CHAPITRE XLI
couronne, où doit se faire la fructification ; tandis que la moelle épinièrese trouve intermédiaire: comme le tronc de l'arbre, qui touche à ses racines par une extrémité et à sa couronne par l'autre. Plus le sommet de l'arbre intellectuel est développé et exempt de contrainte et d'imperfection , plus les fruits en sont parfaits et abondants. Cependant point de comparaison qui ne cloche (Omnis comparatio claudical): et le vice de celle-ci, c'est que l'arbre intellectuel n'est point tout à fait semblable à l'arbre végétal ; car les ramifications du premier semblent se replier et se reporter vers le tronc, ou au moins vers l'intérieur de la couronne de l'arbre. L'on sait que la circulation du sang s'opère par deux systèmes de vaisseaux, les artères et les veines; l'on sait aussi que les éléments de la pensée ou les impressions arrivent au cerveau , centre de leur élaboration , par un sentiment passif appelé sensation , et que les nerfs de toutes les surfaces du corps en sont les messagers naturels et ordinaires. Le cerveau, qui se trouve différemment affecté ou modifié par les diverses sensations, dont la qualité varie comme celle des nerfs et des objets, rend sa manière d'être à leur égard par un sentiment actif ou une réaction qui constitue successivement et alternativement la perception, le souvenir, la mémoire , la comparaison, le jugement, Y imagination, etc. Cette réaction du cerveau, qui, à l'inverse de la sensation , se reporte du centre intellectuel au dehors, appartient-elle au même ordre de nerfs que la sensation elle-même? C'est encore
une question à résoudre (adhuc sab judice lis est). Quoi qu'ii en soit, l'examen attentif du cerveau y fait découvrir et Gall y démontre réellement deux systèmes de libres blanches ou nerveuses. Les fibres nerveuses du premier système, que l'on peut appeler excentriques ou divergentes, ont leurs faisceaux primitifs dans les éminences pyramidales, et n'en sont qu'un prolongement a travers la protubérance annulaire , les corps cannelés et les couches des nerfs optiques jusqu'aux circonvolutions ou replis du cerveau. Au contraire les fibres nerveuses concentriques ou convergentes partent de tous les points de la périphérie du cerveau pour se reporter dans l'intérieur de ce viscère et aller, au raphé du corps calleux et à la cloison transparente (septum lucidum), se mettre en contact avec leurs congénères de l'hémisphère opposé, en affectant une direction qui croise, tantôt directement et tantôt obliquement, celle des nerfs divergents. Ce qui distingue ces deux sortes de nerfs, c'est que les divergents, outre la différence de leur direction et la longueur de leur trajet, pénètrent dans plusieurs ganglions, où ils se renforcent par de nouvelles libres, et qu'ils ont plus de cohésion, sont plus fermes et plus durs au loucher que les nerfs convergents. Ces derniers, outre leur mollesse et le peu de consistance qui fait qu'on les déchire facilement, arrivent à leur terme par un trajet très-court et, sans traverser de ganglions, se bornent vraisemblablement aux commissures, où ils se mettent en contact avec^ leurs congénères du côté opposé. Les