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CHAPITRE XLJ

manière assez évidente pour ne plus laisser aucun doute là-dessus. J'ajouterai que, même à cet égard, ses démonstrations de Paris ont offert quelque chose de neuf que je n'avais point remarqué dans ses démonstrations d'Allemagne : c'est que, selon lui, ce ne sont pas toutes les fibres de la moelle allongée qui s'entre-croisent , mais seulement les libres dont se composent les éminences pyramidales ; c'est peutêtre parce que l'entre-croisement a toujours été supposé général par les autres analomistes que M. Sabatier et ceux de son bord l'auront nié, ne l'ayant point remarqué dans plusieurs faisceaux de fibres. Ce n'est d'ailleurs qu'au moyen de celte décussation des pyramides que Ion peut expliquer pourquoi la mort suit immédiatement la lésion de celte partie, où les animaux carnassiers portent par instinct leur dent meurtrière; car alors la lésion affecte le cerveau entier par sa racine. C'est aussi par là que l'on peut expliquer pourquoi la lésion d'un hémisphère du cerveau entraîne la paralysie du côté opposé du corps, quelquefois sans qu'elle affecte également les sens de l'ouïe, du goût, de la vue ni de l'odorat, ou au moins sans qu'elle les affecte du côté opposé à la lésion cérébrale. Si la décussation était générale, c'est-à-dire si toutes les fibres ou les cordons dune moitié de la moelle allongée passaient du côté opposé, comme quelques anatomistes l'avaient cru, il n'y aurait pas de raison pour qu'une paralysie fut discordante, ou qu'une hémiplégie se trouvât incomplète. Si une lésion de la moelle épinière entraîne

la paralysie des parties qui lui sont subjacentes, c'est qu'alors la volonté, dont le cerveau est l'organe, n'a plus de moyen direct pour agir sur les appareils moteurs qui attendent son influence et sont constitues pour dépendre d'elle. Nous voyons qu'aussitôt la lésion guérie la moelle épinière reprend sa fonction de messagère de la volonté, et alors les parties du corps qui ont été paralysées reprennent tous leurs mouvements. La même chose a lieu pour chaque nerf en particulier s'il est agent du mouvement volontaire.

Lorsque le docteur Gall a convaincu chacun de ses auditeurs de la réalité de l'entrecroisement des éminenees pyramidales, en les faisant convenablement écarter l'une de l'autre avec les manches de deux scalpels au-dessus et au-dessous de cet entre-croisement, il enlève ou fait enlever par le docteur Spurzheim la première couche du pont de Varole, composée de fibres transversales venant du cervelet; et alors on voit distinctement la continualion des divers cordons des pyramides, laissant entre eux des interstices remplis de substance grisâtre, et se continuant en droite ligne et avec de nouveaux fdels de renfort pour former les bras ou les pédoncules du cerveau, lesquels vont, en divergeant davantage, plonger chacun dans deux autres ganglions, c'est-à-dire dans des amas considérables de substance grisâtre, désignés jusqu'ici sous le nom découches des nerfs optiques en dedans , et sous celui de corps cànnttts en dehors de chacun de ces gros faisceaux

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