur la nature de l'homme, mesure son activité et ses devoirs sociaux sur les possibilités qui résultent de son intelligence, pour en faire ressortir le bien général. Mais, puisque toute la valeur morale

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