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CHAPITRE XLI

très objets. C'est ainsi que s'est faite l'anatomie du cerveau depuis plusieurs siècles, sans aucune autre ambition de la part des modernes que d'y retrouver ce que les anciens y avaient vu. Quelques anatomistes avaient aussi commencé leurs dissections du cerveau de bas en haut , poussés en quelque sorte par une curiosité sans motifs, et en apparence sans d'autre dessein que de faire admirer un tour de force, se bornant aussi à retrouver par un nouveau chemin ce que l'on avait découvert en suivant l'ancienne route. C'est ainsi que le professeur Chaussier luimême, qui pratiquait aussi quelquefois ses coupes de bas en haut, n'a guère donné dans Y Exposition sommaire de la structure et des différentes parties de l encéphale, etc., qu'il vient de publier, qu'une traduction des anciens termes, car sa nouvelle nomenclature porte principalement sur des rapports de situation, de forme et de volume respectifs des parties déjà connues. Ce qui prouve, sans réplique, que l'on se croyait en possession d'une connaissance exacte du cerveau, c'est l'incrédulité des anatomistes qui ont tous nié la réalité des découvertes anatomiques de Gall avant d'en avoir été témoins, et dont plusieurs nient encore que le cerveau soit une substance fibreuse susceptible de se développer en forme de membrane , et un composé de diverses parties distinctes que l'on puisse poursuivre à l'œil nu, depuis leur origine dans la moelle allongée jusqu'à la périphérie du cerveau et du cervelet, ou jusqu'à leur épanouissement dans l'appareil extérieur des

sens. Si l'on ne se lût tenu trop tôt certain d'une connaissance parfaite de ce viscère, Yicq d'Azyr, dont le génie était si fécond, au iieu de s'arrêter au moment où il touchait à la vérité, et de se borner à nous dessiner avec une fidélité presque inimitable les divers compartiments admis avant lui dans la substance cérébrale, aurait indubitablement ressaisi et renoué le fil de ce labyrinthe dont on n'éprouvait plus ni le besoin ni l'envie de sortir.

Le docteur Gall, qui n'est devenu anatomiste qu'en faveur de ses conceptions physiologiques, n'aurait pas été dans le cas de procéder avec plus de méthode que ses devanciers dans l'anatomie du cerveau, dont, la pratique médicale le tenait éloigné depuis longtemps , si un phénomène pathologique n'était venu lui dessiller les yeux. 11 avait observé que l'hydrocéphale ne détruit pas toujours les facultés intellectuelles, et il ne pouvait accorder ce fait avec la théorie généralement reçue parmi les médecins qui, s'ils ne regardaient pas tous le cerveau comme une substance pulpeuse dissoute dans l'eau des hydrocéphales, s'accordaient au moins à supposer une désorganisation quelconque de cette substance. Gall n'aurait point pensé à révoquer en doute cette prétendue désorganisation, si tous les hydrocéphales perdaient l'intelligence ; mais un seul exemple du contraire suffisait à un observateur tel que lui pour dissiper l'illusion de cette hypothèse accréditée. Il a rencontré plusieurs exemples de ce genre, et sa pratique lui offrit le premier chez une femme de quarante-huit ans qu'il

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