CHAPITRE XLT
qui partage un hémisphère du cervelet en deux parlies égales, à partir du corps restiforme et dans une direction divergente conforme à celle de ce corps, l'on présente à l'œil toutes les ramifications de fibres nerveuses qui de la tige vont se distribuer à la périphérie du cervelet en offrant à leur centre le corps ciliaire, et à leur extrémité des découpures dont la grandeur et la profondeur sont proportionnées au volume de chaque branche de ce que Ton appelle Y arbre de vie : j'ai vu faire cette coupe par le docteur Gall un grand nombre de fois, et toujours avec une telle précision que les ramifications de la tige du cervelet ou du corps restiforme se trouvaient exactement divisées par leur centred'une extrémité à l'autre. En examinant les diverses ramifications, l'on voit qu'elles vont toutes aboutir dans une découpure ou un feuillet dont elles occupent l'intérieur, et dont les dehors de chaque côté sont de la substance grisâtre : ces divers feuillets du cervelet sont appliqués les uns sur les autres en recouvrement, à peu près comme les tuiles d'un toit, ou comme les feuilles imbriquées d'une plante. L'on conçoit d'après cela que l'on ne peut en opérer le déplissement, puisque ce ne sont pas de véritables replis ou circonvolutions comme dans le cerveau. Telle est la distribution des fibres divergentes du cervelet, lesquelles sont croisées en angle aigu par les fibres convergentes ou rentrantes qui viennent de la périphérie de chacun de ses hémisphères aboutir, avec leur congénères de l'hémisphère opposé, sur le pont de Varole où leur contact,
qui paraît se faire par engrenure, forme un raphé analogue à celui du corps calleux. Ce raphé qui constitue la commissure du cervelet se trouve inférieur et antérieur dans la position naturelle du cerveau, au lieu qu'il est supérieur dans les démonstrations où le cerveau renversé porte sur ses hémisphères. En examinant la structure de la protubérance annulaire, Gallya découvert jusqu'à onze couches défibres; mais l'entre-croisement de ces fibres et la grosseur inégale des diverses régions de cette partie empêchent d'en préciser exactement le nombre, qui doit varier dans presque tous les points. J'ai dit que les corps resliformes étaient la souche principale des nerfs divergents du cervelet, parce qu'ils ne paraissent en constituer que la majeure partie dans l'homme; il lui en arrive aussi quelques-uns pour ses feuillets latéraux de deux autres éminences, visibles dans le quatrième ventricule, sur la partie moyenne de la moelle allongée : ces éminences n'envoient donc pas toutes leurs fibres aux nerfs acoustiques dont elles paraissent être l'origine. En effet on en voit partir des filets nerveux qui se distribuent dans le cervelet de l'homme; mais elles manquent ou sont peu considérables dans plusieurs animaux qui, tels que le bœuf, le chien, le cochon, etc., ont des nerfs auditifs très-volumineux et l'ouïe très-bonne, ce qui ne serait pas si elles donnaient uniquement naissance aux nerfs acoustiques. Elles doivent produire quelque modification particulière à l'homme et fournir quelque chose d'accessoire à l'organe de la propagation, qui,