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CHAPITRE XLÏ

presque aussi impossible que chez les brutes; et leur partage ne peut guère être que l'idiotisme, la stupidité ou la férocité, selon que tous les organes sont dans une nullité plus ou moins égale. Il n'en est pas de même pour les fonctions des cinq sens, dont chacun peut s'exercer isolément sans l'influence des autres, et acquérir une excitation ou un développement extrême sans aucun danger de folie, n'étant dépendant que des objets extérieurs qui le frappent, et n'ayant que rarement besoin d'être rectifié par la comparaison et le jugement, résultats de la conscience simultanée de plusieurs idées.

La démonstration anatomique qui nous fait voir la continuation et l'accroissement successif des pyramides jusque dans les hémisphères, quoique absolument contraire à toutes les idées reçues, n'est nullement hypothétique. De bons 3 eux et de la bonne foi suffisent pour en convaincre les plus incrédules; car l'habileté du docteur Spurzheim, très-exercé à ces préparations toutes neuves, met à nu dans tout leur trajet les cordonnets de libres nerveuses qui se portent des éminences pyramidales jusqu'à la périphérie du cerveau. Pour y réussir il ne fait qu'écarter avec le manche du scalpel les couches de libres nerveuses transversales appartenant au cervelet dans la protubérance annulaire, lesquelles forment réellement, selon l'idée de Varoîe, un pont sous lequel les éminences pyramidales passent d'abord : ces dernières, qui reparaissent au delà de ce pont, sous le nom de pédoncules ou de prolongements du cerveau,

se trouvent de nouveau masquées par les couches optiques et les corps striés ou cannelés que M. Spurzheim fait successivement disparaître avec ses doigts. Alors on voit les pyramides aller en rayonnant , et sans interruption, s'épanouir en un nombre infini de filets nerveux dans les circonvolutions. Tel est le secret de cette anatomie que Ton croit si fine, et qui paraît si simple et si aisée à ceux qui en ont été témoins. Depuis que le professeur Walter, vaincu par l'évidence, et cependant toujours engoué de pulpe ou de bouillie cérébrale, s'est retranclié à dire que les cordonnets fibreux que l'on voyait se prolonger des pyramides jusqu'aux hémisphères n'étaient qu'apparents et avaient été faits par les doigts dirigés dans le même sens, M. Spurzheim a eu la précaution, ponr réduire la prévention au silence et le\er toute esp'ce de doute, de faire les préparations anatomiques de manière qu'en enlevant la substance grise qui recouvre ces cordonnets dans leur trajet, il dirige toujours ses doigts dans le sens conlraire à leur direction. En enlevant la substance grisâtre des corps cannelés, que Gall appelle les grands ganglions du cerveau, l'on voit une bandelette très-ferme et assez large de fibres transversales qui, en croisant celles des prolongements du cerveau , semble les contenir comme un anneau circulaire. L'on ne peut encore rien dire sur l'usage ni sur l'origine de cette bandelette, qui ne paraît pas être seule dans le cerveau.

Dès que le docteur Gall a convaincu tous ses auditeurs de l'entre-croisement des pyramides à leur

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